Gaëtan Vigneron : "Ferrari manque d'un leader solide !"

Gaëtan Vigneron : "Ferrari manque d'un leader solide !"
Gaëtan Vigneron : "Ferrari manque d'un leader solide !" - © Tous droits réservés

Avant d’aborder le chapitre titre mondial, un mot sur Suzuka, son circuit fabuleux et cet enthousiasme des fans japonais. Il n’y a vraiment aucun équivalent dans le monde. Un public passionné, connaisseur, respectueux, non-blasé qui reste des heures à scruter le travail des mécanos dans les stands. Après le GP les gens restent même dans les tribunes pour voir la rediffusion de la course sur écran géant.

Et puis impossible d’aller à Suzuka sans avoir une pensée pour le malheureux Jules Bianchi. Je n'oublierai jamais ce GP 2014, ce deuxième drapeau rouge. Je commentais la course avec Charles Pic, ami de Jules. Il avait tout de suite vu au visage des membres des teams que les choses étaient sérieuses. Quand on avait croisé Adrian Sutil (sorti peu de temps avant au même endroit que Bianchi), son visage était blême. Il avait assisté de tout près à l’accident et en voyant son visage, on avait tout de suite compris qu’on n’allait pas avoir de bonnes nouvelles. Je n’oublierai jamais cette image de Jules que j’ai croisé dans le paddock. Nous avons échangé quelques mots sur la météo qui allait peut-être offrir des opportunités aux plus petites équipes. Il était de bonne humeur parce qu’il avait signé le matin même pour Sauber. Étonnant aussi cette similitude avec Charles Leclerc, son ami, qui ne manque jamais de lui rendre hommage. Le monégasque qui fait partie de la Ferrari Driver Academy, qui est allé chez Sauber, qui va aller chez Ferrari où aurait sans doute atterri un jour Bianchi. Leclerc va donc poursuivre l’histoire inachevée de Jules.

Trop d'erreurs du team et des pilotes chez Ferrari

Enfin troisième point, le titre mondial avec sans doute une cinquième couronne pour Lewis Hamilton. Mercedes a commis des erreurs en début de saison, mais ils se sont "regroupés" pour être d’une incroyable efficacité. Les gris sont meilleurs sous la pression par rapport à Ferrari et à Sebastian Vettel qui a beaucoup perdu à Suzuka. Contrairement à beaucoup d’avis, je trouve que l’allemand a fait preuve de panache et d’audace au Japon. Il a sans doute un peu précipité sa manœuvre sur Verstappen en se rendant compte que le titre s’envolait. Mais quand on s’attaque au belgo-néerlandais, il faut redoubler de prudence. J’ai été surpris que Ferrari n’échange pas les positions entre Räikkönen et Vettel à partir du moment où Mercedes l’avait fait de manière très claire une semaine plus tôt en Russie. Voilà encore deux points de plus perdus pour l’allemand.

On se demande ce qui a coincé côté Scuderia depuis l’Italie où les deux Ferrari étaient en première ligne. Il y a les rumeurs de cet avantage en déploiement d’énergie à l’accélération qui aurait disparu. Y-aurait-il eu une intervention de la FIA ? Il y a les conséquences peut-être de la disparition du patron, Sergio Marcchione, avec en coulisses quelques luttes de pouvoir entre Arrivabene et Binotto. Il y a peut-être aussi la gestion du départ de Kimi Räikkönen. Il y a certainement aussi le manque d’un leader solide pour guider les troupes sous la pression. Y-a-t-il eu un développement moins percutant que Mercedes chez les rouges. Que pensez par exemple du fait que la Scuderia ait retiré au Japon certaines évolutions qui venaient d’être apportées. Il y a aussi eu des erreurs du team, des erreurs des pilotes. En tout cas côté Ferrari il n’y aura plus eu de titre depuis 10 ans alors qu’ils auront eu chez eux trois champions du monde rassemblant sept couronnes (Alonso, Räikkönen, Vettel). Comment dans ces conditions lutter avec un Lewis Hamilton au sommet de son art.

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