Ferrari, un navire en perdition...

Ferrari, un navire en perdition...
Ferrari, un navire en perdition... - © RTBF

Deux Grands Prix en deux semaines et déjà des enseignements à tirer. Le premier, c’est d’attendre d’autres circuits que le Red Bull Ring pour se faire une idée plus précise de la hiérarchie. Attendons Silverstone pour oser des jugements plus prononcés.

On peut néanmoins déjà confirmer, et ce n’est pas une surprise, que Mercedes reste l’épouvantail des saisons précédentes.

Bottas est leader du championnat mais Lewis Hamilton a démontré ce week-end que même s’il est accaparé par sa croisade contre le racisme, il reste plus que jamais focalisé sur sa volonté d’engranger une septième couronne mondiale.

Vous pouvez l’aimer ou ne pas l’aimer, là n’est pas la question, sa pole de samedi sous une pluie torrentielle restera comme un moment d’histoire qui écrit la légende des plus grands.

Et en course, il a survolé les débat... emballé, pesé... cela fait 85 victoires au compteur.

Red Bull a pu y croire avec Max Verstappen. Mais les températures moins élevées ce dimanche n’ont pas permis à la RB16 de rivaliser avec la Mercedes.

La Red Bull est la deuxième force du plateau mais elle est un rien capricieuse et manque de puissance pour mettre en échec les W11.

L'écurie devrait aussi pouvoir compter sur une seconde voiture pour tenter de contrer ses adversaires mais Albon est actuellement trop loin de son équipier. Il doit élever le niveau pour éviter de mauvaises surprises dans le futur.

L’Hungaroring à Budapest le week-end prochain devrait permettre de se faire une idée plus précise de la suite des festivités.

C’est a priori un terrain de jeu plus favorable pour les troupes de Christian Horner.

Reste le dossier Ferrari. Un désastre. C’est indigne d’une écurie qui fêtera en septembre son millième Grand Prix.

Les Rouges ont été largués deux week-end de suite, dans des conditions météo différentes, avec ou non des évolutions apportées en urgence.

Et en plus, les pilotes ont rajouté leur grain de sel en s’auto-éliminant dès le premier tour, ce qui est inacceptable. Si la voiture était bonne, sans doute que l’on éviterait ce genre de goutte d’eau qui fait déborder le vase. Hier c’est Leclerc qui a fauté. Il a eu l’élégance de le reconnaître.

N’empêche, après avoir dû être rappelé à l’ordre pour non respect du protocole sanitaire avec son aller-retour à Monaco entre les deux Grands Prix, voici un nouveau petit couac.

Je pense que Charles va découvrir la difficulté de la pression énorme d’être pilote Ferrari, surtout dans une période aussi compliquée. Et il ne faut pas croire que Carlos Sainz l’année prochaine lui facilitera la tâche, que du contraire, d’autant que l’espagnol n’aura rien à perdre.

Ferrari aurait peut-être eu besoin cette saison de toute l’expérience et d’une implication totale de Vettel dans ces moments de tempête mais l’allemand est sur le départ et inconsciemment moins concerné que s’il était sûr d’encore faire partie de l’aventure dans le futur.

En F1, il n’y a pas de magie, la situation est grave et les solutions pas vraiment évidentes.

Et en plus la Scuderia, à 61 points de Mercedes après deux Grands Prix, a perdu ce dimanche une opportunité unique de tester les évolutions en grandeur nature, de vérifier si au moins ils ne faisaient pas fausse route avec cette nouvelle direction de développement.

On a vu dans le passé que souvent, pour se donner un peu d’air dans une telle situation de crise, Ferrari sacrifiait l’une ou l’autre tête.

Je ne suis pas sûr que cela soit la solution, même s’il manque clairement un capitaine à la barre de ce navire en perdition. Chez Ferrari, quand ça tourne mal, souvent ça devient une spirale négative incontrôlable.

Il y a aussi ce moteur qui survolait les débats en alignant les pole positions la saison dernière et qui aujourd’hui toussote lamentablement.

La coïncidence est plus que troublante en tout cas. C’est depuis les directives techniques de la FIA que le bloc moteur Ferrari a perdu tout son éclat et cela ne se récupère pas en un claquement de doigts.

Une chose est claire, tout le monde est perdant dans l’aventure. La F1 a besoin d’une Ferrari jouant aux avant-postes.

Et si c’était leur chance... Ce n’est pas la première fois que subitement la raison d’état fait que certaines choses s’arrangent... de manière un peu étonnante. Mais c’était au temps de Bernie. Une autre époque...

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