Les Olympiens vus par leurs proches: Claire Michel et son compagnon

La Belgique aura 4 représentants en triathlon, aux Jeux Olympiques de Rio. Dont Claire Michel, qui a découvert la discipline il y a seulement 4 ans. Pour parler d'elle, dans notre série de témoignages sur les Olympiens, le mieux placé était son compagnon, Johan Liekens, triathlète lui aussi...


Johan, on peut supposer que Claire ne rêve pas des Jeux Olympiques depuis très longtemps, puisqu'elle vient à peine d'entamer sa carrière de triathlète...


Si, elle y pense depuis qu'elle est petite. Parce que sa maman a participé aux Jeux de 76. Un jour, elle est tombée sur des photos des Jeux, et elle a découvert que sa maman avait été aux Jeux. C'est là que le "microbe" a pris... Elle a d'abord commencé la natation, comme sa maman. Puis, elle s'est mise à la course à pied, pendant ses études universitaires. Et elle a décidé de combiner les deux, et de passer au triathlon.

Elle n'a commencé le triathlon qu'il y a 4 ans...

Oui, c'est court. Heureusement, elle avait déjà nagé, et elle était bonne en course à pied. Elle faisait le steeple chase. Je ne vais pas dire qu'elle faisait partie du top mondial, mais quand même, elle appartenait sans doute au top 50, elle ne se débrouillait pas mal. Elle s'est convertie, et maintenant elle fait les trois sports. Elle a appris le vélo, ça restait encore à faire. Elle l'a appris en 4 ans, ce qui n'est pas évident. Et ça marche bien, pour l'instant, le triathlon. On verra ce que ça donnera aux Jeux. Déjà, la qualification, ce n'est pas mal.

Vous êtes un triathlète vous-même. On ne sait pas si votre niveau vous permet de faire des compétitions ensemble, de vous entraîner ensemble...

Oui, on s'entraîne ensemble. Quand elle est en Belgique, en tout cas, parce qu'elle est souvent à l'étranger. Mon niveau est un peu le même que le sien, je nage un peu moins bien qu'elle, je cours moins bien qu'elle, mais je roule mieux. Les différences ne sont pas très grandes, donc on peut s'entraîner ensemble. Mais malheureusement, pour un homme, les niveaux nécessaires pour aller aux Jeux sont encore plus haut, donc moi je ne peux pas rêver aux Jeux...

Vous le disiez, le cyclisme, c'est ce qu'elle appris à faire en dernier. Elle est à l'aise, maintenant, ou elle a encore des petites peurs ?

Je pense qu'elle a encore des petites peurs, mais elle n'est pas la seule. Le vélo, surtout à Rio, ce n'est pas facile. Le parcours est assez vallonné, avec des virages peut-être un peu risqués. Donc je suis sûr qu'il y en a, parmi ses concurrentes, qui sont aussi mal à l'aise. On verra bien. Je pense que Claire peut très bien se débrouiller. Et je pense que plus le parcours vélo sera lourd, mieux ce sera pour elle, vu qu'elle a beaucoup de puissance et qu'elle est très forte. Ca peut être un avantage pour elle.

On va parler de sa personnalité. C'est quelqu'un de courageux ? On a l'impression que c'est tellement dur, comme sport, qu'il faut vraiment être courageux, et aimer les défis. Ca correspond à son caractère ?

Oui, il faut beaucoup s'investir, pour faire un tel sport, à un tel niveau. On prend des risques. C'est plus facile de chercher un autre boulot, stable, où on a son salaire assuré chaque mois. Pour un sportif professionnel, un salaire n'est pas toujours certain, on ne sait pas comment ça va marcher, combien de temps va durer la carrière. Le futur est un peu flou. A ce niveau-là, c'est courageux, ce qu'elle fait, oui.

Elle a passé la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis. Elle a quelque chose d'américain, dans sa façon d'aborder le sport ?

