4h25 à commenter seul en direct et autres anecdotes du GP F1 du Canada

Ce week-end nous aurions dû avoir le GP du Canada, lui aussi postposé à cause du Covid 19.

Sur notre site Maxime Berger vous proposera en images quelques archives sur quelques éditions mémorables. De mon côté je vous ai pointé 4 petites anecdotes vécues au GP du Canada.

La première est inévitablement liée à l’édition 2011. Le GP le plus long de l’histoire. 

J’étais seul, dans ma cabine exiguë le long de la piste à la dernière chicane. Ce fut un GP de folie, dans des conditions dantesques, avec une météo déplorable et un drapeau rouge qui a duré 2 heures.

Je suis resté en direct pendant 4h25... alors que pendant cette longue interruption il ne se passait rien. Je parlais, je parlais et moins il se passait de choses et plus je recevais des messages. On a d’ailleurs constaté que les téléspectateurs venaient aux nouvelles et les courbes d’audience augmentaient.

Heureusement tout le monde a été récompensé avec un final de GP phénoménal.

La deuxième anecdote se passe en 2014 où le régional de l’étape, Jacques Villeneuve m’invite en privé avec quelques amis à Lasalle dans la banlieue de Montréal pour découvrir en primeur le vin qu’il allait lancer, "La Fièvre" avec le numéro 27 évidemment sur la bouteille. Un Sangiovese Cabernet Sauvignon ma foi bien agréable.

Une formidable soirée avec un champion du monde de F1 avec qui j’ai toujours entretenu de bons rapports. Le côtoyer chez lui au Québec rajoute encore quelque chose.

Il est très amusant de voir comment il peut passer de l’accent français au québécois et vice versa dans la même phrase en fonction de l'interlocuteur à qui il s'adresse.

C'est vrai que nos amis québécois ont certaines formules bien à eux : le char qui s'arrête au puits et ce n'est pas pour manger un chien chaud... la voiture s'arrête au stand et ce n'est pas pour manger un hotdog...

En 2017, notre pilote multiple vainqueur des 24 heures de Francorchamps notamment, Jean-Michel Martin, était sur le Circuit de l’Ile Notre-Dame avec sa Tyrrell 009 de 1978, pilotée autrefois par Didier Pironi, dans la course des F1 Historic.

Jean-Mich avait réalisé la pole, avait terminé 2ème de la première course mais il était sorti dans le mur lors de la seconde.

Drapeau rouge... assez longue extraction... héliporté vers l’hôpital... heureusement les nouvelles furent vite plutôt rassurantes même s’il a dû être rapatrié et opéré au talon en Belgique.

Je me rappelle avoir dû appeler son épouse Marie-Caroline, en tenant compte du décalage horaire, à la fois pour la prévenir mais aussi la rassurer. Des moments particuliers dont on se souvient.

Notre voyage retour avait d’ailleurs aussi été perturbé.

Je voyageais avec Stoffel Vandoorne et notre avion avait été retardé. Pour un souci technique d’abord (c'est classique) puis le préposé avait plus tard annoncé au micro (je vous jure je n’invente pas) qu’il y avait... une tempête de neige à Bruxelles !

Tellement énorme que j’avais été le trouver en lui expliquant que la Belgique était peut-être un pays à part mais qu’il n’y neigeait pas en plein été. Finalement on est parti avec plus de 4 heures de retard.

Enfin rapidement un écho de l’édition de l’année dernière et de la polémique Vettel vainqueur mais qui se voit infliger une pénalité de 5 secondes pour retour en piste non réglementaire, ce qui donne la victoire à Hamilton.

Je me souviens des débats houleux que cela avait occasionnés à la fois dans le paddock et chez les téléspectateurs et autres adeptes des réseaux sociaux.

J’avais pris position en invoquant la loi et l’esprit de la loi.

Aujourd’hui encore, peut-être parce que je suis juriste, je privilégie toujours l’esprit de la loi qui permet, me semble-t-il,  d’avoir plus de hauteur sur un cas à juger.

Cet incident fut en tout cas le déclic d’une approche un peu différente des commissaires sportifs avec l’adoption du fameux "Let them race" dont je reste un partisan convaincu.

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