Les Olympiens vus par leurs proches: Tom Boon et sa soeur, Jill

La Fédération Internationale de hockey le dit, Tom Boon est l'un des 10 meilleurs joueurs du monde. Et Jill Boon, de 3 ans son aînée, est également une figure du hockey. Elle est internationale, et elle a participé aux Jeux Olympiques de Londres, il y a 4 ans. Cette fois-ci, l'équipe féminine belge a échoué de peu, dans sa course à la qualification.
Le frère et la soeur étaient ensemble, aux Jeux de Londres. Cette fois, Tom Boon est parti seul. Jill est déçue, bien sûr, de ne pas être du voyage. Mais tellement fière de son petit frère...

Jill, ça fait quoi de voir Tom partir aux Jeux Olympiques ? Partant du principe que vous êtes une Olympienne vous-même ?

La fierté est énorme. En plus, les joueurs belges se sont entraînés comme des dingues. Leur présence à Rio a très vite effacé la désillusion que j'ai pu avoir, moi, personnellement. De voir son petit frère essayer d'aller décrocher une médaille historique, c'est un sentiment d'énorme fierté.

Si on parle de votre frère en disant que c'est une star du sport belge, vous répondez quoi ?

Que c'est vrai. Il travaille très dur pour cela. Il y a une reconnaissance maintenant, mais les hockeyeurs restent à un autre niveau que les footballeurs. C'est vrai qu'il est connu, mais il est toujours très simple et très ouvert.

Vous avez tous les deux débuté dans le hockey en même temps ? Avez-vous un souvenir de votre petit frère portant son premier stick ?

On est né dans le milieu, puisque ma maman, et la famille de ma maman, jouaient au hockey. On a commencé à traîner sur les terrains de hockey dès qu'on a su marcher. J'ai le souvenir d'une photo, sur laquelle Tom, qui marchait à peine, se tenait sur son stick pour se relever. On a joué toute notre vie au hockey. C'est pour ça aussi qu'on aime autant ce sport. Il est très familial pour nous.

Le hockey, c'est sa vie ? Ou bien Tom a beaucoup d'autres centres d'intérêt ?

Il a plein d'autres centres d'intérêt, mais le sport en général fait partie intégrante de sa vie. Et le hockey est son métier et sa passion. Le hockey prend donc beaucoup de place, mais mon frère s'intéresse à d'autres sports, il a ses amis, etc...

C'est un battant ? Comment est son caractère ?

C'est un très mauvais perdant. Il a la rage de vaincre. Il ferait tout pour marquer un goal. Il a cette volonté d'aller toujours vers l'avant, de plonger et de marquer des goals très spectaculaires. C'est ce qui fait le charme du jeu de Tom, je pense.

Il n'est sans doute pas individualiste. Parce qu'on ne peut pas l'être, quand on joue en équipe...

Non, c'est impossible. Et il ne serait pas aussi fort s'il jouait pour sa petite personne. Au contraire, Tom est vraiment quelqu'un qui essaye de faire le bien pour l'équipe, et d'apporter sa touche à la victoire collective.

Les Jeux de Londres constituent sans doute un souvenir fabuleux. Vous en avez parlé pendant des mois, à votre retour ? Vous avez gardé plein de souvenirs ?

Les souvenirs sont plutôt dans la tête. Vivre dans le village olympique, entourés de tous les sportifs, c'est un sentiment qui reste gravé à vie. C'est le grand rêve de chaque sportif, et on en parle encore entre nous. On a des anecdotes qui reviennent, et c'est un souvenir que je garderai toute ma vie, c'est sûr.

Comment était votre frère ces dernières semaines ? Il était excité, il décomptait les jours ?

Lui et tous les autres étaient excités. Ils avaient envie que ça commence, parce que, je le disais, ils s'entraînent depuis un an pour ça. Ils s'entraînent 4-5 jours par semaine, ils sont partis en stage à l'étranger. Et la dernière ligne droite, quand on y est presque, c'est le plus dur. Maintenant ils sont là-bas, mais il y a encore une bonne semaine à attendre. J'espère qu'il a du beau temps, qu'il s'amuse, et qu'il profite de ces instants avant le grand jour.

C'est stressant, de commencer un tournoi olympique ?

Il y a surtout une énorme envie de commencer. Le stress, il est plutôt avant, lors de la sélection par exemple. Là, ils se sont préparés; ils ont envie de commencer et de faire les choses bien. Je crois qu'ils sont surtout comme des enfants, à attendre ce premier match, et à pouvoir enfin monter sur le terrain. Et remporter la victoire, comme on l'espère tous.

Tout cela vous fait quoi, à vous ? Sachant que les joueuses belges étaient tout près de la qualification...

On a eu une année compliquée, avec beaucoup de changements dans l'équipe. La déception est là, et ça fait mal. On voit maintenant les images des athlètes qui partent. Moi, heureusement, j'ai la chance d'avoir quelques amis dans l'équipe masculine, et surtout mon frère. Et donc, ça efface un tout petit peu la déception. Mais le goût amer est quand même bien présent. Et il le faut, parce que c'est avec des déceptions qu'on arrive à grandir et à rebondir. Le hockey féminin belge a encore de très belles années devant lui, mais c'est sûr que là, maintenant, ça "pique" un peu...

Vous avez l'impression que Tom va jouer pour vous ? Qu'il va partager plus de choses avec vous, parce que vous êtes aussi une joueuse ?

J'espère... (sourire). Non, je veux d'abord qu'il fasse tout ça pour lui, parce que c'est un énorme accomplissement personnel, ce qu'il a déjà réussi à faire. Et je l'ai vu changer, en tant que joueur et en tant que personne. Il s'est énormément entraîné, et je veux qu'il joue pour lui. Et s'il peut jouer un petit pour moi, tant mieux... Mais non, ce n'est pas le but, je veux vraiment qu'il profite. Ce sont ses Jeux Olympiques. Et j'espère que les Belges vont gagner une médaille et atteindre leur rêve ultime.

Le hockey est de plus en plus populaire, chez nous. Vous êtes connus et reconnus, lui et vous ? On vous reconnaît dans la rue, par exemple ?

Lui, un tout petit peu plus que moi, mais la réponse est plutôt "non". Dans le monde du hockey, oui, parce que c'est une très grande famille. Mais sinon, on peut encore sortir dans les rues calmement et sans soucis.

Les Jeux changent la vie d'un joueur ou d'une joueuse de hockey ?

Oui, parce qu'on a la chance de réaliser un rêve. Je souhaite ça à tout le monde, de pouvoir réaliser ses rêves, olympiques ou non. Moi, j'ai eu la chance de le faire. Ca nous change, en tant que personnes. Mais dans le bon sens. C'est une très grande fierté, d'avoir participé aux Jeux Olympiques de Londres.

Comment allez-vous suivre les Jeux de Rio ? Pas sur place, mais devant votre télé, jour et nuit, pour tout voir ?

Oui, je vais regarder tous les matches. Et le hockey féminin aussi, parce que j'ai 2-3 amies dans l'équipe néerlandaise. En tant que spectatrice, j'ai aussi envie que ça commence. Même s'il y a encore ce petit pincement au coeur personnel. Mais le personnel sera vite effacé, et je regarderai avec plaisir mon frère enchaîner les victoires, je l'espère...

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