Les 3 raisons pour lesquelles Neuville n'a pas coiffé la couronne mondiale

Sébastien Ogier a remporté un cinquième titre consécutif de champion du monde des rallyes à l'issue du Rallye de Grande-Bretagne disputé ce week-end. Ce succès en fait le deuxième pilote le plus titré de l'histoire du WRC… derrière son compatriote Sébastien Loeb (neuf couronnes).

Vice-champion du monde en titre, Thierry Neuville échoue à nouveau dans sa tentative de piquer la couronne mondiale à Ogier. Trois points seront à améliorer si le Belge veut réaliser son rêve dans le futur. Il est d’ores et déjà candidat à la succession d’Ogier pour l’an prochain.

Eviter les erreurs éliminatoires

Vice-champion en titre, Thierry Neuville a une nouvelle fois prouvé sa pointe de vitesse cette année. Le Belge a remporté le plus grand nombre de spéciales cette saison, il est le seul à avoir remporté trois épreuves en 2017. Tout le monde en est conscient, y compris Sébastien Loeb.

"Il lui a peut-être manqué la constance de Sébastien Ogier. Neuville est capable d'aller très très vite. Il a plus de meilleurs temps de spéciales qu'Ogier, il a été super performant toute la saison. Il a manqué de réussite en début de saison. Ça a été un championnat animé, il y a du suspense jusqu'au bout. Thierry progresse d'année en année. Dans les années à venir, il va commencer à être vraiment devant. Pour avoir de la réussite, il faut un peu de chance et de la gestion. Il a en tout cas le coup de volant qu'il faut", précisait le nonuple champion du monde à notre micro.

Neuville va vite mais il lui arrive logiquement, c'est le revers de la médaille, de commettre des erreurs. Certains écarts en Suède ou en Espagne peuvent être imputés au pilote belge. Notre compatriote n’a jamais remporté la couronne suprême, peut-être a-t-il un peu tendance à surpiloter, consciemment ou inconsciemment, afin de réaliser son rêve. A contrario, Ogier connait la musique et n'a abandonné qu'à une seule reprise. Le Français a l’habitude et ne connait probablement plus la pression. Il sait en tout cas comment la gérer. Il sait aussi parfois se contenter d'un résultat 'moyen' mais nécessaire dans l'optique d'un championnat complet.

"Le titre se joue sur une saison. Ogier a une maturité et une analyse de la gestion de course. Parfois, quand il est moins bien en performance pure, il a une patience qui nous a parfois fait défaut", nous confiait Nicolas Gilsoul, copilote de Neuville, à l'issue de l'épreuve britannique.

Stabiliser la Hyundai

Après quatre ans au sein de la discipline phare en rallye, Hyundai visait cette année le titre pilote et constructeur. Malheureusement, on peut dresser un constat d'échec pour le team sud-coréen qui devra travailler sur la fiabilité de son i20 dans les mois à venir. Notre compatriote Neuville a encore été le pilote référence chez eux. La formation dirigée par Michel Nandan et le Belge Alain Penasse rencontre toutefois trop régulièrement des soucis techniques.

D'abord, Hyundai devrait veiller à fiabiliser certaines pièces au niveau des suspensions. Elles ont coûté des abandons à Neuville et aux autres pilotes du team cette saison. Un point à gommer pour 2018. Ensuite, des soucis divers ont touché les i20. En Espagne et en Grande-Bretagne, la voiture ne démarrait parfois pas, forçant notre compatriote à attaquer un maximum afin de récupérer le temps perdu. Au Mexique et en Sardaigne, les problèmes étaient davantage centrés sur les freins et sur des ratés du moteur. Le Belge s'est ainsi vu privé de plus grosses unités, un autre point d'analyse important au décompte final de la saison.

La formation sud-coréenne était la grande référence sur les six premiers mois de compétition. Plus qu'une perte de régime de Hyundai, c'est surtout la concurrence qui a veillé à affûter ses machines. On pensait voir les équipes d'usine prendre le dessus, c'est finalement un team 'indépendant', le célèbre M-Sport de Malcolm Wilson, qui surprendra bon nombre d'observateurs. Au point d'empocher le titre pilote et le titre constructeur.

Avoir la baraka du champion

Après son succès sur l'épreuve polonaise, Neuville était revenu à égalité avec Ogier. La balance semblait pencher en faveur du pilote belge tant son bilan récent était brillant (3e au Mexique, 1er en Corse et en Argentine, 2e en Sardaigne et 1er en Pologne).

Ogier est certes passé maître dans l'art de gérer une course et de grappiller unité après unité, il a également pu profiter, comme expliqué plus tôt, du manque de fiabilité de certaines pièces sur la Hyundai, au contraire de la Ford, mais le pilote français a aussi pu compter sur un élément prépondérant : la chance du champion. Il a touché à l'une ou l'autre reprise durant la saison ou a rencontré des problèmes de freins durant la récente épreuve en Grande-Bretagne mais le Français parvient chaque fois à rallier l'arrivée.

L'élément 'chance' n'entre certes pas en ligne de compte au moment d'analyser une saison ou un classement général final d'une année mais difficile de passer à côté toutefois. En 2018, certaines cartes seront redistribuées. La chance aura, elle, peut-être changé de camp. Etre un peu plus verni : c'est naturellement tout le mal qu'on souhaite à Neuville pour le futur.

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