Qualifications de l'Australian Open : Arthur De Greef, l'homme aux trois casquettes

Arthur De Greef
Arthur De Greef - © EVARISTO SA - AFP

Les qualifications de l’Australian Open commencent ce dimanche. A Doha pour les messieurs, et à Dubaï pour les femmes. C’est la première fois que les qualifications d’un Grand Chelem ont lieu si loin du site du tournoi (près de 12.000 km), et si longtemps avant les matches du tableau final (le rendez-vous à Melbourne est fixé au 8 février).

Huit Belges participent à ces qualifications : Ruben Bemelmans, Kimmer Coppejans, Arthur De Greef, Ysaline Bonaventure, Greet Minnen, Lara Salden, Maryna Zanevska, Marie Benoit.

Arthur De Greef est un cas unique : il va jouer à Doha, tout en gardant un oeil plus qu’attentif à ce qui va se passer à Dubaï. Parce que ces dernières semaines, il a joué le rôle de coach pour Ysaline Bonaventure. Joueur, bientôt ex-joueur, entraîneur, futur entraîneur, quel est le statut d’Arthur De Greef ? Pour le savoir, autant lui poser la question…

Arthur, les joueurs qui disputent les qualifications d’un tournoi du Grand Chelem se sentent habituellement déjà dans un tournoi du Grand Chelem. C’est le cas ici aussi ?

Ah non, pas du tout. On a plus l’impression qu’on a affaire à un autre tournoi. Un tournoi un peu spécial, sur trois ou quatre jours. Ce n’est jamais arrivé, et c’est vraiment bizarre. Mais tout le monde est très motivé malgré tout. On sait qu’on va jouer pour entrer dans le tableau en Australie. Et puis, les joueurs ont pris un bon break, donc ils sont contents de refaire des matches. Et motivés à l’idée de se qualifier pour aller en Australie.

Quelle est votre situation ? Après les qualifications, ou (on l’espère pour vous) après l’Australian Open, vous serez encore joueur de tennis ?

Et bien, c’est une question que je me pose, et qui va se poser. Pour le moment, je ne sais pas. J’ai un peu le sentiment de prendre moins de plaisir à jouer sur le circuit, et cela déjà depuis un petit moment. Donc il y a pas mal de remises en question. Et puis, il y a eu, il y a quelques mois, l’achat du club de Géronsart, avec mon papa. Et j’ai un peu aidé Ysaline Bonaventure pour sa préparation pour les qualifs de l’Australian. Il y a pas mal de choses, pour moi, à côté de mes matches. Donc je ne sais pas, on verra après le tournoi ici.

Vous n’avez plus forcément l’envie. Mais vous sentez-vous encore capable de bien jouer ?

Oui, bien sûr, je joue toujours bien. Je joue assez relâché. Donc, je me sens tout à fait capable de gagner des matches. Et, pourquoi pas, de me qualifier.

On doit parler de vous comme du coach d’Ysaline Bonaventure ? Ou comme de son conseiller ?

Pour le moment, je l’aide. Cela s’est terminé du jour au lendemain, avec son ancien coach (ndlr : Germain Gigounon, qui est parti travailler avec David Goffin). Elle cherchait des solutions, et je lui ai dit que je pouvais l’aider. A ce moment-là, on pensait toujours que les qualifs se joueraient à Melbourne, comme d’habitude. J’aurais pu l’accompagner, être joueur et coach en même temps. Finalement, cela a changé, je joue à Doha et elle à Dubaï. On a fait une préparation ensemble à Dubaï pendant neuf jours, et tout s’est bien passé. Et elle va participer aux qualifs avec Clément Geens, qui va voyager huit semaines par an, avec elle, aussi.

Si jamais vous ne vous qualifiez pas, et qu’elle se qualifie pour l’Australian Open, vous irez à Melbourne pour travailler avec elle ?

C’est une hypothèse, mais ce n’est pas encore sûr. On en a discuté, mais il est trop tôt pour prendre une décision. On verra comment les prochains jours vont tourner. En tout cas, je jouerai mes qualifications, et je suivrai attentivement, de loin, ce que fera Ysaline. J’espère qu’elle jouera très très bien.

Lors de la préparation, vous avez donc aidé Ysaline. Mais vous vous êtes préparé aussi, vous ?

Oui, j’ai travaillé pour elle, et pour moi. Mais pendant le confinement, j’avais passé deux mois en Espagne, là où je m’entraîne d’habitude, et j’avais travaillé tous les jours. Et puis, je suis rentré deux semaines, pour aider Ysaline, fin décembre. On est partis à Dubaï, où je l’ai encore aidée neuf jours. Donc on a fait trois grosses semaines ensemble. Je l’ai entraînée, et je me suis entraîné.

Le fait d’avoir plusieurs casquettes, cela vous aide à vous relâcher ?

Oui, clairement. C’est sûr que c’est sympa d’avoir des trucs à côté. On est moins focalisés à 1000% sur sa carrière ; on ne passe pas son temps à psychoter. J’ai d’autres choses dans la tête. C’est une situation assez spéciale, mais je me suis toujours intéressé à beaucoup de choses, en dehors de mes matches. Et j’ai toujours rêvé d’avoir un jour un club. Cela s’est concrétisé, et maintenant il faut faire avec ça, avec ma carrière personnelle, et avec Ysaline, qui n’était pas prévue. Toutes ces activités auxquelles je dois penser, cela peut clairement m’aider à plus me relâcher, au moment de jouer. Donc, pourquoi pas, à réussir de bonnes qualifications…

Tous les joueurs ne s’intéressent pas forcément au tennis féminin. Vous bien, et depuis toujours ?

Non, pas du tout, je ne m’intéressais pas plus que cela au tennis féminin. Je m’entends surtout très bien avec Ysaline. Cela fait des années qu’on est sur le circuit, que l’on se croise, surtout sur les tournois du Grand Chelem, et que l’on se voit souvent à l’entraînement. C’est une personne que j’apprécie. J’aime son caractère et son franc-parler. Travailler avec elle est un projet qui m’intéressait, parce que je pense qu’elle peut encore monter, et qu’elle a vraiment un potentiel énorme. Je comprends ce qu’elle vit dans sa carrière, parce que j’ai vécu ça aussi. Mais sinon, le tennis féminin, à la base, je ne suivais pas plus que cela. Donc, je vais devoir plus m’y intéresser.

Comment va-t-elle, Ysaline ? Est-elle tout à fait remise de la blessure survenue à Roland-Garros ?

Oui, elle a fait un super-travail, depuis lors. Elle a vraiment beaucoup bossé, physiquement et tennistiquement. Elle est tout à fait prête pour les qualifs de l’Australie, et c’est une excellente nouvelle. Maintenant, elle est clairement en manque de matches, mais cela pourrait se passer parfaitement bien malgré tout.

Ecoutez Arthur De Greef…

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