Révélation, surprise, flop : retour à froid sur un Rallye de Suède trop chaud

Elfyn Evans (Toyota) a dominé de la tête et des épaules le Rallye de Suède, remportant dimanche l'épreuve largement raccourcie en raison du manque de neige et de glace sur le parcours et prenant au passage les commandes du classement mondial des pilotes.

Leader de bout en bout, le Britannique a terminé la course suédoise devant Ott Tanak (Hyundai), Kalle Rovanpera (Toyota), Sébastien Ogier (Toyota), Esapekka Lappi (Ford) et Thierry Neuville (Hyundai).

Ce mardi, on revient sur la deuxième manche de la saison à travers différents temps forts.

La révélation : Kalle Rovanpera

Pour sa première saison en WRC, Rovanpera surprend. Le Finlandais a bouclé le Monte-Carlo à la cinquième position et a fait encore mieux sur le parcours suédois, à savoir la troisième place récoltée après une bagarre remportée face à son équipier Ogier et donc un premier podium dans la catégorie, devenant désormais le plus jeune pilote de l'histoire à monter sur un podium.

A 19 ans, le fils d’Harri a impressionné face au sextuple champion du monde en titre. Engagé dans la Power Stage pour la première fois au volant d’une WRC sur cette spéciale, Rovanpera a repoussé Ogier de 3.9 secondes. Une première place particulièrement brillante et remarquée dans la dernière spéciale de l’épreuve. Son tout premier scratch par la même occasion.

La performance : Elfyn Evans

Troisième du Monte-Carlo, manche d’ouverture de l’exercice 2020, Evans débarque en Suède avec un léger avantage : l’épreuve modifiée à cause des conditions climatiques va probablement ressembler au Rallye de Grande-Bretagne, seule épreuve qui apparaissait jusque-là à son palmarès (en 2017).

Troisième du premier shakedown, il enchaine avec un cinquième chrono dans la deuxième 'séance libre'. Prêt, l’ancien pilote Ford réalise le meilleur chrono dès la première spéciale (ES2 Hof-Finnskog 1). Il poursuit avec un deuxième scratch et boucle le premier jour avec 8.5 secondes d’avance sur Tanak. Le Gallois en remet une couche le samedi, sur les mêmes routes que la veille. Il réalise les trois meilleurs temps de la matinée et s’échappe à 17.2 secondes au général.

Il lève un peu le pied dans la Power Stage (6e à 9.1 secondes), mais ses cinq meilleurs chronos en neuf spéciales lui apportent un succès mérité et très impressionnant. "Se battre avec Evans ? C'est impossible", résumait parfaitement Tanak, son dauphin de l’épreuve.

La surprise : La météo

Les conditions météorologiques trop douces pour la saison ont contraint les organisateurs à revoir le parcours. Onze spéciales prévues au lieu de dix-neuf… et puis finalement neuf (l’ES1 est devenue un deuxième shakedown et la première spéciale prévue dimanche a été annulée).

L’épreuve habituée à la neige et la glace s’est transformée en une manche avec un peu de glace et beaucoup de terre. Au-delà des considérations sur la bonne idée ou non de maintenir le Rallye de Suède, les organisateurs ont le mérite d’avoir proposé un programme malgré tout.

La phrase : Le clan Hyundai

La météo étant capricieuse, certains auraient peut-être préféré que l’événement ne se déroule pas. A commencer par certains dans le clan Hyundai. "Amener tout le monde ici, ce n'était pas la bonne décision je pense. Ce ne sont pas des conditions adaptées pour un rallye. Il n'y a plus de murs de neige, les routes sont plus larges, on a fait dans le passé des spéciales ici à 125 km/h de moyenne. On va arriver à des 140 de moyenne, ça risque d'aller fort vite. La décision finale ne nous revient pas de toute façon", indiquait Neuville. "Les conditions sont déplorables. Au fond de moi, je n'ai pas envie de faire ce rallye car je sens que c'est vraiment dangereux. On doit rouler dans des conditions où le pneumatique n'est pas adapté, il n'a pas été développé pour ça. Tout ça n'est pas vraiment excitant. On est déjà sur le fil et il va falloir en plus réduire la marge de sécurité pour espérer être devant", poursuivait Gilsoul. Et Adamo de conclure sur un sentiment mitigé : "Je pense que c'est bien d'être ici et d'essayer de faire le rallye. Mais les pilotes vont se retrouver à des vitesses élevées sans les murs de neige... et ils risquent de se retrouver sur de la glace sans clou. S'il le faut, on fera noter à la FIA que nous sommes ici pour le sport, pas pour jouer avec la vie de mon équipe."

Le pilote à la traine : Teemu Suninen

Huitième lors de la première manche dans la région monégasque, Teemu Suninen a connu un début d’épreuve suédoise un peu particulière. Premier shakedown : le Finlandais part légèrement à la faute et place son capital confiance au minimum. Deuxième shakedown : il réalise le quatrième chrono, à 3 secondes de son compatriote Jari-Matti Latvala.

Le calvaire repart de plus belle dès la première spéciale de l’épreuve. Septième temps en concédant déjà 8 secondes. Le pilote Ford n’a en réalité obtenu qu’un seul cinquième chrono, sinon il a à chaque fois terminé au 7e ou au 8e rang. Une grosse déception pour celui qui évoluait un peu à domicile, en comparaison notamment aux performances de son équipier Esapekka Lappi (5e de l’épreuve).

La suite : le Mexique

Après avoir goûté de manière inattendue à la "terre" en Suède, les équipages du Championnat du Monde s'apprêtent à en déguster durant quatre jours au Mexique, d'ici un petit mois (12 au 15 mars).

Ogier, vainqueur de cinq des sept dernières éditions, sera l'un des grands favoris dans les conditions très particulières où l'altitude (plus de 2000 mètres) "bride" la performance des WRC et de leurs moteurs. Troisième au classement du Championnat du Monde, le Français aura une très belle carte à jouer le vendredi en raison de sa position dans l'ordre de départ. La remarque vaut aussi pour Tanak, sixième du Championnat après son crash au Monte-Carlo et sa deuxième place en Suède. Sur de longues spéciales "balayées" par ses adversaires, le Champion du Monde estonien devra lui aussi tenter de faire la différence lors de la journée inaugurale de l'épreuve.

Neuville, en tête du Championnat à égalité de points avec Evans (42), bénéficiera d'une meilleure position sur la route - la deuxième - que son rival gallois, qui risque de "déguster" au cours des dix spéciales programmées le vendredi. Mais le Britannique n'a peut-être pas fini de nous surprendre...

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