Débriefing GP de Bahreïn : "Personne n'ose contrarier Alonso!"

Nouveau week-end très difficile pour Stoffel Vandoorne qui a connu de nombreux problèmes à Bahreïn. Le Belge était abattu à l’interview après n’avoir même pas pris le départ.

Ce que Stoffel a à faire, c’est rester prêt, rester fit mentalement, physiquement et extraire le maximum de la voiture dès qu’elle est en piste… et qu’elle fonctionne. Il ne faut surtout pas oublier que sans McLaren, Stoffel ne serait pas en F1. C’est quand même cette écurie qui a payé durant de nombreuses saisons.

Pour en terminer avec Vandoorne, quelques petites précisions sur le MGU-H, cette partie du "power unit " (l’unité de puissance) qui a amené tant de soucis au Belge (et à Alonso) et qui regroupe le V6 hybride, le turbo, les batteries et deux systèmes de récupération d’énergie : le MGU-K, qui récupère l’énergie cinétique dissipée au freinage et l’autre, le MGU-H, qui concerne l’énergie dissipée ou produite par les gaz d’échappement. C’est cet élément-là qui a donné tant de fil à retordre à McLaren le week-end dernier. Chaque pilote a droit à quatre unités de puissance sur la saison. Au-delà, les pénalités commencent à tomber, ce qui va sans doute bientôt commencer à handicaper Stoffel.

Alonso, électron libre

Au-delà des problèmes de fiabilité, il règne une ambiance un peu bizarre chez McLaren, un peu de désordre. D’abord, Fernando Alonso donne l’impression de faire ce qu’il veut. Il est très excité par le challenge des 500 miles d’Indianapolis. Honda lui accorde cette faveur, car cela permet de le garder. Cela veut dire aussi qu’Alonso ne croit pas à une évolution rapide de la McLaren. Et c’est vrai que dans le climat actuel, personne n’ose contrarier l’espagnol. Simple exemple anecdotique, dans l’écurie, tout le monde doit porter des pantalons, c’est la règle et le seul qui se balade en bermuda c’est … Alonso. En dehors de cela, il se lâche dans les communications radio, et encore seule une petite partie est diffusée. C’est assez incroyable ce qu’il ose dire.

En ce qui concerne l’équipe en tant que telle, au "meet the team ", un point presse McLaren organisé après la qualification samedi soir, il y a toujours les deux pilotes, quelqu’un de chez Honda, et un membre de la direction. Ici il y avait une chaise vide, parce que l’un des dirigeants était... allé chercher sa femme qui était égarée. Si Ron Denis était encore là, pas sûr que cela arriverait. Et pourtant, il faut que l’exemple vienne d’en haut et que l’implication soit totale à tous les niveaux, parce que les mécanos qui sont épuisés de changer sans cesse des moteurs doivent sentir que tout le monde tire à la même corde.

La consigne d’équipe (logique) chez Mercedes

Sur le podium, les deux Mercedes (Hamilon 2ème Bottas 3ème). Valtteri Bottas, évidemment déçu de ne pas avoir concrétisé sa pole position, a dû laisser passer son équipier, mais la consigne semblait plutôt logique. Dans ce cas-ci, c’était très particulier, les deux pilotes n’avaient pas les mêmes pneus. Bottas n’avait aucune chance d’aller chercher Vettel et Hamilton qui revenait sur son équipier finlandais avait des gommes neuves. Deux possibilités à ce moment : soit on les laissait se battre et Hamilton allait quand même passer Bottas, mais en trois ou quatre tours, le britannique aurait donc abîmer ses gommes et c’était fini. Soit il passait tout de suite et conservait une petite chance de victoire, et sans sa pénalité de 5 secondes, il aurait pu aller se battre pour la victoire avec Vettel, donc la consigne Mercedes est compréhensible.

Enfin, petit événement dans le paddock avec la présence de de Bernie Ecclestone. Il y avait énormément d’effervescence autour de lui à Bahreïn. C’était sa première visite depuis qu’il a été mis à l’écart et une question se posait : qu’est-il venu faire ? Ecclestone était accompagné de Flavio Briatore et on se demande vraiment ce qu’il a derrière la tête, ce qu’il prépare. Par ailleurs, il a eu cette déclaration incroyable : "J’admets que j’ai demandé un peu trop d’argent aux organisateurs de grands-prix vu le spectacle offert ". Il faut tout de même oser le dire. Et ça met indirectement en difficulté les nouveaux propriétaires de la F1, Liberty Media. Imaginez quand ils vont devoir aller renégocier les contrats, les organisateurs diront : "Même Bernie disait que c’était trop cher… ".

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