L'escalade à l'heure olympique

Avec le surf, le karaté, le baseball et le skate board, l'escalade fait partie des nouvelles disciplines qui ont intégré le programme olympique. On découvrira donc ces sports pour la première fois aux jeux à Tokyo en 2020.

Il est donc temps de se préparer. C'est pour cette raison que le club alpin belge vient d’organiser deux journées au "format olympique". Une simulation grandeur nature du format de compétition qui sera d'application aux jeux. En l'occurrence, le "combiné".

Le combiné, c'est un peu le triathlon de l'escalade. Une épreuve de vitesse tout d'abord, appelée " Speed ".

Une voie universelle, identique donc aux quatre coins du monde pour que les records de vitesse puissent être homologués.

Si l'on compare à l'athlétisme, c'est un sprint mais vertical.

La moins pratiquée des disciplines de l’escalade. " C’est une question de culture ", explique Loïc Timmermans, l’un des meilleurs grimpeurs belges. " Et d’infrastructures. En Belgique, il y a très peu de voie de speed. Contrairement aux autres disciplines de l’escalade, il y a très peu de place pour la créativité parce que les mouvements sont logiquement robotisés. "

Deuxième épreuve, " le bloc ". Des structures plus petites, sortes de champignons de 3 ou 4 mètres maximum. Quelques prises seulement, pas de corde ni de baudrier mais des tapis pour amortir le choc en cas de chute. En bloc, il faut décoder la voie, déchiffrer le mystère imaginé par les ouvreurs, ces personnes chargées d’imaginer et de dessiner ces voies. Tout ça dans un temps imparti. Chloé Caulier, multiple championne de Belgique : " c’est la discipline la plus complète, la plus physique des trois. Elle demande une grosse réflexion autant dans la compréhension que dans l’aspect mental. Ce sont des efforts courts et intenses. Il faut donc être capables de se remobliser très vite si ça se passe mal dans un bloc parce qu’il faut en enchaîner trois. "

Troisième épreuve, " le lead " ou difficulté, la voie classique telle qu'on la pratique habituellement dans les salles d'escalade. C'est la partie endurance du triathlon que constitue le combiné. " La difficulté principale, c’est de tenir très longtemps. Quand on arrive en haut, on a les bras qui tétanisent et les doigts qui s’ouvrent tout seuls parce qu’on ne parvient plus à résister à la douleur. C’est vraiment de la résistance longue. "

La difficulté du format de combiné qui sera donc d’application aux jeux de Tokyo, c'est évidemment de parvenir à enchaîner, en quelques heures, les trois disciplines, d’un point de vue physique mais aussi mental. " C’est très fatigant d’un point de vue entraînement parce que pour être performant, il faut s’entraîner dans plusieurs filières différentes. C’est vraiment lourd" concède Nicolas Colin, le meilleur belge actuel en combiné (6e mondial cette saison)

Et pour se préparer au mieux à ce rendez-vous olympique, le club alpin a donc organisé une répétition grandeur nature d’une journée olympique avec, autour des athlètes, toute une série de médecins, de kinés, de spécialistes du mouvement. Tout a été analysé dans les moindres détails pour augmenter la performance. " Tous les pays se mettent dans le bain de l’olympisme " explique Tijl Smitz, responsable du haut niveau au club alpin belge. " Il faut trouver le petit détail qui va changer le résultat ". Tokyo, c’est dans moins de deux ans. Et moins de deux ans, en sport de haut niveau, c’est demain !

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