Les Olympiens vus par leurs proches: les 4 Borlée et leur soeur

Dylan Borlée, Jonathan Borlée, Oliva Borlée, Kevin Borlée
Dylan Borlée, Jonathan Borlée, Oliva Borlée, Kevin Borlée - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La suite de notre série "un Olympien belge est raconté par un proche". Sauf que cette fois-ci, il ne s'agit pas d'un Olympien, mais de 4. Kevin Borlée, Jonathan Borlée, Dylan Borlée, Olivia Borlée, vont tous participer aux Jeux Olympiques de Rio. Alizia Borlée est leur soeur. Elle a 25 ans. Plus âgée que Dylan, elle est la 4e de la famille...

Alizia, vous avez 4 frères et soeur aux Jeux Olympiques de Rio. Vous vous êtes déjà renseignée, pour savoir si c'était une première mondiale, d'avoir autant de membres de sa famille dans une délégation ? Et on ne parle même pas de votre papa...

Je ne me suis pas renseignée, mais comme je n'en ai jamais entendu parler, je pense que c'est une première. On peut dire que c'est une fierté, et c'est assez impressionnant.

Du coup, vous irez là-bas pour voir tout le monde, non ?

Oui, évidemment. Je suis toujours derrière eux pour les supporter.

Vous êtes dans quel état quand une de leurs courses va commencer ?

Vous pouvez demander à mes amies, il ne faut plus me parler à ce moment-là, parce que je suis vraiment très très stressée. A partir du moment où ils commencent à courir, même si je sais qu'ils ne vont pas m'entendre, je crie comme une folle.

Et après la course ? Surtout si ça se passe bien, comme aux Championnats d'Europe d'Amsterdam, par exemple, quand ils ont gagné la médaille d'or en relais ?

Et bien, je continue à crier... Et, généralement, je saute dans les bras de ma maman, qui est juste à côté de moi, avec mon petit frère.

Comment vous vivez la célébrité de vos frères et soeur ? Vous ne devez pas avoir la paix, si vous vous promenez avec eux dans la rue... Est-ce qu'ils vous "appartiennent" encore ?

C'est vrai que quand on se promène, il y a souvent des gens qui demandent des autographes. Après, ça ne change pas grand chose à ma vie. Je les vois toujours comme mes frères.

Et vous avez une soeur qui va bientôt devenir championne olympique, avec beaucoup de retard...

Oui, c'est vrai. Je suis contente pour elle, parce que ça tombe enfin. Elle le mérite amplement, je suis super-fière...

On a l'impression de connaître les membres de la famille Borlée. Mais ils ont certainement des passions que l'on ne connait pas. Sans entrer dans des secrets d'Etat, qu'aiment-ils, chacun, en dehors de l'athlétisme ?

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais je pense directement à ma soeur, évidemment. Son autre passion, c'est la mode. Jonathan aime beaucoup la musique. Il aime aussi regarder des documentaires sur le monde, pour savoir ce qui se passe autour de lui. Kevin, sa récente passion, c'est son chien. Il l'adore, et il en prend grand soin. Et puis, Dylan, il a un côté artiste. Il est aussi très sociable, et il va à la rencontre des gens.

On peut supposer que beaucoup de gens vous demandent des nouvelles de vos frères et soeur, sans demander de vos nouvelles ?

Oui, ça arrive. Et ce qui est surtout marrant, c'est que parfois, ils me donnent l'impression de les connaître mieux que moi, parce qu'ils ont entendu des choses auxquelles je ne prête plus attention. Sinon, qu'on ne prenne pas de mes nouvelles, ce n'est pas bien grave.

Mais nous, on va le faire. Vous faites quoi dans la vie ? Et est-ce que vous faites de l'athlétisme ?

Je suis enseignante, à mi-temps. Et j'ai commencé un peu l'athlé il y a un an et demi. J'en fait tout d'abord pour m'amuser, et parce que tout est mis à ma disposition, donc c'est très facile. On a une super-chouette équipe. Je le fais donc d'abord pour m'amuser, et on verra où ça me mène. On ne sait jamais...

