MotoGP, 10 ans après la mort de Marco Simoncelli : "Le sport moto restera toujours dangereux"

Le 23 octobre 2011, Marco Simoncelli perdait la vie sur le Grand Prix de Malaisie, percuté par l’Américain Colin Edwards. Le jeune pilote avait perdu son casque dans le choc. Dix ans après cette tragédie, Didier de Radiguès, notre consultant Moto GP fait le point sur l’évolution des systèmes de sécurité pour les pilotes.

"Nous sommes les premiers à avoir demandé les dégagements sur les circuits"

Didier de Radiguès rappelle d’emblée que la moto reste un sport à risque : "en préambule il faut rappeler que le sport moto restera toujours dangereux mais depuis de nombreuses années les pilotes, les organisateurs et la Fédération travaillent pour améliorer la sécurité".

Le consultant RTBF a roulé entre 1979 et 1991. Et c’est vrai que la sécurité sur les circuits a énormément évolué. Didier de Radiguès a fait partie d’un comité sécurité moto après sa carrière. Il a arpenté les circuits du championnat du monde, en faisant des tests, sous la pluie, pour relever les dangers de chaque tracé :"nous sommes les premiers à avoir demandé les dégagements pour la moto. En Formule 1 la politique c’était de mettre des rails le long de la piste pour que la voiture reste dans son axe. Alors que si on chute à moto il ne faut pas que le pilote aille taper dans le rail. Et finalement la Formule 1 s’est rendu compte que les dégagements étaient également une bonne idée pour les courses de F1".

"Avant les années 2000, c'est juste si on mettait un casque"

Si la sécurité des circuits a rapidement été une priorité, le développement des équipements a lui tardé : "avant les années 2000 on ne pensait pas vraiment à l’évolution des équipements. Enfin si un peu, parce qu’avant, c’est juste si on mettait un casque et puis c’est devenu des casques de plus en plus fermés jusqu’aux casques intégraux".

Un coup d’accélérateur a été mis ces dix dernières années sur la protection des pilotes : "ces dix dernières années on a beaucoup travaillé sur les équipements. Avec des bottes plus rigides, des équipements en cuir de kangourou, une matière plus légère, plus souple et plus résistante. Il y a aussi des protections en carbone dans les bottes, les gants. La plus grosse évolution c’est l’airbag", confie l’ex-pilote de Moto GP, déclare Didier de Radiguès. 

L’airbag est rapidement devenu obligatoire, dans les trois catégories, Moto GP, Moto 2 et Moto 3 : "l’airbag se déploie dès que le système intégré détecte que le pilote n’est pas dans une position normale, ou qu’il y a un changement de vitesse trop rapide. Il se déploie en quelques millièmes de secondes et évite de grosses fractures sur le haut du corps, des épaules au bas du dos".

 

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"Dans le cas de Simoncelli deux motos lui ont roulé dessus"

Malheureusement l’accident mortel, dont a été victime Marco Simoncelli, fait partie des drames difficilement évitables, malgré l’évolution des systèmes de sécurité : "tous les accidents qui arrivent encore aujourd’hui concernent les pilotes qui sont percutés directement un autre concurrent, ou ceux qui sont revenus sur la piste et qui sont percutés par une autre moto. Les airbags aident, mais dans le cas de Simoncelli, deux motos lui ont roulé dessus il en a même perdu son casque. Dans des accidents comme ceux-là, on ne peut pas faire grand-chose", déplore Didier de Radiguès.

C’est d’ailleurs le même genre d’accident qui a coûté la vie à Jason Dupasquier, le 30 mai dernier. Le jeune pilote suisse de 19 ans a chuté sur la piste lors des qualifications en moto3. Il a ensuite été touché par au moins une moto.

Pour Didier de Radiguès l’introduction du système de sécurité HANS pourrait être une solution. C’est un équipement de sécurité qui protège la tête et le cou. Il est utilisé en rallye-raid et en motocross mais ce système est très volumineux : "ce système obligatoire en rallye-raid et motocross ne l’est pas en moto GP. Le souci c’est que cela enlève beaucoup de mobilité. Mais cela pourrait être une protection supplémentaire qui sera peut-être imposée d’ici quelques années".

Depuis plus de 20 ans, de gros efforts ont été déployés pour augmenter la sécurité sur les circuits. En parallèlle un gros travail a été effectué pour développer des systèmes de protections. Des systèmes de plus en plus performants, avec un but, protéger les pilotes. Mais le risque zéro n'existe pas et le sport moto restera toujours dangereux.   

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