Lewis Hamilton... frustré à Sotchi, remonté au Nürburgring

Le week-end de Lewis Hamilton ne fut pas de tout repos en Russie. Tout a commencé le samedi en qualifications quand il a vu son premier chrono annulé en Q2 pour non respect des limites de la piste puis son deuxième run interrompu par un drapeau rouge, ce qui l’a contraint à passer en pneus tendres et à compromettre déjà sa stratégie course.

Le dimanche, il est parvenu à garder la tête au départ, malgré le phénomène de l’aspiration tellement pénalisant pour le poleman mais l’on ne saura jamais ce qui ce serait passé ensuite puisque 2 pénalités de 5 secondes sont venues ruiner sa course, avant même qu’elle ne commence d’ailleurs puisqu’elles concernaient deux infractions commises avant le début du GP.

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Deux essais de départ au mauvais endroit à la sortie de l’allée des stands. La note du directeur de course était claire à ce sujet. L’emplacement de ces essais de départ est déterminé de circuit en circuit sur base de critères de sécurité et tout le monde est au courant. Parfois l'emplacement est signalé par une marque de peinture. Parfois pas.

C’est vrai néanmoins que la recommandation " d’effectuer ces simulations de départ sur le côté droit de la piste, après les feux de sortie de la voie des stands en laissant suffisamment de place sur la gauche"  peut apparaître un rien imprécise ou pas assez contraignante. Le directeur de course a rajouté qu’il y avait eu une autre infraction, c’est-à-dire le non respect de la vitesse constante à respecter dans la sortie de la pitlane.

Hamilton a dit qu’il voulait effectuer ces essais à cet endroit parce qu’il y avait trop de gomme sur la piste à l’endroit désigné et que cela n’était en rien représentatif des conditions qu’il allait connaître sur la grille. Ensuite l’écurie a fait son mea culpa disant que son pilote n’avait fait qu’obéir à ses instructions. Ce qui serait donc une deuxième erreur du team après l'affaire de la pitlane fermée à Monza. Malgré son nouveau succès avec Bottas cette fois, l'écurie Mercedes n'est donc plus infaillible. En fait Hamilton a demandé s'il pouvait effectuer son essai un peu plus loin, sur un endroit plus proche des conditions de la grille mais ses ingénieurs n'ont pas réalisé qu'il allait aller si loin dans l'allée des stands.

Peut-être est-ce un team adverse qui a mis la puce à l'oreille des commissaires sportifs. Toto Wolff de son côté n’a pas manqué de signaler qu’il était un peu sévère de punir un pilote en course pour une infraction commise avant le départ. Fait assez rare, les stewards sont revenus sur leurs pénalités de deux fois un point sur la super licence, infligeant plutôt une amende de 25.000 euros à Mercedes. De quoi soulager le champion du monde qui garde donc ses 8 points de pénalité au lieu de 10. Ce n’est pas anodin puisqu’à 12 points, il se verrait suspendre pour un GP.

Intéressant aussi de noter qu’Hamilton a accusé les stewards de le chercher avec leurs " pénalités ridicules " . Rajoutant que la FIA avait fait de même vis à vis de Mercedes en interdisant il y a peu - sans résultat évident - le mode moteur qualifs. C’est typique de son tempérament mais faire face à l’adversité ne l’a jamais affaibli, que du contraire. Dès qu’il ne gagne pas, vous n’avez plus le même homme à l’interview. Il râle, il donne des réponses courtes, il rumine...comme Schumacher et Senna autrefois. Ce n’est pas un hasard, c’est ce qui fait qu’ils sont ce qu’ils sont ou ont été..., leur marque de fabrique. Cela dit, une fois l'intensité de la course retombée et après avoir eu le temps de réfléchir à ce qui s'était passé, le britannique a un peu rétropédalé, reconnaissant qu'il n'avait peut-être pas eu la bonne réaction dans le feu de l'action, rajoutant qu'il était un être humain comme les autres,  passionné par ce qu'il fait.

Je ne suis pas persuadé qu’il ne se serait pas imposé sans ses pénalités et malgré l’obligation d’avoir dû s’élancer en pneus tendres. On l’a entendu râler un peu quand son team l’a fait rentrer. Vu la voiture de sécurité en début de course, il pensait qu’il aurait pu prolonger un peu son premier run et avec les gommes dures ensuite tout n’était pas perdu. Quoiqu’il en soit, c’est un Hamilton frustré qui a quitté Sochi...et donc un Hamilton remonté qui débarquera au Nürburgring la semaine prochaine... Pour la symbolique, pourquoi pas égaler les 91 succès de Schumacher en Allemagne et sur les terres de Mercedes... mais c'est déjà une autre histoire...

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