"Dur dur pour Ferrari de gérer deux numéros 1"

Trois choses sur lesquelles je souhaite revenir au lendemain de ce 1.000ieme Grand-Prix de l’histoire en Chine. Une course un peu trop "procession" d’ailleurs.

D’abord il y a ce nouveau doublé Mercedes. Le troisième en 3 GP. Cela fait déjà 57 points d’avance sur Ferrari au championnat constructeurs. Toto Wolff nous disait qu’il ne s’attendait pas à dominer ainsi.

La Mercedes étincelante en virages compense allègrement ce qu’elle perd en ligne droite, annihilant l’avantage en vitesse de pointe de la Ferrari. L’image que je retiens du week-end Mercedes, indépendamment de voir Hamilton reprendre " les clés de la baraque ", c’est l’exceptionnel double changement de pneus réalisé en fin de course par l’écurie championne du monde. Quelle chorégraphie parfaite !

Wolff disait que c’était la solution la plus équitable pour ne pénaliser aucun de ses 2 pilotes mais que c’était risqué. Une exécution parfaite qui justifie, disait-il, les milliers de pit stops répétés inlassablement à l’usine. 

Un mot aussi pour le... Driver of the day, Alexander Albon, le pilote thaïlandais de Toro Rosso. Pour la deuxième fois de suite dans les points. Pas mal pour un rookie qui avait sérieusement planté sa monoplace samedi aux essais libres.

Pas de qualifications, départ de la pitlane, stratégie à un seul arrêt, très belle résistance face à Grosjean sur la fin, de 20ieme à 10ieme, le voilà qui supplante déjà son plus expérimenté équipier Kvyat retombé dans ses travers de " Torpédo "...

À terme, si Gasly ne hausse pas son niveau (ce qu’il commence à faire heureusement), il pourrait devenir une menace pour le français chez Red Bull. Et puis bien sûr, il y a la nouvelle polémique chez Ferrari avec pour la troisième fois en autant de Grand-Prix, des consignes en faveur de Vettel.

Au onzième tour, Ferrari demande à Leclerc, qui avait pris un meilleur départ, de laisser passer son équipier qui se prétendait plus rapide. Officiellement pour tenter quelque chose par rapport à Mercedes.

Leclerc s’est exécuté en laissant transparaître un léger agacement mais off the record, il a  clairement mal digéré cette requête. Le Patron s’est d’ailleurs, officieusement, excusé auprès du monégasque.

Une fois devant, Vettel s’est montré très brouillon. Blocage de roues, trajectoires trop larges, l’allemand n’a pas répondu aux attentes. En voulant le protéger, Ferrari se met et lui met encore plus de pression. Difficile à assumer pour le quadruple champion du monde.

C’est la première fois depuis de nombreuses années que la Scuderia doit gérer 2 numéros 1. Schumacher était privilégié, Alonso aussi et Vettel également lorsqu’il était aux côtés de Raikkonen. Pourquoi aussi avoir tant trainé pour faire repasser Leclerc par les stands en fin de course.

Si ce n’est pour protéger Vettel par rapport à Bottas. En agissant ainsi, les Rouges ont sacrifié Leclerc face à Verstappen. Et à la limite, pourquoi ne pas lui avoir alors chaussé des gommes plus tendres, histoire par exemple de s’adjuger au moins le point du tour le plus rapide.

Au-delà du buzz médiatique engendré par ces “team orders”, Ferrari voit les points défiler. Il faut trouver la parade pour ne pas laisser s’échapper Mercedes.

Et en même temps gérer cette cohabitation entre un champion du monde ébranlé par la présence de ce jeune loup et la nouvelle coqueluche du paddock qui n’acceptera plus d’être ainsi relégué au rang de faire-valoir... En coulisses, ça discute beaucoup.

Vivement l’Azerbaijan pour la suite du feuilleton.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK