WRC Estonie : L'image, la surprise, la déception... 6 faits marquants du rallye

Le Finlandais Kalle Rovanpera (Toyota) a remporté dimanche en Estonie sa première victoire en Championnat du monde des rallyes (WRC), pour devenir le plus jeune vainqueur de l'histoire à 20 ans, 9 mois et 17 jours.

En tête depuis jeudi soir et la première des 24 spéciales, Rovanpera devance à l'arrivée les Hyundai de l'Irlandais Craig Breen et de notre compatriote Thierry Neuville.

Retour sur plusieurs faits marquants de l'épreuve.

La spéciale : La quatrième (Kanepi 1, 16.54 kilomètres)

Vendredi, 10H15. Les bolides se lancent dans la quatrième spéciale de l’épreuve (Kanepi 1), celle qui va se révéler être… la plus spectaculaire. Victime d’une crevaison dans la spéciale précédente, le favori Ott Tanak (Hyundai) va visiter un champ, revenir en trombe sur le parcours et subir deux crevaisons simultanées. Il a utilisé sa roue de secours, il est donc dégoûté et contraint à l’abandon.

Dans le même temps, son équipier Thierry Neuville (Hyundai) subit lui aussi une crevaison, elle lui coûtera dix à quinze secondes. Mais ce n’est pas tout : Gus Greensmith (Ford) connait pour la deuxième fois des soucis au niveau de son moteur. Dans l’aventure, le Britannique gêne légèrement Craig Breen, le troisième pilote du team Hyundai. Quelle spéciale !

La confirmation : La pépite Kalle Rovanpera

Plus jeune pilote à marquer des points en Championnat du monde en Australie en 2017 (l'année de ses débuts à ce niveau), Kalle Rovanpera (Toyota) avait également été le plus jeune sur un podium en WRC en Suède en 2020, à mener une épreuve en Estonie la même année, à être en tête du classement des pilotes après le Rallye Arctic en 2021...

A 20 ans et 219 jours, il est dorénavant le plus jeune à remporter une course dans la catégorie. Pointé comme un des favoris sur ce parcours, le Finlandais s’est installé en tête, a parfaitement creusé face à Breen samedi matin et a ensuite géré l’écart. Un gamin au talent débordant..

La phrase : "La différence de classe" de Sébastien Ogier

En lutte très serrée avec Neuville durant la journée de samedi, Sébastien Ogier (Toyota) a glissé une petite pique à la mi-journée. Celle-ci a été envoyée au sujet de la stratégie employée par l'équipe Hyundai, à savoir intercaler Tanak sur la route entre le Belge et le Français. Le but, permettre à notre compatriote d'avoir un ouvreur de plus que son opposant direct.

"La stratégie de Tanak ? Ce n'est pas la première fois. Les premières spéciales ce matin étaient humides donc il est resté devant... et, quand ça s'est mis à sécher, il est allé aider l'équipe. C'est la différence de classe entre Toyota et Hyundai...", a balancé le champion en titre. Ce à quoi Neuville a répondu : "Une différence de classe entre Hyundai et Toyota selon Ogier ? Il n'a pas toujours été chez Toyota...". Ambiance, ambiance...

La déception : Ott Tanak

Vainqueur l'an dernier, propulsé favori tout désigné, obligé de marquer des gros points afin de remonter au classement du championnat du monde, Tanak a peut-être ressenti une pression trop importante sur ses épaules. Il s'est peut-être vu écraser la concurrence en collant dix secondes à tout le monde lors de chaque spéciale.

Le début d'épreuve était très bon et prometteur, mais il y a ensuite eu cette troisième spéciale durant laquelle l'Estonien a crevé et a concédé vingt secondes. Dès la spéciale suivante, il a attaqué deux fois plus fort pour récupérer directement le gap creusé. Mauvaise idée puisqu'il est sorti, a subi deux crevaisons et a dû abandonner. Il a frappé fort, récoltant de nombreux meilleurs chronos, à son retour sur le rallye, mais le mal était fait.

La surprise : Pas de consigne dimanche chez Hyundai

Lorsque Tanak abandonne vendredi, on imagine qu'il risque de jouer 'l'assistant de luxe' pour son team si la situation le nécessite. L'Estonien est largué au championnat, ne peut plus viser que des points dans la Power Stage (il en décrochera d'ailleurs le maximum, soit cinq) et il acquiesce donc quand son team lui demande de s'intercaler entre Neuville et Ogier sur la route.

Tanak aidant la carte Neuville, le pilote Hyundai le mieux classé au championnat, on se dit que Breen, deuxième de l'épreuve, va également apporter sa pierre à l'édifice. Pas forcément sur l'épreuve car les écarts ne le permettent pas spécialement, mais plutôt à la fin de la spéciale. Un pointage tardif, qui lui coûterait vingt secondes de pénalité, et l'Irlandais échangerait sa 2e position contre la 3e de Neuville. Sauf que l'ordre n'a jamais été donné. Andrea Adamo, patron de Hyundai Motorsport, a apporté son éclairage à notre micro. Il n'empêche que le pilote belge s'est montré très déçu à l'issue du rallye.

L'image : Le copilote Dan Barritt touché au dos

Au moment d'entamer le cinquième secteur chronométré du parcours estonien, pas de trace de Takamoto Katsuta (Toyota) sur la ligne de départ. Bien dans le rythme, le Japonais a été contraint à l'abandon vendredi car son copilote Dan Barritt a été touché au dos. On ne s'en rend peut-être pas compte, mais les chocs subis dans les bolides lors des jumps sont très conséquents.

"La vie d'un copilote en Estonie, je vais la résumer en trois mots : chouette, vite... et ça fait un peu mal quand même. Il y a en effet beaucoup de jumps et il est difficile de voir à quelle vitesse ça passe durant les reconnaissances. On passe parfois très vite. Souvent, c'est trop vite donc ça tape très fort dans la voiture. C'est le corps qui absorbe l'atterrissage. Je m'entraine pour faire jouer les abdominaux, mais ça reste dur, surtout la nuque. Ma tête bouge un peu, ça tape parfois sur les côtés du siège", nous racontera Martijn Wydaeghe, copilote de Neuville, sur le sujet.

1 images
WRC Estonie : Kalle Rovanpera (Toyota, 1er), Craig Breen (Hyundai, 2e) et Thierry Neuville (Hyundai, 3e) © Belga & Hyundai Motorsport
Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK