Monaco 1982 : 5 pilotes en tête dans les 2 derniers tours, un final incroyable !

Pas de Grand Prix de Formule 1 à Monaco cette année, suite au coronavirus, une première depuis 1954. L'épreuve devait se dérouler dimanche. Si vous pensez qu'il ne se passe jamais rien durant un GP monégasque, vous ignorez probablement l'édition 1982, qui a sacré Ricardo Patrese au terme d'un final plus qu'étonnant.

23 mai 1982. Le départ de la course à Monaco est donné, deux semaines après le décès de Gilles Villeneuve dans le cadre du Grand Prix de Belgique à Zolder. L'auteur de la pole position sur le tracé de 3.312 kilomètres, René Arnoux (Renault), prend le meilleur envol et n'est pas vraiment inquiété durant les 14 premiers tours. Le Français part en tête-à-queue dans la section de la 'Piscine', c'est l'abandon. Le leadership revient à Alain Prost, son compatriote. Le deuxième pilote Renault file vers la victoire et personne ne semble pouvoir lui contester. Arrive alors le 74e tour (sur 76)... et une fin de course à rebondissements !

En tête depuis pratiquement 60 tours donc, Prost sort, ricoche sur les rails et est contraint à l'abandon. L'Italien Riccardo Patrese (Brabham Ford) hérite de la tête de la course, mais part en tête-à-queue durant le tour suivant, à l'épingle à gauche de 'Loews', virage identifié comme le plus lent du championnat. Le leadership revient alors à Didier Pironi (Ferrari)... qui tombe en panne d'essence dans le tunnel. Andrea de Cesaris (Alfa Romeo) prend donc le commandement, mais n'a plus de carburant, lui aussi. Il immobilise son Alfa Romeo peu après le Casino. Le nouveau leader se nomme Derek Daly, qui est contraint à l'abandon (problème à sa boite de vitesses).

Patrese, reparti en étant poussé par des commissaires, récupère la première position et gagne la course ! L'Italien franchit la ligne d'arrivée sans même savoir qu'il s'est imposé. Pironi sera classé 2e, de Cesaris 3e (alors qu'ils ont abandonné). Si Patrese n'avait pas été aidé pour repartir, la victoire serait probablement revenue à Nigel Mansell (classé 4e avec sa Lotus-Ford).

Il s'agit ce jour-là du premier succès de la carrière de Patrese, qui en remportera encore cinq par la suite, prenant le départ de 256 Grands Prix (un record battu par Rubens Barrichello, avec 323 courses).

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