JO Tokyo 2020 : Lotte Kopecky et le déclic d’Anzegem

Il y a des victoires qui servent de déclic. Il y a des jours où les choix posés ne sont pas toujours les bons et pourraient conduire à un échec. Mais au final, tout s’imbrique et le résultat tant espéré arrive. C’est ce qui s’est produit le 22 septembre 2020 pour Lotte Kopecky. A Anzegem, avec la pression de la favorite sur les épaules, elle a enfin décroché le titre de championne de Belgique en ligne, après quatre deuxième place.

Avec une énorme pancarte dans le dos, l’Anversoise n’a qu’une place en tête : la première. Elle met son équipe à la planche dès le kilomètre zéro, elle multiplie les accélérations pour décrocher Jolien D’hoore, sa grande rivale. Rien n’y fait.

Le duo – isolé à l’avant de la course pendant près de 50 kilomètres – se regarde et voit revenir Shari Bossuyt. Un renfort qui redonne de l’élan à l’échappée juste avant le retour du peloton. Le sprint tant redouté s’annonce. D’hoore est un ton au-dessus dans l’exercice. Normalement. Parce qu’en ce premier jour de l’automne, Kopecky fait plier la Gantoise. Le maillot noir-jaune-rouge est pour elle, les larmes pour sa partenaire sur la piste.

Il y avait bien sûr déjà eu quelques succès et notamment un bouquet prestigieux sur les routes du Giro, mais cette victoire-là a libéré Kopecky. Battre Jolien D’hoore dans un sprint dans une course qui s’était si souvent refusée à elle, la gestion du contexte émotionnel, tout ça lui a permis de franchir un cap. Les semaines suivantes le confirment. Lotte entame une série d’une incroyable régularité.

Miss Top 5

Depuis ce 22 septembre, Kopecky a disputé 25 courses… elle n’est sortie du Top 5 qu’à 5 reprises (dont deux fois à cause de problèmes mécaniques) ! Six victoires sont venues garnir un palmarès qui ne demande qu’à s’enrichir et à gagner en éclat.

Il lui manque encore cette ligne dorée qui transcende une carrière : une grande classique, un titre mondial. Mais avec ce qu’elle a montré ses derniers mois, Miss Top 5 s’en rapproche. Qui sait ce sera peut-être pour septembre à Louvain (25/9) ou à Roubaix quelques jours plus tard (2/10). La période lui réussit bien.

Cet enchaînement de résultats, ses progrès dans les côtes, lui ont donné confiance et ont changé son statut. La toute-puissante SD Worx a jeté son dévolu sur elle pour succéder à… Jolien D’hoore au sein de sa Dream Team, c’est tout sauf un hasard.

Un programme olympique chargé et varié

Au Japon, Kopecky va se multiplier sur la totalité des Jeux. On l’attend sur la piste où elle constitue une vraie chance de médaille avec Jolien D’hoore dans la Madison (6/8). La première et dernière chance olympique de ce duo sacré champion du monde en 2017. Elle disputera aussi l’omnium l’ultime jour (8/8).

On l’attendait moins sur la route. Mais si elle est au départ de la course en ligne (25/07), c’est parce qu’elle a demandé à être sélectionnée. Le parcours japonais avec ses 2692 m de dénivelé positif ne semble pas taillé pour elle. "Cela va être très dur, mais si je ne croyais pas en mes chances je n’aurais pas posé ma candidature. Cela dépendra du déroulement de la course. J’ai confiance. Mon ambition ? Le plus haut possible !", confiait-elle récemment à Sporza.

Cette Kopecky-là – sûre d’elle et de ses qualités – s’est construite au fil des mois. La graine plantée à Anzegem a germé.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK