Les Olympiens vus par leurs proches: Nicolas Colsaerts et son papa

Dans quelques jours, le golf effectuera son grand retour aux Jeux Olympiques, après 112 ans d'absence.  Quelques-uns des meilleurs joueurs du monde boudent ce rendez-vous, mais certainement pas les Belges.  Ils, et elle, seront 3 à Rio, Thomas Pieters, Nicolas Colsaerts, et Chloé Leurquin. 

Depuis ce lundi, et jusqu'à la veille des Jeux, nous vous proposons d'un peu mieux connaître quelques athlètes belges, grâce aux témoignages de leurs proches. 

La parole, cette fois-ci, à Patrick Colsaerts.  Son fils, Nicolas donc, est un futur Olympien; et son grand-père a participé à 3 Jeux Olympiques...

Patrick, vous vous souvenez des premiers pas de votre fils dans le monde du golf ? 

Oui, nous avons commencé le golf ensemble.  Nicolas avait 6 ans, et moi j'avais 42 ans.  Et depuis le début, il a toujours été intéressé par les sports avec un instrument, et le golf en particulier.  Quand il était jeune, il fallait l'arracher du practice.  Il passait des journées entières à s'entraîner.  Il fallait le récupérer tard le soir, il passait sa vie à ça.  Nicolas a toujours considéré le golf, et le sport en général, comme un jeu. 

Et jouer est plus important que gagner ? 

Non.  Maintenant, avec le fait d'être professionnel, il est évident que le fait de savoir qu'il y a moyen de gagner un tournoi fait qu'on se concentre sur un objectif, la victoire.  Mais le jeu reste là, on prend beaucoup de plaisir.  Et d'ailleurs, je pense que pour être performant dans un sport, il faut prendre beaucoup de plaisir. 

On essaye de connaître un peu mieux nos Olympiens.  Parlez-nous de son caractère...

Nicolas, c'est quelqu'un de très gentil, qui s'amuse beaucoup, qui est passionné.  Par le sport, et par le golf en particulier.  Je pense que le golf est fait pour lui. Et Nicolas est quelqu'un de très convivial. Il partage beaucoup de moments avec ses amis golfeurs. Raison pour laquelle, d'ailleurs, la vie aux Etats-Unis était un petit peu difficile, quand il a tenté le circuit américain. Il s'est trouvé complètement isolé. Par contre, en Europe, il est vraiment très à l'aise. Sa vie se trouve vraiment du côté du golf, et du côté des voyages et des tournois.

Il y a quelques années, quand on avait annoncé que le golf redevenait une discipline olympique, comment avait-il réagi ?

Il savait qu'il avait un arrière-grand-père qui avait participé à des Jeux Olympiques en water-polo et en basket. Et donc il ne voulait absolument pas louper les Jeux.

Quelle est l'histoire de cet arrière-grand-père, le premier Olympien de la famille ?

Le père de ma maman s'appelait Jean-Jacques Tensen. Il venait de Hollande et s'était installé en Belgique. Il était horloger-bijoutier. Il était issu d'une famille de sportifs. Il a développé le sport en Belgique, en particulier en étant l'un des cofondateurs de la Fédération Belge de Basket-ball. Et parallèlement à ça, il jouait au water-polo. Et là, il a été en équipe nationale, et aux Jeux Olympiques. Le sport faisait vraiment partie de la culture familiale.

Et donc, il est allé à 3 Jeux Olympiques...

Il a participé aux Jeux d'Amsterdam, en 1928, en water-polo. Et puis, il a été chef de délégation de l'équipe nationale de basket, en 36 à Berlin, et en 48 à Londres. Et il a pratiqué plein d'autres sports. D'ailleurs, sa femme n'était pas très contente, parce qu'il était toujours en vadrouille avec ses équipes nationales. Y compris jusque tard dans sa vie, parce qu'il a encore été dirigeant de clubs. Il a dédié sa vie au sport.

Et même si Nicolas ne l'a pas connu, il a toujours vu ses médailles et d'autres souvenirs à la maison...

Il a connu son arrière-grand-mère, qui passait du temps à lui raconter les exploits de son mari. Nicolas a donc vécu dans une ambiance familiale sportive. Et mon père et moi-même, nous avons aussi toujours fait beaucoup de sport. On a amené Nicolas à goûter et apprécier plein de sports. Et il s'est donc finalement dirigé vers le golf, qui le passionnait. Il va certainement encore passer quelques années sur les greens, dans le monde entier.

On comprend que les Jeux Olympiques sont très importants pour lui. Ils constituent le sommet de son année ?

C'est certainement l'un des sommets. Les rêves absolus d'un joueur de golf, c'est la Ryder Cup, et gagner un Majeur. Mais je pense que les Jeux Olympiques, c'est quelque chose qu'il ne faut absolument pas louper. Pour aucun sportif dans le monde, d'ailleurs.

Le golf fait partie de ces sports où tout peut arriver. On peut se dire qu'il y a beaucoup de joueurs, parmi les 60 participants, qui peuvent gagner ce tournoi olympique, ou être médaillés...

La particularité, c'est qu'il y a 4 Américains, puis 2 joueurs par pays. Donc la qualité des joueurs ne sera pas la même que dans un tournoi classique du Tour Européen et du Tour Américain (avec 156 joueurs de très grande valeur). A Rio, il y aura peut-être 30 vainqueurs potentiels. Donc il y a certainement une place pour une médaille, pour l'un des 2 Belges.

Comment va votre fils en ce moment ?

Les périodes de forme ne durent pas 12 mois sur 12. Tous les grands golfeurs ont connu des creux dans leur carrière. Cela dépend de tas d'éléments, principalement du mental. Un golfeur qui a des petits problèmes familiaux, il perd de la fraîcheur, mentalement. Et donc, pour rester clair et frais dans sa tête, il faut être bien dans sa vie, s'amuser et être heureux. Pour le moment, Nicolas est de nouveau dans une période faste. Depuis 3 mois, il fait des résultats magnifiques, et il revient pratiquement à son meilleur niveau. Je pense qu'il y a encore de très belles choses qui vont arriver d'ici la fin de l'année, ça c'est certain...

Ecoutez Patrick Colsaerts parler de son fils...

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