JO Tokyo 2020 – lutte gréco-romaine : Mijain Lopez à la poursuite de son rêve d’un 4e titre olympique

En lutte gréco-romaine, la tête d’affiche a pour nom Mijain Lopez. A 38 ans, le Cubain, porte-drapeau de son pays lors des trois derniers JO, visera un inédit quatrième titre olympique en +130kg. Son plus grand rival sera le Turc Riza Kayaalf, quatre fois champion du monde.

Mijain Lopez, un colosse de près de deux mètres peut réussir à un exploit à Tokyo : décrocher un quatrième titre olympique de suite en lutte gréco-romaine, forme de lutte dans laquelle les lutteurs ne peuvent utiliser que leurs bras et ne peuvent attaquer que le haut du corps de leur adversaire. Un exploit encore jamais réalisé dans la discipline. La compétition commence ce dimanche pour se terminer lundi.

Si dans son entourage, la confiance ne manque pas, le Cubain devra faire face à son plus grand rival, le Turc Riza Kayaalp, quatre fois champion du monde. : "Les gens de Herradura et ceux de Cuba doivent être bien conscients que cette médaille va venir", a déclaré son père, Timoteo Bartolo Lopez, 68 ans.

"Mijain a autant envie d’avoir cette médaille (d’or) que pour la première qu’il a gagnée à Pékin-2008", il en a "la force, l’esprit positif et l’envie", assure à l’AFP sa mère, Leonor Nuñez, 62 ans.

"Le petit costaud" dans les traces des plus grands

Dans son village à Cuba, personne, pas même son chien, un rottweiler baptisé Trump, ne doute de lui. Car il y a cinq ans, à Rio, le "petit costaud" comme sa famille le surnomme est entré dans un club très sélect : celui des triples champions olympiques. En un siècle de lutte gréco-romaine, ils ne sont que six à avoir réussi cet exploit. A 38 ans, il peut donc rentrer encore un peu plus dans la légende.

Pour préserver le colosse de 38 ans, le Cubain n’a plus combattu officiellement depuis les Jeux Panaméricains de 2019. Ce qui ne pose pas de problème à son entraîneur. Car Lopez est dans "une forme physique et sportive remarquable. Il est tout proche de son poids de compétition."

Un esprit de gagnant forgé dans les collines cubaines

Si son entraîneur est confiant, le lutteur l’est également. "C’est à moi et à mes entraîneurs d’atteindre cet objectif d’un nouvel or olympique. Mes parents m’ont appris cette mentalité […] si simple : tout ce que vous voulez atteindre dans la vie ne dépend que de votre travail", a-t-il déclaré à la télévision cubaine.

Une mentalité qui s’est forgée dans les collines entourant Herradura, où Mijain a développé sa musculature en courant après les animaux et en portant les caisses de fruits et légumes.

A 13 ans pourtant, sa carrière prometteuse a failli s’arrêter : en cause, une double fracture tibia péroné en compétition. Son père voulait qu’il stoppe. Pourtant le Cubain y a cru et il a décroché deux médailles d’or et deux d’argent à des jeux scolaires en Colombie.

Vaincre Kayaalp pour devenir une légende

A Tokyo, Mijain pourrait affronter à nouveau le Turc Riza Kayaalp, l’actuel numéro un mondial qu’il avait battu en finale de Londres-2012 puis Rio-2016.

Avant le combat au Brésil, il avait demandé conseil à sa mère. "Je lui ai dit + casse-le comme un crayon'+ et vraiment, c’est ce qu’il a fait", sourit-elle. Et au Japon ? "Je ne sais pas qui sera écrasé, mais je sais que Mijain n’aime ni l’argent ni le bronze".

En cas de victoire, Mijain Lopez rentrerait encore un peu plus dans la légende de la lutte gréco-romaine, mais également des Jeux. Ils ne sont que trois athlètes avant lui à avoir remporté quatre médailles d’or de suite dans la même discipline aux Jeux : Carl Lewis au saut en longueur, Al Oerter, titré au lancer du disque de 1956 à 1968 et Michael Phelps en 200 m 4 nages (l’Américain a aussi quatre titres d’affilée en relais 4x200 m nage libre et 4x100 4 nages).

A lui donc d’écrire définitivement sa légende ce lundi.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK