Joachim Gérard : "Je prends des tonnes de plaisir à jouer au tennis et à soulever ce trophée"

Joachim Gérard
Joachim Gérard - © PATRICK HAMILTON - BELGA

Joachim Gérard a réalisé l’un de ses rêves, gagner un titre en simple, dans un tournoi du Grand Chelem. Sa troisième finale était la bonne. Il a battu le Britannique Alfie Hewett 6/0-4/6-6/4, et il a soulevé la belle coupe du tournoi de tennis en fauteuil, à l’Open d’Australie.

Emu et soulagé après la rencontre, il a tenté d’expliquer ce qu’il ressentait, après avoir conquis l’un des quatre trophées les plus prestigieux…

Joachim, parlez-nous de vos émotions après la balle de match. Et de tout ce qu’il y avait dans l’immense cri que vous avez poussé..

Il y avait beaucoup de joie. Du soulagement aussi. J’ai extériorisé la plupart des frustrations que j’ai eues pendant le match, aussi. Mais c’est la joie qui prédomine. C’est un sentiment incroyable, de pouvoir se dire : "Dans quelques secondes, je vais pouvoir lever ce trophée, un des quatre trophées que j’ai envie de soulever depuis tellement longtemps". J’ai extériorisé la plupart des émotions que j’ai dû contrôler pendant tout le match, et je les ai montrées au monde entier.

Ce match-ci, vous allez vous en souvenir à vie. Votre mental s’est complètement débloqué, et votre compteur de victoires en Grand Chelem aussi…

Ce ne sera pas le seul que je vais garder en exemple. Tous les matches de cette tournée australienne ont été importants. Et celui-ci aussi. Cela montre que tout le travail effectué m’a aidé. Il y a eu des hauts et des bas dans ce match. Ce dont je peux être le plus fier, c’est de ma constance mentale. J’ai réussi à gérer mes émotions du début à la fin. Et même s’il revient dans le deuxième set et que j’ai eu du mal à mettre en place ce que je voulais pour pouvoir l’arrêter, j’ai réussi à le faire au début du troisième set. J’ai tout de suite montré que je pouvais être présent dans les grands événements.

Tout va être plus facile, maintenant, avec ce poids en moins sur les épaules ?

Je pense que ces dernières semaines et ces derniers mois, je n’ai pas ressenti beaucoup de pression à ce niveau-là. C’était dans un coin de ma tête. Beaucoup de personnes me l’ont dit : "Tu vas en gagner un". Je ne savais pas quand, je ne savais si ce serait celui-ci, mais je savais que j’en ramènerais un à la maison un jour. Depuis quelque temps, je m’entraînais pour ça, je travaillais presque tous les jours. Certains jours, on s’amuse, et d’autres, on souffre un peu plus. C’est le premier Grand Chelem de l’année, et je soulève enfin ce trophée. J’ai hâte d’être au prochain, pour essayer de faire pareil. Maintenant, ce ne sera pas facile, parce qu’il y a d’autres joueurs qui voudront ma peau au prochain Grand Chelem.

Sur le court, vous avez dédié cette victoire à un petit bébé, votre filleul…

Il s’appelle Charlie, et il est né le 27 janvier. C’est un prématuré, qui devait naître à mon retour. J’ai demandé à son père quelles étaient les conditions de sortie de l’hôpital. Il m’a dit qu’il devait prendre du poids et bien manger. Et la dernière condition, c’était que je ramène le trophée à la maison. Je l’ai fait. Maintenant, j’ai hâte d’aller le voir, quand il sera rentré chez lui.

Parlez-nous du petit garçon que vous étiez quand vous avez commencé à jouer au tennis, et des rêves que vous aviez à l’époque…

J’ai commencé à l’âge de douze ans. Au début, il n’y avait pas du tout d’objectif grandiose comme cela. Je voulais juste prendre du plaisir. J’en prends encore aujourd’hui, et j’en prends une tonne aujourd’hui. Mais au début, c’était vraiment ça. Le tennis était mon deuxième sport, puisque j’étais nageur. Avec le temps, le tennis a pris le dessus, et on a ajouté des objectifs sur la table. Pouvoir en réaliser un nouveau, c’est juste incroyable.

Ce trophée, il va trouver une belle place, chez vous, à côté de votre médaille, et de vos 4 Masters…

C’est un trophée, et je ne sais même pas comment en parler. C’est tellement impressionnant de se dire que j’ai gagné un Grand Chelem. Je crois que je n’ai pas encore réalisé, et que cela va me prendre un certain temps. Je préfère ne pas réaliser tout de suite. J’ai envie d’en profiter. J’ai un peu de temps, maintenant. Pas mal de tournois sont tombés à l’eau à cause du Covid, même s’il y en a un dans moins de deux semaines. Je voudrai montrer que je peux être présent très rapidement. En attendant, j’ai envie de profiter. Et quand j’aurai réalisé, je pourrai, pourquoi pas, aller en chercher un deuxième.

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