La Russie suspendue pour les JO 2018, ses athlètes autorisés à participer sous drapeau olympique

La Russie a été suspendue pour les prochains Jeux Olympiques d'hiver 2018 par le comité international olympique (CIO) pour dopage institutionnalisé. Certains de ses sportifs seront toutefois autorisés à participer aux épreuves organisées à Pyeongchang (Corée du Sud) du 9 au 25 février sous drapeau olympique et strictes conditions.

Le CIO a également annoncé mardi le bannissement à vie des JO du vice-Premier ministre russe Vitali Moutko, longtemps en charge des sports.

Une décision rare mais qui n'est pas une première dans l'histoire des Jeux. L'Allemagne et le Japon en ont été privés à la sortie des deux guerres mondiales. L'Afrique du Sud aussi a été interdite de participer à la grande messe olympique entre 1964 et 1988 en raison de l'apartheid qui régnait alors dans le pays. Plus proche de nous, en 2016, le Koweït n'avait pas été invité à prendre part aux Jeux de Rio pour des raisons d'ingérence gouvernementale... Mais ses athlètes avaient pu concourir sous bannière neutre.

Pour des affaires de dopage, c'est évidemment une première. 

La Russie est accusée d'avoir institutionnalisée la tricherie à Sotchi en 2014. Organisée au plus haut niveau de l'état. Avec les conséquences que l'on sait : 33 médailles récoltées dont 11 en or. Ce qui avait à l'époque permis à la Russie d'être première classée au ranking des nations. Mais depuis lors, 25 athlètes, dont deux champions olympiques et 9 autres médaillés ont été suspendus et destitués de leur résultats.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'intégrité des Jeux Olympiques et du sport. La commission exécutive du CIO, a pris des sanctions proportionnées au regard de la manipulation systémique, tout en protégeant les athlètes propres", a déclaré le président du CIO Thomas Bach dans un communiqué.

Le CIO suit ainsi, deux ans plus tard, la voie tracée par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), qui avait suspendu la Fédération russe le 13 novembre 2015 après les révélations d'un dopage systématique couvert par les autorités russes dans la première discipline olympique, et offert la possibilité aux athlètes russes pouvant montrer patte blanche de participer sous la bannière olympique aux JO 2016 de Rio, puis aux Mondiaux de Londres 2017.

Près de 17 mois après les révélations en juillet 2016 du rapport McLaren, établissant un dopage d'État dans le sport russe entre 2011 et 2015, avec l'implication de Moscou et des services secrets (FSB), le CIO a donc décidé de prendre ses responsabilités et de sanctionner la Russie.

Avant les JO 2016 à Rio, l'instance suprême de l'olympisme avait renoncé à suspendre la superpuissance sportive, renvoyant aux fédérations internationales le rôle de faire le tri au sein des sportifs russes, un procédé qui avait été vivement critiqué à l'époque.

Mais après un an et demi d'enquête de deux commissions, mises sur pied par le CIO et présidées par les Suisses Denis Oswald et Samuel Schmid, les preuves amassées étaient bien trop importantes pour se décharger une nouvelle fois.

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