Vigneron : "Je n'excuse pas Verstappen face à Ocon... mais il doit garder ce tempérament"

Max Verstappen
Max Verstappen - © Belga Image

Retour sur ce Grand Prix du Brésil très spectaculaire et plus particulièrement sur l’incident entre Max Verstappen (Red Bull) et Esteban Ocon (Force India).

A ce moment-là de la course, Verstappen était leader, grâce notamment à une merveilleuse gestion des pneus du côté de Red Bull, tandis qu’Ocon n’était que 16ème. Le Français venait de s’arrêter au stand et de mettre des nouveaux pneus super-tendres. Il allait donc quasiment une seconde plus vite en ligne droite que le Néerlandais, qui avait des gommes tendres usagées. Alors, c’est vrai, Verstappen aurait pu le laisser passer mais en tant que leader, il était aussi en droit de penser que les attardés n’allaient pas interférer dans la lutte pour la victoire.

Une victoire qui a dès lors changé de camp même si sur la fin, malgré un fond-plat abîmé, Verstappen est revenu Lewis Hamilton (Mercedes). Le directeur de course Charlie Whithing est de son côté très clair. Après le GP, il nous a dit : "Ok pour se dédoubler mais pas pour lutter avec le leader. Ocon aurait dû attendre, sa pénalité de 10 secondes est donc justifiée."

Il y a toute une série de précédents et d’antécédents entre ces deux pilotes. Cela date de l’époque du karting et de la F3. Pas sûr qu’Ocon aurait fait la même chose avec Hamilton ou Sebastian Vettel (Ferrari). Il faut d’ailleurs faire attention du côté du Français car on se souvient de ces nombreux soucis avec Sergio Perez chez Force India. Il a peut-être dans le passé déjà fait peur à Mercedes (écurie à qui il "appartient"), tellement sensible à l’harmonie dans le team. Il existe une règle non écrite qui dit que le leader a toujours priorité.

Après la course, le comportement de Verstappen est excessif, comme à d’autres reprises. Cette altercation est déplacée. Il ne faut toutefois pas exagérer, on voit cela sur des terrains de football chaque semaine. Il doit faire attention et rectifier son comportement. Dans un monde très corporate, ça fait quand même du bien de voir des pilotes avec du caractère. Les grands pilotes, comme Senna ou Schumacher, pensent qu’ils ont toujours raison ; c’est pour cela aussi qu’ils sont ce qu’ils sont. Je n’excuse pas Verstappen, mais il doit garder ce tempérament qui fait de lui un des pilotes préférés du plateau. Le talent et la vitesse sont là. Ce sera peut-être le rival numéro 1 de Lewis Hamilton la saison prochaine.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le dernier Grand Prix de la saison, à Abu Dhabi.

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