Toma Nikiforov fond en larmes après son élimination

Le rêve de médaille (d'or) olympique à Rio du judoka Toma Nikiforov s'est envolé jeudi peu avant midi dès le 2e tour (1/8e de finale) dans la catégorie des moins de 100 kg. Le vice-champion d'Europe en titre, et 3e des Mondiaux 2015, a été surclassé par un nouveau venu dans la catégorie, Beka Gviniashvili. A 20 ans à peine, le Géorgien monté cette année des -90 kg lui a infligé un ippon, après avoir inscrit successivement un yuko puis un waza-ari et enfin un second waza-ari synonyme d'ippon. "Je n'ai jamais vu quelqu'un jeter Toma Nikiforov comme cela", l'analyse du coach Damiano Martinuzzi est sans appel. "C'est une boule de muscle. Il ne fait pratiquement aucun combat sans mener dès le début. Il met yuko, il continue, il met waza-ari, il continue. Les assauts, c'est non-stop avec lui."

En pleurs en quittant le plateau de compétition, Toma Nikiforov ne pouvait cacher sa déception. Le Schaerbeekois n'a pas cherché d'excuse.

"J'étais venu pour gagner. J'ai fait un beau premier combat, j'étais bien préparé à tout point de vue. Je me sentais vraiment bien. J'étais à l'aise. Tout allait bien. Mais le Géorgien, il est inconnu. C'est la première fois que je le rencontrais. Il m'a surpris et pas qu'une fois, et c'est cela qui me fâche. Il était très connu en moins de 90 kg (vainqueur du Masters en 2015 et champion du monde juniors en 2015, ndlr). Il est monté de catégorie. Il a battu quasi tout le Top 10 mondial et s'est qualifié pour Rio dans les derniers tournois. Je ne l'avais jamais rencontré ni en stage, ni en compétition mais on l'avait étudié."

"Dans ce combat, j'ai toujours été deuxième sur l'attaque et c'est cela qui me coûte la défaite. Il est petit, très compact. Il a un judo atypique, difficile à attraper. Ça fait mal de me faire sortir comme cela avant les quarts. On rentre à la maison avec rien du tout."

Contre Gviniashvili, la tactique prévoyait que "je devais davantage me décaler, ne pas rester de face et je ne l'ai pas très très bien fait. Mais, il met une telle pression physique que je n'ai pas eu le temps de m'esquiver", a reconnu Nikiforov. "A mon avis, il va aller sur le podium."

"Pour le moment Toma n'a pas le kumikata (prise du kimono adversaire) assez développé pour ce genre de judoka. Il y a des choses à faire avant de placer une attaque. Mais il n'y a pas que la technique (à travailler), il y a aussi le mental", a déclaré Martinuzzi, qui retiendra les progrès tactiques de son protégé lors du premier combat.

Contre l'Iranien Mahjoub, Nikiforov s'est montré patient, travailleur et menait une pénalité à deux quand il a réussi à placer seoi-nage et obtenu ippon à l'ultime seconde. De quoi être lancé. Ce ne fut pas le cas.

"Je suis persuadé qu'il peut être champion olympique. Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera dans quatre ans", confie de son côté son entraîneur, qui souligne que Toma n'a que 23 ans.

"Je suis jeune, des Olympiades il y en aura au minimum encore une et si mon physique le permet j'en aurai encore deux", se console Toma Nikiforov.

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