Pourquoi la RTBF ne diffuse pas les JO d'hiver de Pyeongchang

Ce vendredi marque le coup d'envoi officiel des 23e jeux olympiques d'hiver à Pyeongchang, petite bourgade de 43.000 âmes située au nord-est de la Corée du Sud. En tout, 102 médailles d'or seront distribuées. Et sur les 2925 athlètes en lice, on compte 22 Belges, du jamais vu depuis 1936.

La RTBF suivra de près cette compétition, mais ne la diffusera pas en direct sur ses chaînes. Pourquoi? A la tête du service des sports à la RTBF, Michel Lecomte livre des explications au micro de La Première.

"Il faut savoir que les droits pour les Jeux olympiques - à la fois Pyeongchang et Tokyo - ont été achetés pour l'Europe par le groupe américain Discovery, propriétaire d'Eurosport", explique Michel Lecomte. "L'offre était de 1.200.000.000 et l'Union des radios et télévisions publiques européennes (UER) a offert 850 millions. Le Comité International Olympique (CIO) a été sensible à cette différence. Mais en étant sensible à cet aspect financier, il s'est tout de même coupé d'une partie de ces organismes de service public. Nous sommes maintenant dans une position d'attente, on est au point mort dans nos négociations. Mais il faut dire que les Jeux olympiques d'hiver n'étaient pas une priorité. L'intérêt du public belge n'est pas majeur non plus, et particulièrement le public francophone si vous regardez la délégation."

La VRT, elle, diffusera ces JO d'hiver?

Michel Lecomte: "Oui, la VRT diffuse parce qu'elle a acheté les droits. C'est une stratégie tout à fait différente. Après qu'on ait perdu ces droits avec l'UER, nous avons décidé avec Jean-Paul Philippot d'être très stricts dans notre négociation. En tout cas de ne pas proposer davantage que ce qu'on avait offert dans la garantie globale de l'UER qui atteignait 850 millions."

Ça veut dire que les droits pour diffuser ces JO d'hiver étaient trop chers pour la RTBF ?

"Ca veut dire que pour le moment, nous estimons que ce qu'on nous demande du côté de Discovery, ça n'est pas négociable. Ils ont donc l'obligation de sous-licencier." Le CIO et les comités olympiques nationaux ont bien compris qu'ils avaient besoin d'un ancrage beaucoup plus local, plutôt que cette coupole Eurosport."

"Eurosport va proposer des commentaires en langue française, qui ne seront pas nécessairement adaptés à ce qui se passe en Belgique. Il y a d'autres pays qui sont bien plus performants que nous, et qui auront la priorité. Cette sous-licence, on est en train de la négocier. Mais ça a un prix. Pour moi, ça n'a pas le même prix que si on avait eu l'ensemble des Jeux. On est donc dans cette logique-là, avec le temps de négocier Tokyo. Ce qui ne nous empêchera pas de montrer les médaillés dans nos JT et d'acheter les images au coup par coup."

Et en ce qui concerne les JO de Tokyo?

"Je m'attends à une négociation très rude. J'ai quand même certaines craintes. La volonté clairement affichée du patron est d'aller au finish dans une négociation dans laquelle on doit s'y retrouver, financièrement aussi. Si on n'a pas le même produit que celui qu'on aurait eu avec l'UER, il est normal qu'on ne paie pas le même prix. La VRT a fait un choix différent. Il faut accepter ça."

Il y aura quand même une couverture de l'événement sur la RTBF?

"Toute l'équipe des sports de la RTBF sera là pour suivre la compétition, sur le web également. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas les droits que ça ne reste pas un grand événement et qu'on ne va pas le couvrir."

"En ce qui concerne les images, je peux vous dire que ça coûte un certain prix. Mais on fera l'effort au coup par coup. On est quand même entre 1500 et 2000 euros la minute, pour vous dire où ça se négocie. Forcément, on se dit 'soyons parcimonieux ', en sachant qu'on n'est pas un pays de sports d'hiver. Autour de nous, la France, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas le sont. Nous, on a beaucoup moins de traditions. L'enjeu essentiel, ce sont des Jeux d'été à Tokyo."

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