Pita Taufatofua, l'homme omnisport

Pita Taufatofua, l'homme omnisport
Pita Taufatofua, l'homme omnisport - © JONATHAN NACKSTRAND - AFP

Pita Taufatofua. Son nom ne vous dit sans doute pas grand-chose mais il pourrait être le premier sportif à participer à trois Jeux Olympiques consécutifs dans trois sports différents. Il était déjà présent lors des Jeux Olympiques en 2016 et 2018. À Rio, il était engagé pour l’épreuve de taekwondo. Deux ans plus tard, il participait à nouveau aux Jeux Olympiques, d’hiver cette fois, à Pyeonchang en ski de fond. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’est pas le premier sportif de son pays à participer aux JO d’hiver. Les Tonga ne sont pourtant pas reconnus comme étant le pays le plus enneigé de la planète. Cet honneur est revenu à un certain Fuahea Semi qui s’était qualifié pour l’épreuve de luge en 2014 à Sotchi.  

Il y a quelques jours, Taufatofua a annoncé son intention de se qualifier à nouveau pour les JO d’été, à Tokyo en 2020. Mais cette fois pas en taekwondo, mais bien en kayak. Un sport qui lui tient à cœur, puisqu’il s’agit d’un des principaux moyens de transport dans son pays les Iles Tonga, un archipel perdu au milieu de l’océan Pacifique. 

Le Tongien avait déjà fait le buzz lors de ses deux précédentes participations mais pas vraiment pour ses exploits sportifs. En 2016, à Rio, il est éliminé dès le 1er tour par un Iranien n’inscrivant qu’un point contre 16 pour son adversaire. À Pyeonchang, Taufatofua était le seul Tongien à participer aux JO d’hiver. Arrivé 114ème sur 119 aux côtés de son ami et compagnon d’entrainement, le Mexicain German Madrazo, de l’épreuve de ski de fond, il dira par la suite : “Je préfère finir parmi les derniers avec tous mes amis qu’au milieu du peloton tout seul. Nous nous sommes battus ensemble, nous avons terminé ensemble.” En l’occurrence, à près de 23 minutes du vainqueur le suisse Dario Cologna sur l’épreuve des 15 kilomètres. 

C’est plutôt lors des cérémonies d’ouverture que le Tongien a fait le buzz. Lors des deux éditions, le sportif est le porte-drapeau de son pays. Il s'est à chaque fois présenté simplement vêtu d’un ta’ovala, une natte traditionnelle tongienne autour de la taille et le torse enduit d’huile de coco. Il faut quand même savoir qu’à Pyeonchang, la température approchait les –10 degrés dans le stade qui a accueilli la cérémonie d’ouverture. C’est cette tenue traditionnelle qui a attiré l’œil des médias. L’homme est ainsi devenu la coqueluche des médias. Et il est fort à parier qu’il ressorte son ta’ovala s'il parvient à se qualifier pour les JO de 2020. 

Du show sur lequel Pita Taufatofua joue probablement un petit peu pour se faire connaître. Mais dans tous les cas, le Tongien a tout fait pour réaliser son rêve de participer aux Jeux Olympiques. Avant de pouvoir l'accomplir en 2016, il n’avait pas réussi à se qualifier pour les Jeux en 2004, 2008 et 2012, tous en taekwondo. Il a malgré tout continué à croire en ses capacités malgré de nombreuses blessures. Pour financer ses rêves olympiques, Taufatofua a lancé plusieurs campagnes de crowdfunding. Pour son nouveau défi, il souhaiterait récolter environ 140 000 euros. Un montant qui permettrait de financer toute sa préparation jusqu'au Jeux de Tokyo. Un nouveau kayak, lui couterait 9 000 euros. Trop cher, pour lui. Il s’entraîne donc, actuellement, sur un kayak de loisir.

Mais ces contraintes ne le détournent pas de ses ambitions. Son objectif pour les JO de Tokyo est simple : remporter la première médaille d’or des Jeux Olympiques dans l’histoire de son petit pays. 

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