Bilan F1 : Ferrari, Sebastian Vettel, Valtteri Bottas... Nos "flops" de l'année 2020

La plus grosse contre-performance de la saison 2020 de Formule 1, elle est sans conteste à mettre à l'actif de Ferrari, l'équipe la plus titrée en F1. Pas la moindre victoire pour la Scuderia, et une modeste sixième place au Championnat des Constructeurs.

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"Ferrari dans cette position, c’est catastrophique !, martèle Gaëtan Vigneron. Je le dis souvent, nous sommes tous perdants dans ce cas de figure. Je suis neutre, mais cela me fait mal. J’aimerais voir Ferrari devant, j’aimerais voir Ferrari se battre avec Mercedes et Red Bull... Ils ne peuvent pas être complètement largués, hors des points... Ils ont de temps en temps fait illusion, mais ils finissent très loin. C’est inquiétant, même pour le futur. Il faut remettre de l’ordre dans la baraque, et aujourd’hui, je n’ai aucune garantie là-dessus pour le moment. Chez Ferrari, il y a des époques où on court dans tous les sens comme un coq sans tête. Rappelons que Michael Schumacher, en son temps, avait tout fait pour partir au début de son aventure chez Ferrari, et qu’il avait fallu du temps à Jean Todt et Ross Brawn pour mettre de l’ordre et de la discipline dans la Scuderia, avant que cela devienne une machine à gagner. J’espère pour eux qu’on va arriver à ça, mais c’est inquiétant !"

"Je pense que l’explication aux mauvaises performances de Sebastian Vettel, il faut la chercher avant même le début de la saison. On lui a appris par un coup de fil, alors qu’il n’y avait pas eu de réelles négociations, qu’il serait remplacé par Carlos Sainz en 2021. Il ne s’y attendait pas ! Il est assez sensible, et il a été détruit par Ferrari. En l’espace de quelques mois, il est passé de N.1 à "un des deux N.1", puis à N.2. Cela n’a pas été facile à vivre pour lui. La voiture était extrêmement compliquée à piloter, et puis, il y avait un extraordinaire pilote en face, Charles Leclerc. Lui n’avait rien à perdre. Il est très fort, malin, et sous ses airs de gentil petit Monégasque, c’est un tueur ! Ce sera d’ailleurs intéressant de le voir face à Carlos Sainz en 2021, parce que là, c’est l’Espagnol qui n’aura rien à perdre. Pour en revenir à Sebastian Vettel, il avait besoin d’une voiture qui convient à son style de pilotage, tout était ligué contre lui. Il devait aussi penser à son avenir, et les portes se refermaient les unes après les autres. Il devait vivre avec tout ça, avec le coronavirus, avec trois jeunes enfants, ses 33 ans... face à un jeune de 22-23 ans qui fonce tête baissée. Je suis curieux de voir si Sebastian Vettel va rebondir ou pas chez Aston Martin en 2021."

Valtteri Bottas et le traumatisme de Sakhir...

Valtteri Bottas a lui décroché deux victoires en 2020 et un nouveau "titre" de vice-Champion du Monde, mais il a été dominé par son coéquipier Lewis Hamilton. Et lorsque le septuple Champion du Monde a été contraint de déclarer forfait à Sakhir, il s'est fait "ridiculiser" par George Russell, qui ne débarquait pourtant pas chez Mercedes dans les meilleures conditions.

"Valtteri Bottas, avec la même voiture que Lewis Hamilton, s’est retrouvé complètement largué en 2020 si on ne regarde que le bilan chiffré. Je pense sincèrement que c’est un très bon pilote, il n’était d’ailleurs globalement pas loin de Lewis Hamilton en qualification. C’est vrai qu’il a parfois joué de malchance, mais en fin de saison, off the record, certains chez Mercedes m’ont dit qu’il était touché mentalement, qu’il accusait le coup, qu’il commençait à perdre ses nic nac. Et puis, arrive George Russell chez Mercedes à Sakhir... Là, on se dit qu’il doit prendre le dessus et montrer que c’est lui le maître... quand le vrai maître n’est pas là. Et c’est l’inverse qui se passe... OK, il n’a pas eu de chance, mais tout le monde parle du week-end de George Russell et pas du week-end de Valtteri Bottas. Il était de nouveau derrière, ou en tout cas pas devant comme il aurait dû l’être. Cela dit, Lewis Hamilton est très content d’avoir Valtteri Bottas à ses côtés, ils ont une certaine harmonie qui n’a jamais existé avec Nico Rosberg. George Russell associé à Lewis Hamilton chez Mercedes, ce serait génial, mais cela risquerait de faire des étincelles. L’an prochain, soit Valtteri Bottas élève carrément son niveau, soit il s’apprête à laisser sa place à George Russell en 2022."

Alex Albon, une saison complète et puis s'en va...

Enfin, c'est devenu une habitude chez Red Bull, le N.2 n'a pas fait le poids face à Max Verstappen. Après des débuts très prometteurs en 2019, Alex Albon est passé sous le rouleau compresseur néerlandais en 2020. Il ne sera plus "que" pilote de réserve en 2021, puisque Sergio Perez sera titularisé aux côtés de Max Verstappen.

"Alex Albon, il n’est pas mauvais, comme n’était pas mauvais Pierre Gasly (son prédécesseur chez Red Bull), on en a eu la preuve cette année. Mais Max Verstappen, c’est une bête, un animal. C’est le N.1 chez Red Bull, tout est fait pour lui, c’est très difficile d’être son coéquipier. Mais Alex Albon était trop loin de Max Verstappen en qualification, et en course, il n’était d’aucune aide à Red Bull pour, par exemple, mettre la pression sur Mercedes via des choix stratégiques audacieux. C’était deux Mercedes contre une Red Bull, et si Red Bull veut lutter, ils ont besoin de deux voitures à l’avant."

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