F1 Espagne : Matière grise et coup de volant, échec à Max…

Quatre GP et trois victoires à une pour Hamilton dans son duel face à Verstappen. Quatorze points d’écart au championnat.

Quelle course encore, bien différente toutefois des précédentes. Sur la lancée de sa 100ième pole, le champion du monde signe son 98ième succès. Une victoire bâtie sur la stratégie de James Vowles et ses acolytes de chez Mercedes.

À la fois la matière grise exceptionnelle du team champion du monde et un pilote capable d’exécuter à la perfection les consignes données. Le cocktail est explosif. Avant même de commencer le week-end, les stratèges ont déjà échafaudé leurs plans. Mais la matière est mouvante et évolue au fil des événements.

Ayant gagné de toute justesse la bataille de la pole, Mercedes avait prévu plusieurs scénarios en se laissant même l’éventuelle possibilité de pouvoir basculer sur deux arrêts en gardant un train neuf et un train usagé de pneus Médium, la gomme la plus appropriée pour la course.

Red Bull de son côté avait un train neuf de Médium et un neuf de tendres. Au départ, Verstappen bouscule les plans en prenant le meilleur envol et en creusant l’écart.


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Lors de la safety car, balle au centre, on repart presque à zéro. Acte 3, Hamilton se fait un peu plus pressant et pousse Verstappen à rentrer. Acte 4, Max rentre mais de sa propre initiative, un tour plus tôt que prévu, provoquant un léger vent de panique au stand et surtout un pitstop coûteux de plus de quatre secondes.

Acte 5, Mercedes craignant de ne pouvoir réussir l’undercut laisse Hamilton en piste quatre tours de plus avant de le faire repasser par les boxes. On a donc les deux premiers sur les mêmes pneus Médium neufs mais ceux du pilote Mercedes sont plus frais de quelques tours.

C’est ici qu’intervient aussi le fait que Red Bull ne peut compter que sur une voiture pour affronter deux Mercedes, Perez étant trop loin pour pouvoir être d’une quelconque utilité. Cela donne en effet l’opportunité à Hamilton de switcher sur deux arrêts sans risquer d’être coincé par Perez. Les stratèges Mercedes flairent le bon coup et rappellent leur pilote pour le chausser de gommes Médium usagées dont ne disposait plus Verstappen.

Verstappen est toujours devant mais ses pneus commencent à se dégrader alors qu’Hamilton se lance dans sa nouvelle mission, boucler les 23 derniers tours à fond et combler un retard de 22 secondes.

Le Britannique est inégalable quand il se lance dans pareil défi. Il dépassera même son rival plus tôt que ce que prévoyaient les futés stratèges de son écurie. Pour cela il dut simplement doubler son équipier Bottas qui s’exécuta de plus ou moins bonne grâce.

J’ai beaucoup aimé alors le panache de Verstappen, battu mais s’octroyant un free pitstop également pour chausser des tendres neufs et s’arroger le point du tour le plus rapide. Au bout du compte, Mercedes et Hamilton infligent une nouvelle défaite à leurs adversaires.

C’est clair que par rapport à 2020, l’écart s’est considérablement réduit entre les deux écuries de pointe. C’est évident aussi que Mercedes avait moins à perdre, étant derrière Verstappen, en tentant le coup de cette stratégie à deux arrêts mais quand même, c’est un revers qui doit faire mal.

Je ne vous décris pas le visage du père Verstappen (Jos) dans le paddock après la course, par rapport à celui de Toto Wolff… ! Je pense que Verstappen réalise aujourd’hui à quel point Hamilton est fort et Red Bull à quel point Mercedes est une incroyable machine à gagner. Rien n’est encore perdu mais plus que jamais les troupes de Christian Horner vont devoir tutoyer la perfection pour entretenir leurs illusions.

Prochain épisode, sur le toboggan monégasque…

On a déjà envie d’y être…

 

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