Les Olympiens vus par leurs proches: Fanny Lecluyse et sa meilleure amie

Pauline Vigneron, Fanny Lecluyse, et la mascotte des Championnats d'Europe 2016, à Londres
Pauline Vigneron, Fanny Lecluyse, et la mascotte des Championnats d'Europe 2016, à Londres - © Pauline Vigneron

La suite d'une série d'interviews avec les proches de sportifs belges...  Histoire de mieux connaître quelques-uns de nos Olympiens, grâce à ceux qui les connaissent le mieux.  Cette fois-ci, c'est Fanny Lecluyse, qui est racontée, non pas par un membre de sa famille, mais par sa meilleure amie, Pauline Vigneron...

Pauline, parlez-nous de Fanny, telle que vous la connaissez...

Elle est très gentille, très spontanée. Je peux dire aussi qu'elle est perfectionniste.  Tout doit être droit, elle fait ses entraînements très correctement. Elle aime bien que les choses soient très bien faites. Et puis, elle aime sortir avec ses amis, tout en restant modérée, parce qu'elle doit se coucher tôt. Elle est vraiment géniale.

Depuis quand la connaissez-vous ?

Depuis nos 11 ans, il y a une douzaine d'années. Je l'ai rencontrée pendant les stages de la Fédération Francophone Belge de Natation. Depuis, on est de grandes amies. Je suis même allée m'entraîner avec elle à Mouscron.

Il faut préciser que vous êtes aussi une nageuse...

Oui, j'ai été nageuse de 7 ans à 22 ans. Et je suis allée 4 ans aux Etats-Unis grâce à une bourse.

Donc vous êtes bien placée pour savoir à quel point ce qu'elle fait est difficile. On a l'image du nageur ou de la nageuse qui doit aller s'entraîner à 6 heures du matin, avant que les écoles arrivent à la piscine. C'est une réalité, ça...

Oui, tout cela est vrai. C'est un sport très ingrat, très difficile. Je ne sais pas comment elle fait, parce que son niveau est plus élevé que celui que j'avais, donc il y a encore plus de sacrifices. En plus, elle, elle enchaîne avec l'école. Et elle doit vraiment beaucoup s'entraîner. Chapeau à elle...

Vous l'aidez parfois à s'entraîner ?

J'ai nagé avec elle pour Shanghai 2011, et pour Londres 2012. J'étais sa sparring-partner, donc je nageais à côté d'elle (parfois avec les palmes, pour la brasse, parce que je n'étais pas très forte en brasse). Je l'accompagnais, on logeait ensemble. On faisait toutes les activités ensemble, la condition physique, la musculation, on faisait vraiment tout ensemble. Et ça s'est super bien passé.

Vous parliez d'être sparring et de nager à côté d'elle. Ca sert à quoi ?

Il n'y a pas beaucoup de monde, dans la Ligue Francophone Belge, qui a son niveau. Et moi, comme je nageais avec les Dauphins Mouscronnois (son club), on m'a proposé d'être avec elle pendant les stages. Ce que j'ai accepté. On nageait l'une à côté de l'autre pour la motivation. Quand on a quelqu'un à côté de soi, on veut le battre, donc on veut aller plus vite. C'est comme ça que se déroulaient nos entraînements, et cela se passait très bien. Elle a même eu sa qualification à Shanghai, en 2011, pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012. Et donc, on m'a demandé encore une fois de venir nager avec elle pour Londres.

Les Jeux Olympiques ont toujours été un rêve pour elle ? Elle en a parlé très jeune ?

Oui, et comme elle est perfectionniste, elle veut toujours viser l'excellence. D'abord, elle voulait les Championnats d'Europe. Puis, quand elle est allée aux Championnats d'Europe, elle a voulu faire les Championnats du monde. Et évidemment, quand on fait les Championnats du monde, on vise les Jeux Olympiques. Et maintenant, je suis sûre qu'elle rêve de faire la finale olympique. J'espère qu'elle l'aura...

Les Jeux occupent toutes vos conversations, depuis quelques semaines, ou quelques mois ?

Tout passe par là depuis quelques mois déjà. Il faut qu'elle soit prête le jour J. L'affutage va bientôt commencer. Elle ne parle plus que de ça. Elle se prépare mentalement depuis des mois, elle fait attention à son régime. Quand elle fait un "mauvais" entraînement, elle n'est pas contente. C'est une perfectionniste...

Si vous êtes sa meilleure amie, vous êtes là dans les bons moments, mais aussi dans les moins bons. Comment cela se passe-t-il quand une compétition se passe mal ?

Récemment, à Londres, aux Championnats d'Europe, cela ne s'est pas vraiment très bien passé pour elle, en séries du 200 brasse, et pour les autres courses. J'étais là. Sa maman, Lauren, et moi, on l'a consolée. Et le soir, elle a donné tout ce qu'elle avait. Elle était reboostée pour sa demi-finale. Et cela s'est mieux passé. Elle a un bon moral, et c'est ça qui fait sa force.

A côté de la natation, elle a d'autres centres d'intérêt et d'autres passions ?

Elle a des chevaux et elle aime bien s'en occuper. Elle n'a pas beaucoup de hobbies, parce que la natation prend une grande place dans sa vie. Mais je sais qu'elle aime bien faire des petites sorties avec ses amies, dont moi, à Mouscron. Elle aime aussi beaucoup la musique. Elle tape quelques notes sur le piano, et elle me les envoie sur WhatsApp, que je puisse les écouter. Et c'est super-bien.

Vous écoutiez beaucoup de musique, quand vous voyagiez ensemble pour les entraînements?

Ah ça oui, l'Ipod était bien chargé, et on écoutait de la musique avant les entraînements, après les entraînements, et même pendant les entraînements.  On mettait un petit baffle, et on écoutait de la musique pour nous motiver. Sans la musique, je ne pense pas qu'elle y arriverait, ça prend une grande place dans sa vie.

Elle vous a déjà dit ce qu'elle aimerait faire après la natation ?

Elle voudrait être institutrice. D'ailleurs, elle va bientôt finir ses études. Elle a encore quelques crédits à prendre. Je ne sais pas quand elle va arrêter la natation. Je pense que si elle fait de bons Jeux Olympiques, elle va continuer un petit peu. Mais sinon, oui, institutrice, c'est vraiment ce qu'elle aime. Et elle aime s'occuper des enfants...

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK