Rétro : Bruno Thiry, héros du Tour de Corse 1995, trahi par son destin

Vendredi 3 mai 1995, début de la quatrième manche, sur huit, du championnat du monde des rallyes. Le mythique Tour de Corse. La 39e édition comporte 22 spéciales, sur asphalte, pour un total proche des 500 kilomètres.

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91 bolides se présentent au départ... mais l'un d'eux va rapidement attirer toutes les curiosités. Cinquième au Monte-Carlo, sixième en Suède et sixième au Portugal cette année-là, Bruno Thiry va épater tous ceux qui suivent l'épreuve disputée sur l'Ile de beauté. Le pilote belge, au volant de sa Ford Escort RS Cosworth numéro 8, s'installe directement en tête. Il ne relâche pas ses efforts et boucle la première journée avec six secondes d'avance sur François Delecour (Ford), véritable spécialiste du tarmac. Tous les autres, à commencer par Didier Auriol (Toyota), sont déjà à plus de trente secondes.

Sûr de son fait, totalement en confiance avec son bolide, Thiry, copiloté par Stéphane Prévot, remet le couvert le lendemain. Il a amassé un petit trésor de guerre face à la concurrence au terme de la deuxième journée : 35 secondes de mieux que Delecour et 37 de mieux qu'Auriol. Auteur de 12 meilleurs temps sur les 20 premières spéciales, Thiry peut commencer à entrevoir la victoire. Une victoire acquise de main de maitre, alliant vitesse et maitrise durant les très nombreux virages constituant l'épreuve.

C'était sans compter... sur la malchance. A la fin de la 20e spéciale (sur 22 donc), il constate un problème au niveau d'un roulement à l'avant droit. Il est obligé de réparer lui-même, les mécaniciens sont interdits de toucher à la voiture. Thiry travaille trente minutes, en vain. Il doit abandonner. Le Belge courait derrière son tout premier succès en championnat du monde, qu'il n'obtiendra finalement jamais. Le Tour de Corse 1995 sera remporté par Auriol devant Delecour et Andrea Aghini (Mitsubishi).

Né à Saint-Vith, comme Thierry Neuville, Thiry (57 ans) est aujourd'hui ouvreur pour le pilote engagé avec Hyundai en championnat du monde des rallyes, lauréat de 13 manches WRC. Comme un passage de témoin pour le héros et vainqueur moral du Tour de Corse 1995, marqué sans doute à jamais par ce malheureux épisode.

"Depuis vingt ans, il ne se passe pas une semaine où on ne me parle pas de ce Tour de Corse. Si on l'avait gagné, tout le monde l'aurait oublié ! Je n'ai pas la Coupe sur la cheminée à la maison, mais cela reste un excellent souvenir. On a été en tête de la première à la 20ème (sur 22) spéciale. Tout le monde s'en souvient !", racontait Prévot à notre micro en 2015, soit déjà vingt ans après.

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