L'ex-champion belge de motocross Joël Robert est décédé

Joël Robert nous a quittés ce mercredi. L’ex-champion de motocross belge, en mauvaise santé depuis plusieurs années a succombé des suites d’une infection au Coronavirus, il avait 77 ans.

Evoquer Joël Robert, c’est raconter l’un des plus grands sportifs belges du vingtième siècle. Il était de la trempe d’Eddy Merckx, de Jacky Ickx ou de Paul Van Imst. "L’enfant terrible du motocross", comme on le surnommait, est né le 24 novembre 1943 au sud de Charleroi, à Grandrieu, dans l’entité de Sivry-Rance. Une famille où l’on vit et où l’on respire " moto ". Dès l’âge de 7 ans, il reçoit sa première machine. C’est l’époque où tout n’est pas encore interdit.


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Le petit Joël accumule les heures de roulage quelle que soit la météo. La pluie, le soleil, la boue, la poussière, Joël Robert se forme et devient un pilote très complet. Il débutera la compétition à 17 ans. On est très loin des " babies champions " d’aujourd’hui. Une autre époque !

En 1964, il parcourt le monde des Grand-Prix seul avec sa petite voiture et la moto sur la remorque. Les sponsors, on ne connaît pas ! Il décroche cette année-là son premier titre mondial qu’il fêtera seul à Helsinki. Il devient à 21 ans le plus jeune champion du monde de l’histoire du motocross. Un record qui tiendra jusqu’en 1980 lorsqu’un gamin de 19 ans, Georges Jobé, décrochera lui aussi son premier titre en 250cc.

De 1964 à 1972, Joël Robert va remporter 6 titres mondiaux et remporter 50 victoires en Grand-Prix, tous en 250cc. Deux records qui ne seront jamais égalés au vingtième siècle ! Il faudra attendre 2001 pour que Stefan Everts remporte une cinquantième victoire, et 2002 pour que Stefan Everts, à nouveau, soit le premier à accrocher un sixième titre à son palmarès. Stefan Everts, que Joël Robert coachera également vers la victoire au Motocross des Nations.

Joël Robert, c’était d’abord un talent, un pilote doué, doté d’un physique qui s’est développé instinctivement sur la moto. Et heureusement d’ailleurs, car le jeune Joël est loin d’être un assidu des entraînements. Joël aime s’amuser, il aime faire la fête… Même la veille d’une grande compétition. Une autre époque, à nouveau ! Son talent, sa science du pilotage, il aura à cœur de le transmettre aux plus jeunes. Les stages qu’il animera aux Etats-Unis accueillaient parfois jusqu’à 300 pilotes sur une journée !

C’est là, outre-Atlantique, qu’il rencontrera l’acteur Steve McQueen passionné de motocross. Joël Robert réglera d’ailleurs l’une des cascades les plus célèbres du cinéma américain, le grand saut de Steve McQueen à moto au-dessus des fils barbelés dans le film " La Grande Evasion ". Joël Robert devient une star. On le voit dans une bande dessinée de Michel Vaillant. Les couronnes, les lauriers, la popularité et même un livre retraçant son histoire "Qui êtes-vous Joël Robert ?"

Un grand champion mais aussi un visionnaire qui veut transmettre sa passion : il ouvre les portes de son team SWM à de jeunes pilotes (Christian Gouverneur, Jean-Claude Lackaye) et participe à leur éclosion, il crée le premier trial indoor à Charleroi, il organise la Croisière Bleue à travers le pays. Son plus grand succès sera les mythiques 12h de la Chinelle où il mélangera sur la même ligne de départ plus de 100 pilotes professionnels et amateurs sur une épreuve démarrant de nuit : à minuit ! Par cette épreuve, Joël suscitera de nombreuses vocations.

La Coupe de l’Avenir, le Motocross du Pays Noir au profit de l’enfance malheureuse, il en fera une priorité, une fierté aussi avec la reconnaissance du roi Baudouin et de la reine Fabiola qui se déplaceront sur le petit circuit de Jamioulx au sud de Charleroi.

Joël Robert pouvait avoir un foutu caractère. Le carolo disait ce qu’il pensait. Ses amis évoquent aujourd’hui bien sûr son talent, son caractère mais plus que tout son grand cœur, sa grande générosité. Sa fin de vie sera difficile. Il ne sera pas épargné. Ses soucis de santé viendront insidieusement remplacer les pistes de motocross les plus éprouvantes pour mesurer sa force de caractère. Diabète, amputation, AVC, Covid, crise cardiaque, l’enfant terrible du motocross a franchi courageusement son dernier drapeau à damier à l’âge de 77 ans.

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