F1 : Hamilton/Verstappen, digne des duels d’antan...

Plusieurs choses à pointer après ce deuxième GP aussi passionnant que le premier.

Je pense que dans quelques années on évoquera avec nostalgie ce duel homérique entre deux pilotes hors normes. Alors autant en profiter maintenant. Deux GP, une pole et une victoire partout. Un petit point d’écart dû au tour le plus rapide signé en fin de course par le champion du monde.

La pluie arrivée peu de temps avant le départ a complètement changé la donne et nous a privés de la bataille stratégique annoncée avec des choix de pneus différents. Troisième sur la grille, Verstappen (qui aurait été en pole si on avait assemblé ses trois meilleurs secteurs samedi) a de suite pris la direction des opérations.

Un superbe envol, un domaine bien travaillé pendant l’hiver, et un premier virage à la Verstappen, musclé et agressif, qui a laissé l’aileron avant de la Mercedes d’Hamilton un rien endommagé.

Une fois le moment de passer des gommes intermédiaires aux pneus slicks, décidé et réalisé, Verstappen, qui a bénéficié d’un pitstop un rien prolongé du côté d’Hamilton, a pris sa vitesse de croisière.

Mais le champion du monde était lui aussi sur un rythme effréné (la Mercedes semble bien gérer la dégradation des gommes) jusqu’au moment où, fait assez rare, il s’est un peu trop précipité dans le dépassement de Russell (tiens tiens...), continuant tout droit dans le bac à graviers.

Course terminée et perte catastrophique de 25 ou 26 points..., eh bien non. Jusqu’au boutiste Hamilton est parvenu à s’extraire un peu miraculeusement du bac en graviers, en enclenchant la marche arrière.

C’est interdit dans la pitlane mais pas ailleurs, tant que le pilote respecte les règles de sécurité élémentaires, ce qu’il a fait. Michael Masi, le Directeur de course, monitorait tout cela en suivant les échanges radio entre le pilote Mercedes et son team.

Le champion du monde reçut alors un coup de pousse bien involontaire de son équipier Bottas et de son peut-être futur équipier Russell qui dans leur embardée ont provoqué un drapeau rouge. Reparti neuvième, Hamilton a sorti le tout grand jeu pour remonter en deuxième position et sauver un maximum de points.

Verstappen, après sa grosse chaleur au redépart où il faillit perdre le contrôle de sa Red Bull, avait pris les devants pour s’imposer de brillante manière. Les deux pilotes et les deux voitures sont très proches, de quoi nous laisser espérer de bien belles empoignades.


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Leurs deux équipiers sont déjà largués. Pourtant en première ligne, Perez a eu tout faux dimanche. Départ loupé, erreurs multiples, il ne ramène aucun point, pas plus d’ailleurs que le malheureux Bottas éliminé par le terrible crash avec...Russell. Torts partagés et racing incident ont conclu les commissaires sportifs. 

En pneus pour piste sèche sur un tracé qui ne l’était pas encore tout à fait, les deux bolides se sont télescopés à vive allure. Chacun se rejetait la responsabilité. Toto Wolff, lui, s’est plutôt arrêté aux conséquences néfastes. Mercedes détruite, cela va donner beaucoup de travail et surtout pourrait mettre en péril certains développements prévus.

Pour le Patron des champions du monde, Russell aurait dû être plus prudent sachant qu’il se mesurait à une Mercedes, lui qui fait un peu partie de la Maison. Des risques inutiles qu’il va devoir s’atteler à ne pas répéter s’il veut se voir promu la saison prochaine.

On pourrait aussi s’interroger sur la raison qui voyait Bottas se débattre si loin dans le peloton. Visiblement son style de pilotage moins agressif que celui d’Hamilton le fait plus souffrir avec la mise en température des pneus.

Belle mention aussi au jeune Lando Norris qui signe son deuxième podium. Le pilote McLaren qui aurait pu s’élancer troisième sur la grille s’il n’avait pas dépassé de quelques petits centimètres les limites de la piste au virage 9, a fait une course magnifique, gérant parfaitement ses gommes tendres après le nouveau départ consécutif au drapeau rouge. S’il continue comme cela (4 à Bahrain, 3 à Imola), le jeune anglais (dont la Maman est belge) pourrait s’inviter progressivement dans le cercle des top pilotes.

Dernière chose, il est amusant de constater que, quelque soit leur talent, leur statut ou leur passé, les nouveaux pilotes dans leurs teams respectifs, ont tous encore besoin d’un peu de temps d’adaptation et sont actuellement devancés par leur équipier. On a déjà évoqué Perez chez Red Bull. C’est aussi le cas de Ricciardo face à Norris, de Sainz contre Leclerc, d’Alonso face à Ocon et de Vettel en comparaison avec Stroll.

Voilà qui souligne encore la complexité de ce sport où les moindres détails font la différence.

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