Rétro, MotoGP : Argentine 2015, le génie Rossi frappe encore

Valentino Rossi a endossé un maillot de Diego Maradona pour célébrer sa victoire au Grand Prix d'Argentine en 2015
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Valentino Rossi a endossé un maillot de Diego Maradona pour célébrer sa victoire au Grand Prix d'Argentine en 2015 - © JUAN MABROMATA - AFP

Nous sommes en 2015 et la saison démarre sur les chapeaux de roue pour Valentino Rossi.

Avant cette année, il faut remonter six saisons en arrière et au Championnat 2009 pour retrouver The Doctor en position de leader du Mondial Moto GP après trois Grands Prix. Cette année-là, il avait décroché des accessits au Qatar et au Japon et s’était imposé à Jerez.

Un présage ? 2009 coïncide aussi avec le septième et dernier sacre du pilote italien dans la catégorie reine !

Fort de sa victoire au Qatar lors du Grand Prix inaugural de la saison et de sa troisième place derrière Marquez et Dovizioso à Austin, c’est en leader du Championnat que le pilote Yamaha débarque au pied de la Cordillère des Andes.

Son avantage sur son compatriote, Andréa Dovizioso, est mince, un point mais psychologiquement, il aborde ce troisième rendez-vous de la saison avec un moral au zénith.

Pas gagné d'avance...

Fidèle à son habitude depuis son arrivée en Moto GP, Marc Marquez monte en puissance en prévision de la session qualificative.

Sur un revêtement très sale, l’Espagnol marque son territoire après la troisième séance d’essais libres. Il devance Cal Crutchlow et Aleix Espargaro. Rossi doit se contenter d’une septième place provisoire.

Dans l’exercice du chrono, domaine dans lequel il excelle, Marquez va mettre tout le monde d’accord. Dans son dernier tour lancé, le champion du monde va atomiser la concurrence. Il est le seul à passer sous la barre de la minute trente-huit pour claquer la 24ème pôle de sa carrière en 39 Moto GP, un ratio époustouflant.

Et Rossi dans tout cela ? Pas très fringant ! Il est relégué sur la troisième ligne de la grille de départ et accuse un retard de plus d’une seconde sur le natif de Cervera. Pas vraiment réjouissant à la veille de ce Grand Prix d’Argentine.

La remontada dominicale

Le warm-up matinal confirme la tendance, Marquez est toujours devant. L’Espagnol précède Crutchlow et Lorenzo. Rossi est un peu à la peine, à moins qu’il ne cache son jeu pour le Grand Prix.

La chaleur est accablante pour les 50000 personnes qui ont rejoint Termas de Rio Hondo. La température de la piste est de 35 degrés, alors que le veille le thermomètre renseignait encore 43. Hymne national, silence... Tour de chauffe et c’est parti.

Au guidon de la Suzuki, Aleix Espargaro réussit le holeshot devant Marquez et Lorenzo. La Honda et la Yamaha passent... Rossi est toujours englué à la huitième place. Pas le début de course espéré pour l’Italien qui ne s’affole pas. Le Grand Prix fait vingt-cinq tours ! Devant, Marquez s’est constitué un avantage de deux secondes sur Crutchlow, le choix du pneu de l’Espagnol s’avère payant, pour l’instant.

Rossi entame sa remontée. Une remontée, un moment contrariée par son équipier, Lorenzo qui le bloque cinq tours avant de céder. Rossi est déchaîné. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. 

Peu après, il fond sur les Ducati de Dovizioso et Iannone. Désormais, entre lui et Marquez, il n’y a plus que le britannique Crutchlow... mais encore quatre secondes à combler sur l’Espagnol.

A l’inverse de Rossi, Marquez n’a pas opté pour le pneu extra dur, un choix qu’il va regretter dans la seconde partie du Grand Prix. A chaque tour, le natif de Tavullia grignote trois dixièmes de seconde sur la Honda du leader... et à trois tours de l’arrivée, après s’être débarrassé de l’encombrant Crutchlow, il fait la jonction avec Marquez.

Un final de folie

Rossi bat le record de la piste, dans les tribunes, c’est du délire. Les fans sont debout et hurlent, on n’entend plus le bruit des machines au passage devant les stands.

Il reste deux tours avant l’arrivée et Rossi dégaine. Il prend la tête du Grand Prix d’Argentine. Marquez peut se contenter de la deuxième place mais c’est mal connaître le champion espagnol qui va se mettre à la faute en tentant de résister.

Le champion du monde goûte au macadam et laisse filer les vingt points de la deuxième place. Marquez a joué et a perdu comme à Misano, dans le jardin de Rossi, un an auparavant.

Le dernier tour de Rossi s’assimile déjà à un tour d’honneur.

A trente-six ans, le nonuple champion du monde est bien parti pour décrocher sa dixième couronne mondiale, un ultime sacre qui pourrait être le point d’orgue d’une carrière exceptionnelle.

Mais le Championnat est encore très long. Nous n’en sommes qu’au troisième des dix-huit rendez-vous de la saison.

Extraordinaire showman, Valentino Rossi va aussi assurer sur le podium argentin. Avant de monter sur la plus haute marche, l’Italien a la bonne idée d’enfiler le maillot de l’Albiceleste floqué du numéro 10 pas celui de Messi, celui de Maradona que Rossi a toujours admiré. Succès garanti, la foule est aux anges.

En quittant l’Amérique du Sud pour rejoindre le Vieux Continent, The Doctor possède six points d’avance sur Dovizioso, vingt-neuf sur Lorenzo et déjà trente sur Marquez.

Qui aurait imaginé un tel scénario pour le début du championnat 2015 ?Personne... et pourtant !

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