Le plus surprenant, à la limite, c'est que vous n'en ayez pas fait avant...

Oui, c'est vrai. J'ai préféré privilégier mes études. Et à ce moment-là, je n'en avais pas tellement envie. J'ai eu le déclic il y a un an et demi. Ca me plait, je m'amuse, donc c'est le principal.

Vous arrivez à voir votre famille ? Parce qu'ils sont tout le temps aux quatre coins du monde, en meetings, en championnats...

Oui, on se voit beaucoup. Quand ils sont en Belgique, on est tout le temps les uns chez les autres. On va manger ensemble, on vit très fort les uns avec les autres. Et donc, depuis peu, je pars beaucoup en stage avec eux. Je les accompagnais déjà avant, de temps en temps, quand j'en avais l'occasion. Donc on se voit souvent. Et même quand on est loin les uns des autres, on s'envoie tout le temps des nouvelles par SMS.

Mais vous ne parlez pas que d'athlétisme ?

Non, heureusement... A la longue, parfois, on n'en peut plus, et ça nous fait du bien de sortir de cet univers-là aussi.

Maintenant que vous avez vraiment découvert l'athlétisme, et que vous vous entrainez, ça apporte quoi, de courir ?

Ca fait beaucoup de bien de se dépenser. Ca permet de mieux connaître son corps, d'avoir une certaine rigueur, de se donner des objectifs, de repousser ses limites, d'aller toujours plus loin, d'avoir envie de plus. Ca apporte beaucoup de choses, finalement.

Pour les membres de votre famille, l'athlétisme, ce sont aussi de temps en temps des blessures, de la souffrance. Mais on l'oublie tout de suite ?

Ca, c'est le revers de la médaille. Mais dès qu'ils réussissent quelque chose, ils oublient ces moments de souffrance. C'est vrai que c'est très dur d'arriver à leur niveau, il y a beaucoup de moments difficiles. Mais ils ont un mental d'acier. Et les récompenses qu'ils obtiennent leur permettent de se dire "je sais pourquoi je le fais".

Vous êtes leur première fan, au point de découper des articles, de collectionner tout ce qui les concerne ?

Non, pas du tout. Je ne suis pas à la recherche de leurs interviews. Mais je dirais que je suis leur plus grande supportrice, parce que je les soutiens dans ce qu'ils font, que je les accompagne, que je vais voir leurs compétitions, et que je suis toujours là s'ils en ont besoin.

Vous les sentez excités à l'approche des Jeux Olympiques ?

Oui, les Jeux Olympiques, c'est le rêve de tout athlète. Ca a été leur objectif pendant toute l'année. Ils y sont enfin, donc ils sont très excités. Et encore plus parce qu'ils sont à 5 là-bas...

Celui qui a suscité tout ça, c'est votre papa, qui a aussi été un champion. Vous êtes tous nés dans l'athlétisme. C'est lui qui a entraîné tout le monde à sa suite...

En fait, depuis qu'on est tout petits, ils nous a toujours emmenés partout où il allait. On a toujours été courir. Il nous pousse à toujours nous donner à fond dans un sport. On a ça en nous, le goût de la compétition. Je pense qu'il ne nous a jamais poussés à faire de l'athlé, mais qu'il a toujours trouvé ça assez formidable de pouvoir nous entraîner. Donc dès qu'on lui a dit qu'on voulait en faire, il a été à fond derrière nous. Et il déchaîne des tempètes pour que ça fonctionne, et qu'on puisse repousser nos limites, toujours plus loin.

Avez-vous un moment à retenir, de ce que vos frères et soeur ont fait jusqu'à présent ? Un moment où vous avez crié plus que d'habitude, à la limite...

C'est difficile à dire. Mais je dirais que ce qui me fait toujours le plus chaud au coeur, c'est quand je vois que mes frères, par exemple, à la fin de la course, se jettent dans les bras l'un de l'autre. Ou encore plus récemment, quand ma soeur se qualifie pour Rio, ils s'enlacent. C'est toujours le fait de voir qu'ils sont toujours plus contents pour les autres, à la limite, que pour eux-mêmes...

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