Rétro : MotoGP Assen 2015, la plus belle de Valentino Rossi

Un dernier samedi aux Pays-Bas...

Samedi 27 juin 2015 à Assen, vingt-quatre pilotes s’élancent à l’assaut de la Cathédrale. Une course pas comme les autres, c’est la dernière fois que le Grand Prix se dispute le samedi, une page se tourne dans la capitale néerlandaise de la Drenthe. 

Et pour Valentino Rossi, ce rendez-vous a quelque chose de particulier. Depuis 1997, The Doctor entretient une relation particulière avec la manche batave du championnat du monde, une véritable histoire d’amour. A huit reprises, l’Italien s’est imposé à Assen. Une fois en 125cc et une autre en 250cc puis six fois entre 2002 et 2013, alors c’est avec un pincement au cœur qu’il va prendre le départ.

Dès le vendredi, Rossi est en forme et il le montre lors de la qualification. Il pulvérise le record du circuit s’adjugeant au passage la 61ème pôle de sa carrière... la première depuis Valence en 2014. Déjà un signe prémonitoire, mais le meilleur est encore à venir.

Une course de folie

Équipiers chez Yamaha, Rossi et Lorenzo ne sont séparés que par un point au championnat, Marquez, victime de chutes en Argentine, au Mugello et à Barcelone, est à la traîne, il accuse un retard de près de septante points sur les duettistes Yamaha.

Sur la première ligne de la grille de départ, Rossi retrouve l’étonnant Aleix Espargaro au guidon de la Suzuki et le champion du monde, Marc Marquez. Lorenzo s’élance de la troisième ligne n’ayant obtenu que le huitième chrono à plus de quatre dixièmes de son équipier chez les Bleus.

A 14 heures précises, lorsque le directeur de course libère les vingt-quatre acteurs c’est Rossi qui réussit le hole-shot. Dès le départ, il imprime un rythme infernal et cela va durer pendant dix-neuf des vingt-six tours de l’épreuve.

Le seul pilote capable d’évoluer au même niveau, c’est Marc Marquez qui suit son rival comme son ombre. Il mémorise les trajectoires du pilote Yamaha avant de porter une attaque qu’il espère, secrètement, décisive.

Mais, il était écrit que cette course devait encore rebondir avant d’entrer définitivement dans l’histoire du Moto GP. Et pour écrire ce dernier chapitre, il fallait deux pilotes d’exception.


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Il reste trois tours, un peu plus de 13 kilomètres avant le drapeau à damiers. C’est le moment choisi par Valentino Rossi pour repasser devant son rival espagnol. Mais la victoire ne lui est pas encore acquise.

Blessé de son orgueil, le pilote Honda recolle à la roue de son adversaire. Les dizaines de milliers de fans sont debout sur les gradins. C’est de la folie.

Dans le dernier secteur du dernier tour, Marquez tente une ultime estocade, les pilotes sont proches de la rupture... Ils abordent côte à côte la dernière chicane.

L’Espagnol prend tous les risques dans un exercice de commando dont il a le secret mais Rossi résiste à cette tentative désespérée. L’Italien joue les équilibristes et n’a d’autre choix que de court-circuiter la chicane. Il accélère en wheeling pour ne pas atterrir dans le bac à graviers et remporte le Grand Prix des Pays-Bas.

Exubérant et fou de joie, Rossi se roule dans le gazon devant ses supporters hystériques plus que jamais acquis à sa cause.

The Doctor signe le 111ème succès depuis le début de sa carrière légendaire en 1996, le 85ème dans la catégorie reine réalisant au passage le week-end parfait : la pôle, le meilleur tour en course et la victoire.

Lorenzo termine à la troisième place à quinze secondes de Rossi qui conforte sa place de leader au championnat.

La fièvre du samedi... après-midi, clap dernière à Assen, mais quelle dernière dans la Cathédrale !