Que peut-on espérer de la saison 2020 de Formule 1 ?

L'analyse de Gaëtan Vigneron
L'analyse de Gaëtan Vigneron - © RTBF.be / Belga Image

8 Grand-Prix reportés ou annulés jusqu’à présent. Le premier rendez-vous de la saison de Formule 1 est pour l’instant prévu le week-end du 14 juin à Montréal, au Canada. Avec toutes les réserves d’usage. Le promoteur se donne encore 2 semaines de réflexion avant de devoir commencer l’installation des tribunes et donc de décider. Le tracé montréalais sur l’Ile Notre-Dame est non permanent mais il ne demande pas autant de préparatifs qu’à Monaco ou Bakou, ce qui laisse encore une petite marge aux Canadiens.

Si même on pouvait débuter à la mi-juin, le calendrier ne pourrait sans doute offrir qu’une quinzaine de courses. Il y a un peu de place durant le désormais ex-break estival et aussi la possibilité de prolonger la fin de saison, quitte même à différer un peu les 3 coups de la campagne 2021, d’autant que les F1 resteront identiques à celles de 2020.

Le problème de la F1, discipline internationale par excellence, c’est que l’on ne peut rien relancer sans être sûr que le virus est mondialement maîtrisé. Il faut un minimum de 8 Grand-Prix pour pouvoir garder le label championnat du monde. Cela laisse encore un peu de mou. On ne pourra en tout cas pas recaser toutes les épreuves reportées. Il faut savoir que certaines sont fragilisées par le fait que leur promoteur ne paie pas ou un faible prix du plateau (le budget à payer pour pouvoir organiser un Grand-Prix). C’est par exemple le cas actuellement de l’Espagne et même du Brésil (toujours au calendrier).

Personnellement je pense que Bahrain, peut-être même le Vietnam et les Pays-Bas, ont le plus de chances d’être recasés. La Chine paie un joli montant pour accueillir les F1 mais je ne suis pas certain que les Chinois, dans le contexte que l’on connaît, aient vraiment envie de voir débarquer chez eux toute la caravane internationale de la F1. Même si l’on réétoffe le calendrier, il y aura des équilibres à trouver. Une succession de Grand-Prix chaque semaine ne sera pas facile à supporter pour tous les suiveurs. Certains teams seraient même peut-être contraints de prévoir des effectifs A et B pour tenir le coup.

Je ne suis pas convaincu non plus qu’un trop plein de courses soit la meilleure solution pour garder l’intérêt des téléspectateurs et spectateurs. Bien sûr, il y a aussi les réalités économiques et le fait que les écuries doivent concourir pour pouvoir compter sur les rentrées d’argent découlant des Grand-Prix. Un équilibre délicat à trouver. L’impact économique sera inévitable sur une discipline qui base l’essentiel de ses revenus sur les prix du plateau et les droits TV.

Bien entendu, tout cela est un peu dérisoire par rapport à tout ce qui se passe actuellement. N’empêche, pour continuer à garder le moral, on a aussi besoin d’objectifs, et de savoir que tôt... ou un peu plus tard, nos bolides favoris reprendront la piste pour égayer nos dimanches après-midi.

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