Ons Jabeur, joueuse de tennis et source d'inspiration pour les jeunes Tunisiennes

Ons Jabeur
Ons Jabeur - © GREG WOOD - AFP

La Tunisienne Ons Jabeur s'est qualifiée pour les quarts de finale de l'Australian Open, en battant la Chinoise Qiang Wang (la tombeuse de Serena Williams) 7/6-6/1.  Elle est la première joueuse venant du Maghreb à aller aussi loin dans un tournoi du Grand Chelem. 

Elle était déjà la première joueuse d'Afrique du Nord à atteindre les huitièmes de finale, dans un tournoi majeur.  Au troisième tour, à Melbourne, Ons Jabeur avait éliminé Caroline Wozniacki. La Danoise, ancienne numéro un mondiale, et ancienne gagnante du tournoi, jouait là le dernier match de sa carrière. Ons Jabeur est plutôt fière de son exploit. "Je suis un peu rentrée dans l’histoire (rires). La meuf qui a envoyé Caroline Wozniacki à la retraite, c’est quelque chose."

En Tunisie, on est fiers d’elle aussi. Son parcours à Melbourne est suivi en pleine nuit, décalage horaire oblige. Les cafés restent ouverts quand elle joue, pour que les gens puissent se réunir et voir ses matches. "Franchement, j’étais surprise. J’ai vu les photos. Je suis étonnée, mais je suis contente et honorée de constater le respect des gens. Ils se lèvent un peu tôt, ou alors ils ne dorment pas, pour pouvoir me voir."

Ons Jabeur se rend bien compte qu’elle est peut-être un exemple pour des jeunes filles, au Maghreb. "J’espère vraiment inspirer les jeunes, les pousser à travailler pour en arriver là. Et j’espère retrouver un jour un peu plus qu’une seule Tunisienne, ou qu’un seul Tunisien, sur le circuit. Ca donne espoir à d’autres joueurs, ou des jeunes, qui voient que c’est une mission impossible… mais que finalement non. Je ne dis pas que j’avais des moyens 'de ouf', non. J’ai commencé comme tous les joueurs en Tunisie, formée en Tunisie, en plus. Après ma carrière, j’espère pouvoir aussi partager mon expérience, pour que les jeunes ne fassent pas les mêmes fautes que moi. J’ai fait des erreurs dans les choix de mes tournois, par exemple. Je n’ai pas eu quelqu’un qui avait l’expérience, et qui pouvait me conseiller, me raconter comment je devais être mentalement sur le terrain. Ce sont ces petits détails qui font la différence."

Elle précise, en revanche, que même si elle a choisi un sport qui ne fait pas partie des plus importants chez elle, loin de là, personne ne lui a mis de bâtons dans les roues. Au contraire, elle est très aimée en Tunisie, depuis des années. Et elle inspire des milliers de personnes, qui se mettent au tennis grâce à elle. "Oui, ça je le sais, parce qu’après ma victoire à Roland-Garros, chez les juniores, en 2011, le nombre de jeunes qui se sont inscrits dans mon club, et dans d’autres clubs, a été multiplié par cinq, ou même par dix. Je savais que c’était un truc énorme. Quand je vois comment les enfants se jettent sur moi, je me dis que j’ai une responsabilité, et que je dois montrer le bon exemple, ici ou dans d’autres pays."

Ons Jabeur est une source d’inspiration pour de nombreuses personnes en Tunisie. Mais elle, elle a aussi été inspirée par quelqu’un. C’est une inspiration différente… "J’avais un rêve, jouer au tennis. Parce que j’adore le tennis. Quand j’étais jeune, je regardais beaucoup Andy Roddick. Parce qu’il est beau aussi (rires). Il y avait les deux choses en même temps…"

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