Nafissatou Thiam avant son départ pour les Jeux de Tokyo : "Je suis meilleure qu’en 2016"

Championne olympique en titre et grandissime favorite à sa propre succession, Nafissatou Thiam se présente sur la ligne de départ de Tokyo avec une belle montagne de certitudes. Oubliés les quelques coups de moins bien des derniers mois, place aux derniers réglages avant de lever les voiles. Et à quelques jours du grand départ, la Belge s’est livrée au micro de la RTBF. Et comme d’habitude, la Namuroise est sans filtre.

"Si la pression est là ? Cela va encore. Je suis toujours dans mes entraînements et focus sur ma préparation, donc c’est plus facile. Après, c’est vrai que les journées comme ça où il y a beaucoup d’interviews, la pression monte un peu plus" rigole-t-elle, sereine et visiblement détendue.

Habitué aux résultats prodigieux de Nafi, le public se montre désormais peut-être plus exigeant. La Belge le sent d’ailleurs, tout autre résultat que la médaille d’or sera considéré comme une (petite) déception : "Je me rends compte que les gens seront déçus. On sent bien que si je ne ramène pas l’or, je ne dois limite pas revenir (rires) parce que les gens ne seront pas contents. Cela met de la pression. En réalité, ce n’est pas si facile. J’ai envie d’aller aux Jeux, de défendre mon titre, je sais que j’en suis capable, mais c’est un parcours difficile. Le travail a été fait, je me suis entraîné très dur. J’espère que cela va bien se passer sur place et j’espère avoir mon pic de forme au moment où il faut. Je veux faire de belles choses" promet-elle.

Nafissatou Thiam, plus forte qu’en 2016 à Rio

5 ans après son exploit sur la piste de Rio, Nafi espère donc faire le doublé. Et la Namuroise se montre d’ailleurs (malgré cette immense pression qui plane sur ses épaules) plutôt ambitieuse : "Rio me paraît loin mais en même temps tellement proche. C’est passé vite. J’ai beaucoup évolué depuis, notamment physiquement, je suis une meilleure athlète, j’ai d’ailleurs battu tous mes records depuis. Donc je suis meilleure que quand j’ai gagné l’or à Rio, ça me met en confiance. J’ai beaucoup évolué mentalement aussi. J’ai eu quelques difficultés ces derniers mois, des hauts et des bas, qui m’ont permis de bosser mon mental" analyse-t-elle.

Dans un pays, le Japon, toujours endeuillé par le Covid, la Belge s’attend à vivre des Jeux atypiques, probablement calfeutrée dans sa chambre : "Là-bas ça va être difficile parce qu’on n’aura pas le droit de faire grand-chose. Donc je serai beaucoup dans ma chambre je pense et cela ne va forcément pas aider, je ne pourrai même pas sortir et m’aérer. Mais tout le monde sera dans le même cas, et pouvoir parler et discuter avec les autres me permettra de relâcher la pression. Je n’ai pas de rituel, je ne suis pas superstitieuse. J’ai des habitudes avant les compétitions. C’est au feeling. Si je sens que j’ai besoin d’aller me vider la tête, je le fais mais sans rituel."

Garde-t-elle pour autant un œil sur les performances de ses concurrentes ? Oh que non : "Je préfère me concentrer sur ma forme à moi et pas sur les autres. Je n’ai aucun contrôle sur leurs résultats mais uniquement sur les miens" conclut-elle sobrement, mais toujours avec le sourire.

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Nafissatou Thiam avant le départ pour les Jeux Olympiques. © RTBF
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