La F1 2021 a priori favorable mais…

La F1 2021 a priori favorable mais ...
La F1 2021 a priori favorable mais ... - © Tous droits réservés

Au-delà du plus que probable sixième titre de Lewis Hamilton, un événement en soi dans l’histoire de la F1, il y a donc eu aussi ce jeudi à Austin la publication des règlements qui régiront la discipline de 2021 à 2025.

Un règlement en discussion depuis plus de 2 ans… avec un pas en avant, deux en arrière, un demi à nouveau vers l’avant et ainsi de suite. L’accouchement prévu pour la fin du mois d’août a d’ailleurs dû être postposé. Mais aujourd’hui le bébé a enfin vu le jour.

Les intentions sont louables.

Sans entrer dans les détails dont vous avez déjà pris connaissance, les objectifs évoquent des courses plus disputées, moins d’écarts entre les teams, un sport financièrement plus abordable, l’ADN de la discipline conservé toujours à la pointe de la technologie.

Et, ce qui est loin d’être anodin dans le monde actuel, une attention particulière pour l’environnement. La F1 aujourd’hui présente déjà le moteur le plus efficace avec consommation réduite et récupération d’énergie notamment. Mais Jean Todt, le Président de la Fédération internationale automobile, a bien insisté sur le fait qu’il y avait encore des étapes à franchir, que la F1, pinacle du sport moteur, devait saisir l’opportunité de démontrer son rôle de leader en la matière, de plateforme pour LES solutions du futur.

Personnellement j’aime plutôt bien l’idée qu’on peut faire des pas importants dans ce domaine, sans tout s’interdire ou céder à une sorte de "totalitarisme écologique". Je trouve positif que la F1 se préoccupe de cette problématique qui nous concerne tous. La F1 a été précurseur en matière de sécurité, ce qui a engendré des effets bénéfiques pour la voiture de Monsieur tout le monde. Pourquoi pas aussi faire avancer les prises de conscience en y associant toute l’industrie automobile.

Reste à voir maintenant ce que cela donnera sur le terrain. Si comme les simulations le prétendent, les F1 pourront se suivre de plus près sans les énormes pertes d’appui actuelles, cela donnera inévitablement un spectacle plus épicé. Qu’a l’occasion, un plus petit team puisse venir se mêler à la bagarre et terminer sur le podium, on applaudit des deux mains. Que l’argent soit moins et mieux dépensé, cela me parait une excellente chose.

Mais il ne faut pas être naïf non plus. Jamais, comme dans tant d’autres domaines, l’intérêt collectif ne prendra véritablement le dessus sur les privilèges individuels. J’attends de voir. Et la hiérarchie ne va pas subitement se trouver totalement bouleversée. Notez que c’est la même chose dans d’autres sports. En football, à part Barcelone, le Real, Manchester, Liverpool ou le Bayern, qui peut prétendre gagner la Ligue des champions ? À part Djokovic, Nadal ou Federer, qui a gagné un Grand Chelem ces dernières années ? Les exemples sont légion.

Des ajustements viendront sans doute encore affiner les textes actuels mais on doit saluer l’effort qui a abouti pour la première fois dans l’histoire à réunir dans un même règlement les aspects techniques, sportifs et financiers. Saluer aussi l’idée d’une future gouvernance simplifiée et plus efficace. Indispensable aussi de penser au long terme, surtout dans un monde qui évolue tellement vite. L’a priori est donc positif.

Reste à espérer que le futur viendra confirmer ces bonnes intentions et sensations. En attendant, réjouissons-nous de la chouette saison 2019 qui nous aura donné de nombreux Grand-Prix attrayants… sans nouveau règlement.

C’est ma seule crainte en fait. Traditionnellement, plus le règlement est stable, plus les écarts ont tendance à se réduire. Quand de nouvelles règles voient le jour, c’est souvent les écuries les plus puissantes qui s’en sortent le mieux et les autres ont besoin de beaucoup de temps pour revenir un peu dans le coup.

J’ai dit que l’a priori était favorable. Laissons donc le temps au temps et on jugera sur pièces.

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