Vanessa Maes : "Indispensable d'accueillir la F1 à Francorchamps malgré un protocole très strict"

Le circuit de Spa-Francorchamps accueille le GP de Belgique de Formule Un sans spectateurs
Le circuit de Spa-Francorchamps accueille le GP de Belgique de Formule Un sans spectateurs - © photo RTBF

A Francorchamps, on est loin de l’effervescence qui précède habituellement le Grand Prix de Belgique de Formule Un. Et pour cause, cette édition 2020, on le sait, va se dérouler à huis clos suite à la pandémie de coronavirus. Du côté de Spa Grand Prix, la société de promotion, on se montre toutefois soulagé de pouvoir organiser ce GP de Belgique. Selon Vanessa Maes, la Directrice Générale de Spa Grand Prix, il était important, voire primordial de maintenir cette épreuve au calendrier.

-Vanessa Maes, pourquoi était-il donc si important d’organiser ce Grand Prix de Belgique, même sans public ?

" Et bien pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous sommes inscrits au calendrier F1 et nous avons donc la chance de faire partie des 22 Grand Prix mondiaux. Il était dès lors important de rester sur la scène internationale. Une fois qu’un GP en sort, il est très compliqué d’y revenir. Il fallait donc rester au calendrier et il fallait aussi montrer à la F1 que nous étions un partenaire fort, sur qui on peut compter parce qu’il fallait sauver la discipline. Il était donc primordial d’organiser ce GP de Belgique et cela même à huis clos".

-Cela dit, cette édition 2020 s’annonce particulière, voire même exceptionnelle vu les circonstances ?

" Tout à fait. Nous allons à l’encontre de notre métier. Le GP de Formule Un est une grande fête et habituellement, nous faisons venir le plus de monde possible. En tout cas, nous espérons attirer le plus de spectateurs. Or, cette année, c’est un véritable crève-cœur pour nous de ne pas pouvoir accueillir nos fans. On leur demande de rester chez eux et de regarder le GP à la télévision. C’est tout à fait inédit comme situation. Nous sommes confrontés à une crise sanitaire que personne ne pouvait prévoir il y a encore quelques mois. Nous avons donc dû mettre des protocoles en place de façon à garantir la santé de chacun, bien entendu ".

-Pour Spa Grand Prix, c’est plus facile d’organiser une édition sans public comme cette année ?

" Je n’irai pas à dire que c’est plus facile (rires) mais c’est différent parce qu’il y a un protocole sanitaire très strict à respecter. Nous devons aussi tenir compte de paramètres auxquels nous n’avions pas l’habitude d’être confrontés. Je veux parler du testing, les tests PCR et les segmentations du circuit. Nous avons été obligés de segmenter en fonction de la densité de personnes qui seront présentes ce weekend à Francorchamps. Par exemple, les paddocks F1, F2 et F2 représentent une plus forte densité et donc les personnes doivent être testés PCR tous les cinq jours pour pouvoir y entrer. C’est donc une procédure différente à mettre en place ".

-Le circuit de Spa-Francorchamps ressemblera donc à un camp retranché ce weekend. Il faudra montrer patte blanche pour y accéder ?

" Oui, clairement et c’est difficile pour nous. C’est quelque chose que nous ne voulions pas faire mais vu la situation sanitaire, c’était la seule solution pour pouvoir accueillir la F1. Il était donc nécessaire de procéder de la sorte et les spectateurs ont bien entendu leur rôle à jouer. Ils peuvent nous aider en restant chez eux. Donc, oui quelque part, c’est un peu un camp retranché mais cette maladie est extrêmement contagieuse et nous devons prendre des mesures de façon à nous mettre dans une bulle complètement fermée ".

-S’il n’y aura pas 100.000 spectateurs à Francorchamps ce weekend, le circuit ne sera pas désert pour autant. Combien de personnes seront présentes pour ce Grand Prix ?

" Il faut compter qu’il y aura entre 2.500 et 3.000 personnes sur et aux abords du circuit ce weekend. Nous avons toutefois veillé à limiter le nombre de personnes. C’est ainsi que ceux qui ont procédé au montage, sont déjà partis pour céder leur place à d’autres. Il y a donc un système de rotation afin de ne jamais avoir plus de 2.700 personnes sur le site ".

-Un protocole a toutefois été établi avec des mesures très strictes à respecter ?

" Il y a en effet un protocole qui a été mis en place par la FIA. Un protocole qui respecte évidemment les mesures imposées par le gouvernement. De toute façon, la température sera prise à toutes les personnes qui travaillent sur le circuit. En fonction de la température, l’accès au site sera autorisé ou non. D’autre part, il y a tous les gestes barrière que tout le monde commence à connaître ainsi que le port du masque qui est bien sûr obligatoire. Cela concerne évidemment tous les profils confondus. En ce qui concerne le profil 1, pour l'accès aux paddocks, il faut avoir un test PCR négatif et ce test est valable cinq jours ".

-Et chaque team a, paraît-il, son propre Covid-Center ?

" C’est exact. Chaque team vit dans sa propre bulle. Les membre qui composent une écurie ne se mélangent pas. Ils restent dans leur bulle. En outre, les gens du paddock F1 ne vont pas dans le paddock F2 et inversement. Chaque team a effectivement son petit covid-center à côté de son hospitality pour être testé. Donc, oui, en F1, on reste dans sa propre bulle et il est interdit d’entrer dans une autre bulle. Le protocole est intransigeant à ce niveau là afin de limiter les risques au maximum ".

-Ce protocole semble en tout cas efficace vu le peu de cas positifs recensés en F1 ?

" Oui, mais on va toucher du bois pour que ça continue de la sorte. En tout cas, nous faisons tout ce qui est possible pour empêcher le virus de se propager. Jusqu’à présent, les mesures prises se sont avérées efficaces et donc on ne change pas le protocole ".

-Alors, comment va se passer la vie à l’intérieur du paddock ce weekend ?

" Et bien, ce sera très différent par rapport aux autres années. Cela va être très calme et la seule animation qu’il y aura sera sur la piste. Donc, il n’y aura rien dans les paddocks. Les seules animations prévues sont l’armée de l’air qui va survoler le circuit avec trois F16 en formation et l’hélicoptère avec le drapeau belge. Et puis, nous aurons aussi droit à la présence d’une chanteuse belge, Sarina, qui va nous interpréter l’hymne nationale avant le départ du GP ".

-Financièrement parlant, vous ne pouvez pas compter sur la billetterie mais vous avez obtenu le soutien du groupe Liberty Media, propriétaire de la F1 ?

" Oui. Il était évidemment impossible de demander un aide de la Région Wallonne à partir du moment où nous n’avions pas de ticketing, ni d’entrées. Les seules rentrées financières pour Spa Grand Prix sont les titres d’accès. Il a dès lors fallu trouver un accord avec Liberty Media. Un modèle financier très simple dans la mesure où nous n’avions pas d’argent et donc nous ne pouvions pas payer le prix demandé pour faire venir la Formule Un. C’est Liberty Media qui supporte les frais d’organisation en nous épargnant le droit de plateau. Il faut se dire que 2020 est une année blanche. Une année à mettre entre parenthèses. Mais dans les négociations, nous avons toutefois obtenu une année supplémentaire à notre contrat. Nous sommes donc assurés d’avoir la F1 en 2021 et en 2022 sur le circuit de Spa-Francorchamps ".