Catastrophe pour Vettel et Mansell au Canada... à 20 ans d'écart

Ce dimanche devait se tenir le GP du Canada de Formule 1. Reporté à cause du coronavirus, l'épreuve de Montréal a dans son passé régulièrement réservé du spectacle. Comme cet étonnant destin croisé entre Nigel Mansell et Sebastian Vettel... avec vingt ans d'écart.

Cette histoire débute le 2 juin 1991. Elle s'articule, dans un premier temps, autour d'un pilote, Nigel Mansell. Le Britannique mène la course, au volant de sa Williams depuis le premier tour. C'est une course à élimination : Alain Prost, Ayrton Senna, Jean Alesi et Thierry Boutsen abandonnent notamment. Dernier tour de l'épreuve (qui en comptait 69) : Il ne reste que 700 mètres à parcourir, Mansell s'apprête à rendre une copie absolument parfaite.

A la relance après un virage à droite, avant la longue ligne droite qui ramène les pilotes vers la ligne de départ, la boite de vitesse de sa Williams le lâche. Il est au ralenti, il a beau tapé sur son bolide, il sait qu'il vient de perdre la course, remportée avec une chance incroyable par Nelson Piquet (Benetton-Ford). Le pilote brésilien devançant Stefano Modena (Tyrrell-Honda), Riccardo Patrese (Williams-Renault), Andrea de Cesaris (Jordan-Ford), le Belge Bertrand Gachot (Jordan-Ford) et... Mansell, qui parviendra donc, tel un escargot, à arracher le 6e rang.

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Le deuxième épisode de cette saga se déroule vingt ans plus tard, le 12 juin 2011. La course est marquée par des conditions climatiques extrêmes qui entraînent son interruption pendant plus de deux heures, ainsi que... six interventions de la voiture de sécurité (pluie démentielle, sortie de piste de Nick Heidfeld (Renault), commissaire qui s'écroule au sol durant une safety car, etc). L'épreuve, qui dure au total plus de quatre heures (très exactement 4 h 4 min 39 s 537, soit historiquement la plus longue durée d'un Grand Prix), tourne à l'avantage de Sebastian Vettel. Le pilote Red Bull, poleman, va toutefois connaitre un destin 'à la Mansell'.

Il ne reste que dix tours à boucler et un pilote, Jenson Button, est 'en feu'. Pénalisé en début de course et reparti au dernier rang, le Britannique se retrouve alors 4e. Il vole littéralement et déborde sans discussion Mark Webber (Red Bull) et Michael Schumacher (Mercedes). Il ne reste plus que quatre tours. Le pilote McLaren-Mercedes attaque à outrance et comble l'écart qui le sépare de Vettel. Dans le dernier tour, alors que Button est revenu sur le leader, mis, vous l'imaginez, allègrement sous pression, l'Allemand, qui n'a cédé la tête que durant un tour (lors du 20e, durant un ravitaillement), part à la faute. Le temps de remettre sa Red Bull sur la trajectoire, Button s'est échappé pour aller décrocher le Grand Prix le plus long de l'histoire.

1991, 2011 : deux époques, deux scénarios à couper le souffle, deux victoires qui s'échappent dans les derniers instants.

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