Open d'Australie : Et dire que Jennifer Brady était dans le mauvais avion…

Jennifer Brady jouera la finale de l'Australian Open
Jennifer Brady jouera la finale de l'Australian Open - © PATRICK HAMILTON - BELGA

Il faut l’avouer, tout le monde s’est trompé. De l’avis de tous, il était pratiquement impossible de briller à l’Australian Open si on avait eu la malchance de devoir subir une quarantaine stricte à son arrivée à Melbourne.

Souvenez-vous… A la mi-janvier, 1200 personnes sont arrivées en Australie, à bord d’une quinzaine de charters. Chacun a été testé, et a filé dans sa chambre d’hôtel. Après trois ou quatre jours d’enfermement, les joueurs étaient censés pouvoir sortir cinq heures par jour, pour aller s’entraîner. Mais un grain de sable est venu enrayer le processus : des cas positifs au coronavirus ont été détectés dans trois des avions qui avaient amené ce beau monde. Et tous les passagers ont été placés en quarantaine stricte pendant quatorze jours.

Septante-deux joueurs et joueuses se sont retrouvés cloîtrés pendant deux semaines, sans pouvoir s’entraîner. Etait-ce équitable ? Certainement pas. Leurs chances de réussir un bon Grand Chelem étaient-elles compromises ? Tout le monde le pensait.

Et, en effet, d’anciennes gagnantes de l’Open d’Australie, Victoria Azarenka et Angelique Kerber, ont été éliminées dès le premier tour. Et le bilan de ceux qui avaient dû subir une quarantaine dure n’a pas été globalement très brillant.

A une exception près. L’Américaine Jennifer Brady est la seule "malchanceuse" à avoir franchi le cap de la première semaine. Et on la retrouvera en finale, face à Naomi Osaka, samedi. Ce sera peut-être elle, la grande gagnante de l’Australian Open 2021.

Comment a-t-elle fait ? La principale intéressée a été la première étonnée de son parcours. Et puis, elle a réfléchi, et elle a expliqué. Après une saison 2020 écourtée mais intense, à l’issue de laquelle elle n’avait pas eu l’occasion de souffler, elle en a profité pour recharger ses batteries. Elle s’est levée plus tard, elle s’est reposée, elle s’est apaisée. Elle a évidemment bossé, aussi, avec beaucoup de rigueur. Sur son vélo d’appartement, avec des balles, avec des haltères.

Wim Fissette, le coach belge de Naomi Osaka, la future adversaire de Jennifer Brady, n'est qu'à moitié étonné de son parcours. "Elle a un grand entraîneur, et un grand préparateur physique.  Ils ont fait un gros boulot, pendant ces deux semaines. Elle a eu la possibilité de vraiment travailler, même si c'était dans une chambre. J'ai parlé avec son coach, Michael Geserer, et il m'a raconté ce qu'elle a fait. C'était deux entraînements par jour, très durs. Après, elle était dans un bon état, physiquement. Et puis, c'est une fille qui a une très bonne mentalité."

Justement, Jennifer Brady a surtout fait un gros travail mental, basé sur l’acceptation de ce qu’elle ne pouvait pas combattre. "Au début, j’étais déçue, mais je me suis dit que j’allais bien, et qu’il y avait des choses plus graves que d’être coincée dans une chambre pendant quatorze jours. Ce n’était pas la préparation idéale, mais j’avais encore une semaine pour me préparer, après ma sortie".

Elle a connu des jours plus difficiles que d’autres, dans ses quelques mètres carrés, mais elle s’est dit que c’était la même chose sur un terrain. Parfois, on ne joue pas très bien, mais il faut malgré tout essayer de gagner.

On le dit depuis des mois, la faculté d’adaptation est l’une des clefs, en ce moment, sur le circuit tennistique.

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