Anecdotes F1 : Je n'oublierai jamais le regard de ces gens à New Delhi

La F1 reprend ses droits en Autriche le week-end prochain. Nous en parlerons tout au long de la semaine.

Les anecdotes de mes carnets vont être un peu mises en veilleuse mais il en reste beaucoup en magasin et nous en reparlerons à l’occasion. Avant de basculer sur le GP d’Autriche, en voici une petite dernière.

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Nous sommes en Inde en 2011, l’Inde qui accueille son premier GP sur le Budh International Circuit à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, New Delhi. Il y en aura 3 éditions, toutes remportées par Sebastian Vettel.

Le circuit n’était pas complètement fini, les bâtiments non plus. Je me rappelle ainsi d’escaliers ne menant nulle part, juste le vide au bout de quelques rampes, on avait croisé quelques rats le soir dans le paddock, les cabines commentateurs étaient minuscules, complètement opaques, sans fenêtres, les connexions étaient catastrophiques, les lignes avec la Belgique sautaient tout le temps.

Mais le plus impressionnant, ce fut d’abord le trajet depuis l’aéroport à Delhi jusqu’à Greater Noida où nous logions. La folie. Nous avions un chauffeur mais le code de la route là-bas n’existe pas.

Une circulation dingue, des voitures qui dépassent de tous les côtés, d’autres et surtout des camions qui arrivent en sens inverse sur l’autoroute, on s’est vu mourir plusieurs fois, un concert ininterrompu de klaxons, des vaches allongées sur l’autoroute.

La vache est sacrée dans cette partie du monde, considérée comme notre mère nourricière. Elle est omniprésente, partout, aux carrefours, sur les routes et autoroutes et c’est elle qui fait la loi.

Pas question de la bousculer. Tout le monde est à l’arrêt, des embouteillages monstres se forment mais c’est elle et elle seule qui décide du moment de bouger et de laisser le passage.

Nous étions fin octobre, c’était la fête de Diwali, la fête des lumières qui donnait un cachet un peu irréel au décor. Nous avions eu l’opportunité d’aller tourner quelques images à Delhi. Que de contrastes, de richesses et de pauvretés...!

Avec notre guide, nous avions pu découvrir certains endroits peu communs, croiser tant et tant de démunis. Je n’oublierai jamais leurs regards...

Des gens sans rien, avec moins que rien mais aucune agressivité, presque une sorte de sérénité.

Grâce à notre accompagnant, on avait pu échanger quelques mots avec certains. Une expérience de vie unique, qui marque à jamais, qui recadre et remet certaines choses en place.

Mais le plus impressionnant, c’étaient ces regards, cette étincelle dans les yeux alors que la misère était écrasante.

Et ce discours... presque optimiste disant que si la situation actuelle était pénible, c’était sans doute la conséquence d’une vie antérieure et qu’il était primordial de pouvoir gérer la période présente pour se garantir un bon futur.

On nous avait expliqué leur manière de penser, leur croyance en la réincarnation.

Les bonnes actions d’une existence antérieure améliorent les conditions de vie de l’existence à venir, on est la cause unique de son bonheur ou malheur, naître humain est une chance à ne pas gaspiller... nous avons étés, nous sommes et nous serons...

Je vous assure, c’est très impressionnant à vivre... Le GP d’Inde a disparu du calendrier mais je repense souvent à tous ces regards croisés à Delhi...

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