Bilan F1 2019 : Hamilton au sommet de son art, les jeunes loups montrent les crocs

Onze victoires et un sixième titre mondial : le Britannique Lewis Hamilton a affolé les statistiques en 2019 et s'est rapproché à grands pas de quelques-uns des records légendaires encore détenus par Michael Schumacher.

Et pourtant, sa voiture, la Mercedes W10, n'a pas été la plus rapide durant toute la saison et a souvent été malmenée par ses rivales, la Ferrari SF90 et, dans une moindre mesure, la Red Bull RB15.

Mais souvent, la stratégie et la fiabilité développées par l'écurie allemande conjuguées aux erreurs et aux défaillances de la Scuderia ont fait la différence...

De Melbourne au Castellet, Mercedes assomme la concurrence

Avec huit victoires et six doublés lors des huit premiers Grands Prix alors que les essais hivernaux de Barcelone avaient - comme souvent - semblé favorables à Ferrari, Mercedes a rapidement pris le large aux championnats pilotes et constructeurs grâce à une alchimie parfaite entre Lewis Hamilton, Valtteri Bottas et les têtes pensantes de l'équipe allemande.

Mais pourtant, dès le deuxième Grand Prix - et son deuxième Grand Prix au volant d'une Ferrari -, Charles Leclerc, 22 ans, aurait pu (et dû) convertir la première pole position de sa carrière en victoire sans une défaillance du moteur italien. La Scuderia aurait même pu (et dû) signer un doublé, mais Sebastian Vettel est parti en tête-à-queue alors que Lewis Hamilton le mettait sous pression.

Résultat des courses : première victoire de la saison pour le Britannique devant son coéquipier Valtteri Bottas, vainqueur à Melbourne, et leader du championnat au soir de trois des quatre premiers Grands Prix.

Mais le Finlandais va rapidement devoir laisser s'envoler son quintuple Champion du Monde de coéquipier : trois pole positions et quatre victoires consécutives pour Lewis Hamilton à Barcelone, Monaco, Montréal et au Castellet. Et au Canada, c'est Sebastian Vettel, le plus rapide lors des qualifications, qui se serait imposé s'il n'avait pas écopé d'une pénalité de cinq secondes pour avoir coupé une chicane alors qu'il défendait sa position face à son rival britannique. Sa réaction après la course est encore dans toutes les mémoires...

L'été redistribue les cartes et déchaîne les passions

Max Verstappen et Red Bull ont été les premiers à briser l'hégémonie Mercedes le dimanche. Lors d'un Grand Prix d'Autriche à couper le souffle, le Néerlandais de 22 ans est sorti vainqueur d'une bagarre d'anthologie avec Charles Leclerc, qui avait signé la veille la deuxième pole position de sa carrière, et a ainsi offert au moteur Honda sa première victoire depuis 2006, une éternité...

Le Grand Prix de Grande-Bretagne a lui été marqué par l'incident entre Max Verstappen et Sebastian Vettel. Alors que Valtteri Bottas était allé cueillir samedi sa troisième pole de la saison, Lewis Hamilton a profité des circonstances de course pour s'imposer à domicile avec un boulevard d'avance.

Le Britannique a ensuite retrouvé l'ivresse de la pole position à Hockenheim, mais lors d'un Grand Prix d'Allemagne mémorable et marqué par la pluie, Max Verstappen est allé chercher sa deuxième victoire de la saison après de multiples sorties de routes et abandons.

Mais en Hongrie, alors que le Néerlandais venait de décrocher la première pole position de sa carrière, Lewis Hamilton a une nouvelle fois contre-attaqué et tiré le maximum d'une stratégie audacieuse pour remporter sa huitième victoire en douze Grands Prix, de quoi passer la trêve estivale relax...

Ferrari de retour au sommet dès Spa-Francorchamps

Privée de victoire lors des douze premiers Grands Prix, la Scuderia Ferrari a repris la compétition pied au plancher en Belgique. Pole position et première victoire acquise dans des conditions très particulières pour Charles Leclerc qui avait perdu son ami Anthoine Hubert la veille, décédé après un énorme crash lors de la course de F2.

