Geoffroy Noël de Burlin, paraplégique, veut terminer seul l'Africa Eco Race

Geoffroy Noël de Burlin, la quarantaine, a perdu l’usage de ses jambes il y a 14 ans. Un accident de snowboard. Il a accusé le coup avant, très vite, de rebondir. Salle de sport, musculation, revalidation.  Tout va très vite. Ce professeur d’éducation physique, père de deux enfants, avait pleinement conscience que son salut passerait par le sport. Alors il donne tout. Sa passion pour les sports moteur le conduit à un nouveau défi. Plus fou encore. Il veut devenir le premier paraplégique à terminer…seul, l’Africa Eco Race. Hors normes quand on sait que la majeure partie des pilotes valides sont accompagnés d’un co-pilote.

" Le Dakar m’a toujours passionné. Mais pas seulement. Je pratiquais la boxe aussi et le snowboard en hors piste. Ce que j’aimais c'étaient les sauts. Freeride etc. La dernière fois je ne me suis pas relevé. C’était en 2004. J’ai sauté une barre rocheuse de sept ou huit mètres. La neige était un peu molle. Je n’ai pas pris la bonne impulsion. Je suis tombé sur le haut du dos. J’ai une fracture de la colonne. Tout le bas est paralysé. Et plus rien ne fonctionne… "

Vous en parlez librement. C’est parce-que vous avez dépassé le cap du handicap ?

" Je ne suis pas ce que l’on appelle un handicapé frustré. Je suis à l’aise avec le sujet. J’assume. Ce n’est pas une honte. Je réponds à tous les types de questions. "

Quelle est la place occupée par le sport dans cette volonté de se réhabiliter ?

" Le sport a toujours été mon fil rouge. Sur mon lit d’hôpital, je me suis dit que ce serait un combat contre moi-même. C’était à moi de le remporter. Je suis sorti après trois mois de revalidation alors que normalement il faut six mois. J’ai ajouté des séances de musculation etc. J’avais fait mon propre programme d’entraînement. Je voulais sortir au plus vite. "

Pour finalement arriver à ce défi. Cet Africa Eco Race que vous voulez rouler seul.

" J’avais déjà signé quelques rallyes-raid. Entant que co-pilote. J’avais de l’expérience sur le plan de la navigation. Et j’ai aussi participé à des courses en qualité de pilote. Et j’ai voulu mixer les deux. L’Africa Eco Race, je l’ai rêvé debout, je le fais assis. "

Le but n’est pas juste de le terminer seul. Vous y ajoutez la volonté de terminer parmi les premiers.

" Mon côté compétiteur n’a pas disparu. Je n’ai pas envie que l’on se dise " bravo il est handicapé. " Non. Mais je fais attention quand même aux crevaisons par exemple. Je peux changer ma roue. Mais c’est compliqué. Quelqu’un de valide mets un peu plus d’une minute pour changer une roue. Et moi une quinzaine. Je souffre d’une lésion assez haute. C’est compliqué en termes d’équilibre. Je dois descendre du buggy, me mettre sur mes fesses, prendre la roue, me tenir…mais je garde mon côté challenger. Je viens pour rouler avant tout. Je ne vais pas traîner en route. Je suis 14e au général. Et Quatrième en catégorie buggy. "

Comment se comportent les autres pilotes avec vous ?

" En général au début ils me proposent de l’aide. Et puis ils voient que je performe…(rires). Mais j’ai une anecdote. L’autre jour, j’ai crevé. Et j’ai choisi d’attendre le ravito pour changer ma roue. J’ai roulé 29 kilomètres sur un pneu crevé. Et des pilotes m’ont aidé. Ensuite je les ai trouvés égarés. Et je les ai remis sur la route. C’était du win win. Si on s’arrête pour m’aider c’est très bien. Mais je ne le demande pas spécialement. " 

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