F1 France : Red Bull enfonce Mercedes

Une fois encore on a eu droit à un GP passionnant, ce qui ne fut pas toujours le cas au Castellet. Red Bull et Max Verstappen se sont imposés, augmentant leur avance respective aux deux championnats.

Toto Wolff a bien capté le message, cette saison il faudra vraiment se retrousser les manches pour espérer décrocher de nouveaux lauriers.

Sous pression comme jamais, l’écurie championne du monde commet plus d’erreurs que par le passé. Hier encore tout ne fut pas parfait, alors que pourtant Hamilton avait hérité de la tête de la course dès le premier virage suite à l’erreur du poleman.

Sans doute à cause d’une rafale de vent, d’un aileron avec moins d’appui et d’une piste qui avait été un peu lavée par les averses de la matinée, Verstappen est parti à la faute.

Tout s’est animé avec le pitstop de Bottas qui se plaignait de vibrations. On en était au 17ieme tour. Red Bull fut obligé de répondre en faisant rentrer Verstappen un tour plus tard (18ieme).

Pourquoi Mercedes n’a pas fait repasser Hamilton également par les stands ? Il serait ressorti devant et aurait forcé Verstappen à faire un dès lors hypothétique second stop en étant deuxième, ce qui est bien différent.

Mais les stratèges de l’écurie de Toto Wolff ont décidé de le laisser en piste un tour de plus, évaluant mal la dégradation des pneus et surtout ce que Verstappen allait réaliser dans son tour de rentrée et surtout de sortie.

Le pilote Red Bull, avec ses gommes plus fraîches, a pris 1 seconde 6 à Hamilton dans son outlap pour réussir l’undercut et reprendre la tête.

Tout n’était pas encore gagné pour autant et le champion du monde s’est mis à mettre une grosse pression sur le leader du championnat. On eut droit à quelques tours à un rythme de folie avec ces deux champions au sommet de leur art.

Verstappen fut le premier à avertir son team qu’il ne pourrait pas maintenir cette cadence jusqu’au bout. C’est là qu’intervient tout le génie tactique des troupes de Christian Horner.

Se souvenant de ce que Mercedes avait fait à Barcelone, ils ont rappelé leur pilote pour un second pitstop, au 32ieme tour, seulement 14 tours après le premier.

C’était tout de même risqué parce que Red Bull rendait ainsi la position de tête à Mercedes et contraignait son pilote à refaire un handicap de 18 secondes en 20 tours. Verstappen s’est donc relancé, avec des pneus plus frais, dans une course-poursuite effrénée pour réussir son pari dans l’avant-dernier tour.

C’est vrai qu’Hamilton n’a pas opposé une grande résistance mais ses gommes ne le lui permettaient pas et avec le DRS Verstappen l’aurait passé de toute manière dans la ligne droite suivante.

Certains se sont étonnés que Mercedes n’ait pas aussi basculé sur une stratégie à deux arrêts mais je ne crois pas que cela les aurait beaucoup aidés. En s’arrêtant en étant deuxième, Hamilton serait sorti derrière et en plus, il y avait Perez dans le chemin.

C’est la grande différence par rapport au passé, Red Bull peut désormais compter sur deux voitures dans ses options stratégiques. Ce que Mercedes ne peut même plus toujours se permettre, malgré le sacrifice du malheureux Bottas.

Un finlandais qui vociférait en vain pour qu’on l’écoute et lui octroie ce second stop qu’il appelait de toutes ses forces. À leur époque dorée avec Vettel, Red Bull s’était souvent distingué par son sens de la course, son racing spirit.

Mercedes peu habitué à devoir réagir ainsi dans l’urgence et plus accoutumé à faire confiance à leurs algorithmes et autres calculs savants souvent décisifs face à une concurrence peu pressante, s’est donc incliné sur un terrain favorable et devant la matière grise Red Bull et un pilote capable d’appliquer à la perfection toutes les données malgré une radio récalcitrante.

Sept épreuves déjà disputées, rien n’est encore acquis bien sûr, sauf la certitude que l’on vivra jusqu’au bout un exceptionnel mano a mano qui rappelle les plus belles heures de la discipline.

Rendez-vous déjà ce week-end pour l’épisode suivant dans les montagnes de Styrie.

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