Hamilton m'a fait penser à Senna

Hamilton m'a fait penser à Senna
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Dimanche soir en rentrant à l’hôtel après une nouvelle très longue journée, j’ai jeté un coup d’œil sur mon fameux carnet (Calpino pour les intimes). J’y ai vu le chiffre de 494 Grand-Prix au compteur et j’ai eu ce sentiment d’avoir encore vécu un moment de l’histoire du sport, dépassant le simple cadre de la F1.

Ce n’est pas tous les jours que vous vivez le rendez-vous qui voit un pilote dépasser Fangio au nombre de titres mondiaux. Fangio...une sorte de gars d’un autre temps symbolisant pour toujours la vitesse, le pilotage d’exception, la perfection au volant.. Quelqu’un d’une autre galaxie qu’on aurait jamais eu la chance de croiser.

Et puis là, tous les 15 jours, vous rencontrez celui qui efface Fangio des tablettes. 6 titres mondiaux...! Déjà pour en avoir un, il faut réunir un nombre incalculable d’éléments. Alors 6...!

Après la course, ce que je ne fais jamais, je suis allé m’installer au premier rang de la conférence room. Sans notes, sans rien... Juste en face du nouveau champion du monde... Je l’ai observé, écouté...

Il venait de réaliser un impossible exploit et pourtant, il était calme, serein, courtois, très bavard, prenant le temps de choisir ses mots... Ne vous offusquez pas mais il m’a fait penser à Senna... Sidérant comme ce bonhomme a mûri, grandi au fil des années qu’on le côtoie. Il a parlé de beaucoup de choses...

De ses parents qui lui avaient marqué au fer rouge l’obligation de ne jamais renoncer, de toujours se battre, de croire en ses rêves... De leurs sacrifices pour lui permettre d’embrasser cette carrière de pilote de F1... De l’incroyable privilège qu’il a avait de pouvoir vivre ce qu’il vivait... Des moments de doute ou carrément difficiles qu’il connaissait parfois, comme tout un chacun... De sa quête ininterrompue de toujours essayer de s’améliorer sur les circuits et dans sa vie d’homme.. confiant qu’il n’allait pas vraiment déjà profiter de ce nouveau sacre, parce qu’il restait encore deux Grand-Prix qu’il voulait remporter... de Niki Lauda qui lui manquait tellement plus que ce qu’il aurait jamais pu imaginer...de la tragique disparition vécue en direct à Spa " d’un jeune kid " (Antoine Hubert) et des moments difficiles qui ont suivi...du fait qu’aucun grand sportif dans le monde toutes disciplines confondues, n’a jamais pu réaliser quelque chose sans le soutien de toute une équipe autour de lui...de Bono, son fidèle Ingé course avec qui il a une complicité inouïe...de la bonne bière qu’il prendra quand la saison sera définitivement terminée en prenant alors le temps de se remémorer quelques temps forts de la saison...de son approche du Grand-Prix des Etats-Unis où partant cinquième, il n’avait qu’une idée en tête, gagner..ne demandant que les écarts avec le leader et pas avec les autres...de la chance qu’il avait de pouvoir pour la première fois partager un titre mondial avec son Papa, sa Maman, ses belle-mère et beau-père...

Quand il a eu terminé, je suis allé le féliciter, lui serrer la main... Puis il est allé rejoindre son team qui l’attendait pour la traditionnelle photo de famille devant le stand... Un autre moment de communion assez prenant... Ensuite, je n’ai plus fait attention à lui...

Je me suis assis quelques instants au bord de la piste..me repassant quelques images de ce film vécu en live.

J’ai pensé à Michaël Schumacher qui reste encore le seul pilote avec 7 couronnes mondiales..un record qui n’apparaît désormais plus inaccessible..d’autant qu’Hamilton a insisté sur le fait qu’il aimait tellement ce qu’il faisait qu’il n’envisageait aucunement  de raccrocher...

Je me suis dit que cela aurait été tellement chouette d’évoquer tout cela en sa compagnie... Dommage vraiment.

Dans 15 jours, suite et presque fin des festivités. À Interlagos...sur les terres de Senna qui 25 ans plus tard continue d’être si présent dans toutes les mémoires des aficionados de Formule 1. Fangio, Senna, Schumacher, Hamilton...que des grands champions, des destinées étonnantes, des personnalités incroyables, des palmarès de folie...

Avant d’aller dormir et de mettre la dernière ligne à ces quelques mots, je me suis dit qu’il ne fallait pas attendre qu’ils ne soient plus là ou qu’ils aient arrêter depuis longtemps pour reconnaître à sa juste valeur ce que ces gars étaient en train de réaliser...

Well done Lewis...

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