Formule 1 : Les bouteilles de champagne sur le podium, c'est terminé

Une nouvelle saison de Formule 1 va bientôt commencer (le 28 mars, à Bahrein). Et quelque chose va changer, il n’y aura plus de "douches" au champagne pour les trois premiers du classement de chaque Grand Prix.

Cela peut paraître anecdotique, et c’est forcément moins important que les performances sportives et le comportement des bolides. Mais cela faisait partie du décor, et de nos habitudes de téléspectateurs.

Le champagne reviendra peut-être un jour, parce que le principe n’est pas remis en question. Mais le contrat avec la firme qui fournissait les bouteilles n’a pas été renouvelé. La Maison Devavry n’a plus les moyens de s’offrir une telle visibilité. Parce que bien sûr, il fallait offrir énormément d’argent, plusieurs millions d’euros, pour gagner le droit d’être vu sur les podiums.

Des bouteilles, il y en aura encore, mais ce ne sera plus du champagne. Ce sera du vin pétillant italien. On verra si cela fera le même effet. Ce qui est amusant, c’est que le producteur de ce vin s’appelle Monsieur Ferrari. Rien à voir avec le constructeur automobile. Les mauvaises langues diront que malgré les résultats "moyens" de ces dernières années, Ferrari est assuré de monter sur le podium après chaque épreuve.

Une tradition née… à Reims

On a l’impression d’avoir toujours vu les vainqueurs des courses boire une petite gorgée de champagne. Et ce n’est pas seulement une impression. La première fois, c’était lors du Grand Prix de France 1950, disputé à Reims, la ville des bulles. Deux producteurs de champagne locaux, passionnés de courses automobiles, ont assisté à l’épreuve, et ont eu envie d’offrir une bouteille au vainqueur, Juan-Manuel Fangio. Ces deux hommes, des cousins, s’appelaient Paul Chandon Moët et Frédéric Chandon de Brailles (le fameux Moët et Chandon).

L’idée a été adoptée, y compris dans les autres courses, y compris dans les autres championnats. Mais à cette époque, et pendant longtemps, les vainqueurs se contentaient de boire une petite coupe.

Une habitude née d’un incident

Faire sauter le bouchon, s’asperger, éclabousser les autres pilotes et les spectateurs les plus proches, voilà une habitude née un peu plus tard.

En 1966, les organisateurs des 24 Heures du Mans ont oublié de réfrigérer la bouteille avant de l’offrir aux vainqueurs, le Britannique Colin Davis et le Suisse Jo Siffert. La chaleur et quelques manipulations ont fait sauter intempestivement le bouchon. Et le champagne a éclaboussé tout le monde.

L’année suivante, après les 24 Heures du Mans, le lauréat américain, Dan Gurney, s’est souvenu de ce petit incident. Et il a fait exprès de secouer la bouteille, pour arroser son entourage. Les photographes présents sur place ont adoré les beaux clichés que cela a donnés. Et on n’a plus jamais arrêté de faire sauter les bouchons de champagne sur les podiums.

Le geste s’est même quasiment "professionnalisé" au fil du temps. Les bouteilles utilisées étaient des Jéroboams, l’équivalent de quatre bouteilles ordinaires. Mais des Jéroboams préparés spécialement pour l’occasion. Il fallait toute une semaine de travail, et une vingtaine de manipulations, pour que l’on soit sûr de voir le bouchon sauter au bon moment, sans que le pilote doive se battre pour ouvrir la bouteille.

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