Rétro : Carlos Sainz loupe le titre pour 500 mètres... le scénario le plus épique du WRC

24 novembre 1998. Dernière journée de la dernière manche de la saison WRC, le Rallye de Grande-Bretagne. Tommi Makinen remporte le championnat du monde des rallyes... habillé en civil dans son hôtel. Le sport peut parfois réserver des surprises totalement inattendues. C'est le cas du dénouement de la saison WRC 1998, sans doute le plus étonnant de l'histoire de la discipline.

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Au lancement de la saison, trois pilotes semblent se dégager pour viser la couronne mondiale : le Finlandais Tommi Makinen (Mitsubishi), l'Espagnol Carlos Sainz (Toyota) et le Britannique Colin McRae (Subaru). Le pilote Toyota, champion en 1990 et 1992, prend quelques longueurs d'avance tandis que le Finlandais, champion lui en 1996 et 1997, abandonne trois fois durant les quatre premières épreuves. La deuxième partie du championnat tourne à l'avantage de McRae. Le pilote Subaru va toutefois s'effondrer en fin de saison, Makinen remportant de son côté trois manches consécutives (Finlande, Italie et Australie).

Place alors à cette fameuse dernière manche, le Rallye de Grande-Bretagne. Deux unités séparent le Finlandais et l'Espagnol, à l'avantage du premier cité (58 contre 56). Le suspense est entier. McRae domine le début du parcours, mais il ne joue plus le titre. Dans la sixième spéciale, c'est la catastrophe pour Makinen : il arrive trop vite dans un virage, part en glissade, tente de récupérer sa voiture, mais il heurte un bloc de béton à l'arrière droit. La roue est arrachée. Le double champion du monde tente de poursuivre, les étincelles sont très impressionnantes et, notamment doublé par Sainz, il est contraint à l'abandon.

Le calcul est vite fait : l'Espagnol doit finir au quatrième rang minimum pour empocher son troisième titre mondial. La tâche apparait encore plus évidente dès lors que le leader de l'épreuve (McRae) est également éliminé de l'épreuve, suite à une casse moteur. Au moment de s'élancer dans la dernière spéciale chronométrée du parcours, Sainz occupe le quatrième rang. Il est devancé par le Britannique Richard Burns (Mitsubishi, 1er), le Finlandais Juhha Kankunen (Ford, 2e) et le Belge Bruno Thiry (Ford, 3e). Il possède plus de 2 minutes d'avance sur le Belge Grégoire de Mévius (Subaru, 5e). Le titre lui tend clairement les bras.

L'impensable va toutefois se produire... Margam Stage, 28e et dernière spéciale donc. A 500 mètres de l'arrivée, de la spéciale, de l'épreuve et du championnat, toutes les caméras sont braquées sur la Toyota. Elle sort d'une courbe à gauche et commence à ralentir sous le regard des spectateurs médusés par la scène qui se déroule sous leurs yeux. Une flamme sous la voiture, de la fumée : Sainz immobilise son bolide sur la gauche de la route, son copilote Luis Moya sort à toute vitesse avec l'extincteur pour tenter d'endiguer la fumée qui s'échappe du moteur. La voiture japonaise ne repartira jamais et connaitra même un dégât collatéral : de rage, Moya explosera le pare-brise arrière en lançant son casque à travers celui-ci.

A la fin de la spéciale, au point de chronométrage final, c'est l'immense surprise. La voiture qui se présente est celle de notre compatriote Thiry et non celle du pilote espagnol. A l'hôtel et déjà prêt à quitter le pays qui allait initialement l'empêcher de décrocher la couronne, Makinen est alerté par téléphone et a du mal à y croire. Sainz tentera encore durant plusieurs saisons d'obtenir ce troisième trophée de champion, en vain.

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