Je ne sais pas vraiment. Je connais d'autres sportifs de très haut niveau, en Belgique, et ils sont pareils. Mais il y a certainement des choses qu'elle a apprises aux Etats-Unis. Elle a été bien encadrée, là-bas. Je pense que ça a été un avantage d'être là-bas, elle a vraiment beaucoup appris, au niveau sportif. Ce qui est un peu plus difficile en Belgique, peut-être. Parce que l'encadrement n'est pas le même. Mais je vois, chez d'autres sportifs de haut niveau, les mêmes qualités que chez Claire.

Elle se sent profondément belge, elle est fière de porter un maillot belge ?

Elle est vraiment fière de pouvoir faire les Jeux pour la Belgique. C'était son rêve. Elle était revenue en Belgique comme athlète sur les haies, pour tenter de se qualifier pour les Jeux de Londres. Malheureusement, suite à des blessures, cela n'avait pas marché. Et maintenant, elle a réussi à se qualifier, pour Rio, pour la Belgique.

Et vous savez ce qu'en pense sa maman ? Elle est fière d'avoir une fille qui, comme elle, va aux Jeux Olympiques ?

Oui, je suis sûr qu'elle est fière. Mais Claire a deux soeurs, et je suis certain que sa maman est fière des deux soeurs aussi. Il n'était pas nécessaire d'aller aux Jeux pour la rendre fière. Mais ça doit être chouette d'avoir une fille qui vous suit, oui.

Elle réalise tout à fait ce qui lui arrive ? Le fait d'aller aux Jeux Olympiques, 4 ans seulement après avoir commencé le triathlon...

Je pense qu'elle n'a pas vraiment le temps de réaliser la profondeur des choses. Par exemple, la semaine dernière, elle a gagné une Coupe d'Europe, ce qui n'est quand même pas mal. Mais sa réaction a été de dire que toutes les meilleures n'étaient pas là. Moi, je lui dis que ce n'est pas important. On ne gagne pas tous les jours, il faut pouvoir savourer le fait d'avoir gagné. Elle est un peu trop stressée pour les Jeux, donc je ne pense pas qu'elle réalise tout à fait ce qui se passe. Mais ça va venir...

Elle a des ambitions, aux Jeux ?

Oui, elle va là pour aller vite. Elle espère faire un top 16. Mais on espère aussi que cela pourrait être encore un peu mieux. On verra bien...

Il y a 4 triathlètes belges, aux Jeux. C'est important, le fait de constituer une sorte d'équipe, à l'intérieur de la délégation ?

Oui, parce qu'il y a un support commun. Elle a une coéquipière, dans le triathlon féminin, donc ça joue certainement. Elles s'entendent bien, donc ça va bien l'aider, notamment pour déstresser un petit peu.

C'est quelqu'un de stressé ?

Non, en fait je pense que c'est plutôt l'inverse. C'est Claire qui va un peu devoir déstresser Katrien Verstuyft... (rires). Mais il y a une bonne balance, donc...

Elle est pleinement heureuse de ce qui lui arrive ? Elle a atteint un but, et maintenant elle va découvrir quelque chose de nouveau...

Oui, je perçois son bonheur. Mais, comme je l'ai dit, elle était surtout très heureuse après sa qualification. Après, elle a commencé à réfléchir. Et à se dire que si elle va aux Jeux, elle doit y faire quelque chose, un bon résultat. Je ne pense pas que, pour l'instant, elle peut savourer chaque moment. Mais ça fait partie du boulot.

Le fait que l'on parle beaucoup de l'eau polluée à Rio, ça la stresse ?

On parle surtout des lacs et des autres plans d'eau. Et les triathlètes nagent dans la mer. Donc, normalement, ça devrait plus ou moins être en ordre.

Si vous deviez la définir en un mot, en une image, pour les gens qui ne la connaissent pas...

Claire est très souriante, très heureuse. Elle porte bonheur, quand on la voit. C'est vraiment un plaisir de la connaître, c'est vraiment chouette.

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