Le Monégasque a récidivé à Monza devant des tifosi hystériques, alors que Sebastian Vettel a ensuite décroché sa première victoire en plus d'un an à Singapour.

Alors qu'on pensait la Scuderia remise sur de bons rails, ses trois pole positions suivantes se sont soldées par autant d'échecs, Lewis Hamilton s'imposant en Russie et au Mexique, et Valtteri Bottas au Japon.

Sacré à Austin après une nouvelle victoire du Finlandais, Lewis Hamilton a ensuite assuré le spectacle à Interlagos, sur les terres de son idole Ayrton Senna, où Max Verstappen a fait étalage de son talent en concrétisant sa pole position en victoire. Lors d'un Grand Prix du Brésil au final complètement dingue, Pierre Gasly (Toro Rosso) s'est emparé de la deuxième place, et Carlos Sainz (McLaren) de la troisième...

Enfin, pour terminer sa saison de rêve en apothéose, Lewis Hamilton a renoué avec une pole position qui lui échappait depuis juillet à Abu Dhabi avant de la concrétiser en victoire le 1er décembre dernier...

Et les autres ? Renault et Racing Point en difficulté, McLaren revit

Quelle drôle de saison pour Pierre Gasly... Titularisé chez Red Bull en début d'année, le Français n'a jamais réussi à rivaliser avec Max Verstappen et a switché de baquet avec le rookie Alex Albon, auteur de bons débuts chez Toro Rosso, après la trêve estivale. Après avoir repris confiance chez les Italiens, le jeune pilote de 23 ans est monté pour la première fois de sa carrière au Brésil, où il a terminé à une incroyable deuxième place.

Constat à peu près similaire pour Carlos Sainz : troisième au Brésil après la pénalité infligée à Lewis Hamilton, l'Espagnol s'est offert un premier podium à 25 ans et il a terminé à une brillante sixième place au championnat. Lui et Lando Norris, très convaincant pour sa première saison en F1, ont multiplié les bonnes performances pour installer McLaren derrière les trois top teams, à la quatrième place du championnat constructeurs.

Une quatrième place que revendiquaient Racing Point, Renault, Alfa Romeo voire Haas, mais ces trois équipes n'ont pas répondu aux attentes en 2019. Pour les Français, qui disposent d'un gros budget, il s'agit d'une véritable claque. Nico Hülkenberg sera d'ailleurs remplacé par Esteban Ocon aux côtés de Daniel Ricciardo la saison prochaine.

La grille 2020 sera d'ailleurs assez similaire à celle de cette fin d'année, puisque le seul autre changement concerne l'écurie Williams, où Robert Kubica laissera son baquet à Nicholas Latifi. Le Polonais, véritable miraculé après son accident de rallye en 2011, espérait un meilleur dénouement à sa belle histoire, lui qui luttait depuis des années pour retrouver le volant d'une Formule 1. Mais il a été largement dominé par son coéquipier, le Britannique George Russell, protégé de Mercedes, dans la bagarre entre les deux plus mauvaises monoplaces du plateau. Seule éclaircie dans la grisaille, son point conquis à l'arrivée du Grand Prix d'Allemagne disputé dans des conditions apocalyptiques.

2020, l'année de la stabilité avant celle des grands changements

Avant la profonde modification du règlement technique qui verra le jour en 2021, la situation devrait être relativement stable en 2020, puisque les monoplaces ne changeront quasiment pas et que les pneus de la saison écoulée seront les mêmes l'an prochain.

Mercedes, Ferrari et Red Bull pourraient donc continuer à se partager les victoires, avec un début de saison qui devrait, logiquement, ne plus être aussi dominé par Lewis Hamilton et Valtteri Bottas...

Le calendrier sera pour la première fois riche de 22 Grands Prix, avec un retour aux Pays-Bas, à Zandvoort, et l'apparition du Grand Prix du Vietnam, à Hanoï. Seul le rendez-vous allemand (Hockenheim) disparaît.

Lewis Hamilton, qui fêtera ses 35 ans le 7 janvier, aura une très belle opportunité d'égaler les sept titres mondiaux de Michael Schumacher et/ou de dépasser son record de 91 victoires, un record que l'on pensait à jamais inaccessible. Mais avec 84 succès au compteur, impossible n'est pas Lewis... 

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