Todt : "Beaucoup de travail à faire dans les pays en voie de développement"

Jean Todt
Jean Todt - © FABRICE COFFRINI - AFP

Elu vendredi à Paris pour un troisième et dernier mandat à la tête de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt explique à l'AFP avoir "beaucoup de travail à faire dans les pays en voie de développement" pour y améliorer la sécurité routière.

Q: Vous devez être satisfait d'avoir été réélu sans adversaire ?

R: "Il y avait une communauté de la FIA qui était contente du candidat, qui avait envie qu'elle continue. Au départ, elle ne me connaissait pas autrement que par ce que j'avais fait auparavant dans ma carrière (chez Peugeot et Ferrari, Ndlr). La confiance, ça s'acquiert. Au fil des années, on a fait connaissance, on a travaillé ensemble, on a dialogué, on a collaboré. Aujourd'hui on a une communauté qui est soudée. Elle est très diversifiée d'ailleurs puisque vous avez aussi bien des fédérations sportives automobiles que des clubs mobilité qui sont simplement des supports aux utilisateurs de la route. Le club mobilité allemand compte par exemple 19 millions de membres sur 83 millions d'habitants. Mais dans d'autres pays, il n'y a que quelque dizaines de membres dans ces clubs. Il faut que tout le monde cohabite. Il y a des domaines où je suis content de ce que nous avons accompli, d'autres moins. Lors de mes deux premiers mandats, on a renforcé la structure financière de la Fédération et modernisé son administration. Mais ma plus grande fierté c'est la qualité des gens qu'il y a autour de moi dans ma vie".

 

Q: Quels sont vos plans pour ce troisième mandat ?

R: Renforcer l'influence de la FIA dans tous les domaines de la mobilité et du sport automobile, promouvoir l'innovation, aider les membres actuels à se développer et en accueillir d'autres dans de nouveaux pays, voici les principaux objectifs de cette mandature. Je voulais mettre noir sur blanc ce qu'étaient nos intentions pour les prochaines années. Pour moi, c'est absolument sacré: si l'on promet quelque chose, on doit le réaliser. Sinon, on ne peut pas être en paix avec soi-même. On va donc travailler pour faire progresser notre organisation aussi bien dans le domaine du sport que dans celui de la mobilité. Les choses évoluent, l'intérêt pour la voiture aussi. On le voit avec le covoiturage et beaucoup de nouvelles propositions technologiques. Donc c'est quelque chose auquel on doit rester très attentif".

 

Q: Depuis 2015, vous êtes l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la sécurité routière, un combat qui vous tient très à coeur...

R: "Le monde est si divers à cet égard. Nous aurons sans doute tous disparus avant de voir des voitures connectées au Bangladesh ou au Népal. Malheureusement ces pays récupèrent des voitures qui ne sont plus autorisées à circuler dans les pays dits développés. En France en 1972, il y avait 18.000 morts sur les routes, et on est descendus à 3.400 décès. C'est encore trop, bien sûr, mais il y en cinq fois moins avec trois fois plus de véhicules sur les routes. Pour se retrouver dans la situation où la France était il y a 45 ans, il y a déjà beaucoup de travail à faire dans les pays en voie de développement".

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