Boutsen : "Vandoorne a eu deux saisons en F1 pour démontrer son talent, il n'y est pas arrivé"

11 saisons d'affilée en F1 et 3 victoires en GP (Canada, Australie et Hongrie), Thierry Boutsen est le dernier pilote belge à avoir marqué de son empreinte la F1. Depuis qu'il a quitté la discipline reine des sports moteurs il y a 25 ans (1993), plus aucun pilote belge n'a réussi à briller en Formule 1.

Stoffel Vandoorne est le dernier exemple en date. Le Courtraisien a tout gagné ou presque dans les formules de promotion avec notamment un titre de champion en GP2. Au moment d'effectuer le grand saut en F1 avec l'écurie McLaren, la plupart des observateurs lui prédisait une grande carrière. Pourtant, après deux saisons à peine, l'aventure s'est finalement terminée en queue de poisson.

Quelles sont les raisons de cet échec et pourquoi les Belges ne parviennent-ils plus à s'illustrer en Formule 1 ? Pour Thierry Boutsen, il ne faut pas chercher trop loin : "C'est très simple. En fait, Stoffel Vandoorne a eu la chance de rouler pendant deux années en Formule 1. Il a donc eu la chance de pouvoir démontrer ce qu'il pouvait faire. Pour diverses raisons, il n'y est pas arrivé, mais il aurait dû au moins montrer qu'il était au moins aussi rapide que Fernando Alonso pour pouvoir garder sa place en F1. Le seul comparatif valable, c'est son équipier. Et son équipier a  toujours été devant avec une bonne 1/2 seconde à chaque fois, bien que parfois, en course, Stoffel ait roulé à la même vitesse qu'Alonso mais sinon il a toujours été derrière. Il y a plusieurs explications à cela : le pilotage, des problèmes techniques ou encore la voiture qui ne répondait pas aux attentes. Peu importe, Stoffel Vandoorne a eu deux saisons pour démontrer son talent et il n'y est pas arrivé. C'est dommage pour lui car sa carrière en F1 va s'arrêter maintenant."

Une analyse sans concession de la part du dernier pilote belge vainqueur d'un Grand Prix, même s'il le regrette sincèrement : "Bien sûr que cela m'attriste car Stoffel a le talent pour y être. J'en suis persuadé, mais il n'a pas réussi à le prouver, et la F1, c'est comme ça. Un univers impitoyable. Les pilotes sont comme des kleenex. On s'en sert quand ils sont bons et puis, dès qu'ils sont un peu moins bons, on les met dehors."

"La Formule E, une alternative à prendre au sérieux"

Thierry Boutsen admet toutefois que Stoffel Vandoorne ne manque pas de talent comme il l'a prouvé dans les autres catégories de monoplaces même si selon lui, le Courtraisien n'était peut-être pas encore prêt à franchir le pas :"Je pense que le côté psychologique a joué un rôle. A partir du moment où ça marche moins bien que prévu, on commence à se poser des questions. On se tracasse et puis on gamberge suite aux difficultés qui se présentent. Donc, on n'est pas dans un bon état psychologique pour être performant. Je pense toutefois que si Stoffel se reprend en Formule E et commence à gagner des courses, il sera plus fort psychologiquement. Il pourrait alors peut-être revenir en F1 et dominer son sujet mais pour l'instant il n'y est pas arrivé. Du moins, pas encore."

Vous pensez donc que Stoffel Vandoorne pourrait revenir un jour en F1 ? "Qui sait, il y est bien arrivé une fois. Pourquoi pas une seconde fois, mais cela dépend de lui."

En attendant, Stoffel Vandoorne va donc rouler dans le championnat de formule électrique l'an prochain. Une opportunité pour Vandoorne de démontrer qu'il n'a rien perdu de ses qualités...

"C'est une des solutions, bien sûr. Il y a beaucoup d'anciens pilotes de F1 ou de futurs ex-pilotes de F1 qui roulent en Formule E. C'est donc une alternative à prendre au sérieux. Stoffel devra se montrer et gagner un maximum de courses. S'il y arrive, il aura alors peut-être une chance de revenir en F1."

Thierry Boutsen, qui reste à ce jour le dernier pilote belge à avoir réussi en Formule 1, laisse donc la porte ouverte même s'il sait pertinemment bien que les probabilités sont minces de revoir un jour Stoffel Vandoorne au volant d'une F1... "Il y a toujours des circonstances qui font que ça marche ou non. Au risque de me répéter, cela dépend bien sûr des qualités du pilote mais aussi de sa personnalité, sans oublier l'écurie pour laquelle on roule et l'équipe qui vous entoure. C'est très complexe et compliqué à la fois. Pourtant, c'est au pilote à maîtriser tout cela. En ce qui me concerne, j'estime avoir eu beaucoup de chance puisque j'ai bénéficié d'une aide incroyable de la Belgique entière qui était derrière moi pour me pousser à réussir. Sans cela, je ne suis pas certain que j''aurais effectué une telle carrière en Formule 1. C'était vraiment une époque fantastique."

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