WRC : Yves Matton: "Monza ne va pas être une épreuve facile"

Cette semaine, la Belgique aurait dû accueillir le championnat du monde des rallyes, un rêve que les amateurs de la discipline attendent depuis des années. Le Ypres Rally Belgium, contexte sanitaire oblige, n'aura pas lieu en 2020. Ce n'est peut-être que partie remise...

Entretien avec le Belge Yves Matton. Le directeur rallye à la FIA  évoque aussi Monza, Elfyn Evans et le futur de la discipline.

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© world, McKlein

"Dans cette période compliquée, il faut rester positif. On avait un projet de manche mondiale en Belgique, c’est quelque chose d’assez exceptionnel. Même si le rallye n’a pas eu lieu en 2020, on a ouvert des portes pour le futur et le dossier remis aux promoteurs et à la FIA avec cette épreuve traversant la Belgique est un dossier qui pourra nous permettre dans le futur d’avoir une manche wrc. C’est cela qu’il faut retenir, il y a une opportunité et ce n’était pas le cas dans le passé. Cela fait 15 ou 20 ans qu’on attend un rallye wrc en Belgique, maintenant on est dans la place, il y a des possibilités. Il faudra voir dans le futur en fonction des contraintes Covid, des contraintes gouvernementales et des aides que l’on pourra avoir des Régions et des gouvernements locaux. Pour le moment le Ypres Rally Belgium est une épreuve réserve dans le calendrier mais tous les acteurs doivent travailler ensemble, la Fédération, les différentes régions, les différents gouvernements, c’est seulement si tous les acteurs travaillent main dans la main qu’on pourra avoir cet événement chez nous.

Pour ce qui est de l’annulation du Ypres Rally Belgium, il était vu le contexte impossible d’organiser une épreuve comme celle-là en Belgique. Même si les choses vont un peu mieux, on est encore très proche du pic. Il faut avant tout penser à la santé des Belges et au milieu hospitalier qui est sous forte pression depuis de longs mois, le sport passe après."

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"Monza mérite sa place dans le wrc"

"Pour le moment tout est en place pour que Monza ait lieu et aussi bien la Fédération italienne que l’équipe organisatrice sont confiants. Aujourd’hui avec les restrictions imposées dans le pays, il n’y a aucune remise en cause de cette épreuve.

Il y a neuf mois c’était impensable d’avoir un rallye de ce type. Peut-être que Monza va nous amener une nouvelle approche pour développer le wrc dans des pays comme les Etats-Unis où on doit peut-être amener plus de show que de sport. On aurait proposé Monza il y a quelques mois, personne n’aurait étudié la question. Cette flexibilité qui nous a été imposée peut ouvrir des réflexions pour le futur qui seront intéressantes pour le sport. Monza, c’est dans l’ADN de la discipline si on se rappelle les Mickey Mouse stage en Grande-Bretagne et tout le monde trouvait ça génial. Maintenant que c’est sur un circuit, des personnes doutent que ce soit dans l’ADN, moi je ne pense pas. Pour moi l’ADN du rallye, c’est que les pilotes soient capables de rouler n’importe où, dans n’importe quelle condition, sur n’importe quelle surface. Ici, une partie du rallye va se passer sur un circuit, l’autre sur des spéciales plus traditionnelles. Les organisateurs ont fait énormément d’efforts pour utiliser le moindre recoin du circuit. Ca ne va pas être une épreuve facile, on tirera les conclusions après l’épreuve mais je pense que Monza sera intéressant et ce sera aussi une épreuve de clôture du championnat qui mérite sa place."

"Evans mériterait tout à fait son titre"

"Plus on a d’épreuves plus ça donne de valeur aux titres. Ce serait dommage d’arrêter le championnat aujourd’hui sans pouvoir avoir une épreuve finale et fêter dignement le titre constructeur et le titre pilote. Mais d’un autre côté même si on n’a pas de rallye à Monza les titres seront attribués.

Au règlement, il n’y a pas un nombre de rallyes minimum. C’est quelque chose qui va être proposé au conseil mondial à partir de l’année prochaine, qu’il ait 50% du calendrier initial qui soit disputé pour accorder des titres. Ce sont des choses qu’on apprend dans des situations de crise comme on vit pour le moment. Cela permet de modifier et d’améliorer le règlement, il y a quelques mois il était inimaginable qu’un calendrier de 14 manches soit amputé de la moitié de ses épreuves, ce n’était jamais arrivé.

Elfyn Evans est en tête du championnat après 6 épreuves, il a gagné la Suède en début de saison, un rallye certainement pas simple. Il mérite son titre, je dirais même que son transfert chez Toyota a été une révélation, il avait montré de belles choses dans le passé mais pas cette pointe de vitesse qu’il a pour le moment avec la fiabilité au niveau de ses performances. Il mérite tout à fait son titre.

C’est aussi une famille qui a toujours été baignée dans le rallye, c’est un titre qui serait mérité et légitime dans le monde du wrc."

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3 constructeurs en 2022?

"Je suis confiant, les 3 constructeurs seront avec nous en 2022 pour ce nouveau championnat et l’introduction de la nouvelle voiture, la Rally 1 qui est une voiture hybride. C’était aussi une demande des constructeurs, presque une condition sine qua non d’être présent et de pouvoir utiliser le WRC comme outil marketing. On est en train de finaliser les derniers détails, j’espère qu’on pourra officialiser dans les jours à venir le championnat 2022 et l’engagement qu’on a demandé aux constructeurs pour 3 années. C’est une approche nouvelle, une collaboration entre les constructeurs, les promoteurs et la FIA pour la pérennité du championnat.

Si ça a pris plus de temps que prévu, c’est avant tout à cause de la situation, si on n’avait pas eu cette crise, on aurait pu finaliser plus rapidement. Dans une période incertaine pour tout le monde et certainement pour les constructeurs qui ont des difficultés pour avoir une vision à moyen et long terme sur le marché. On a travaillé sur l’aspect budgétaire notamment, sur le concept, pour avoir des voitures qui ont un coût de construction mais surtout d’entretien qui était plus faible qu’actuellement. Ca a pris plus de temps, c’est vrai, mais l’important c’est qu’au final on ait trouvé les solutions avec les différentes parties pour pouvoir avoir cette nouvelle règlementation hybride."

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